‹ Salubrité urbaine distributions d'eau assainissementChapitre 7 sur 279 · CHAPITRE I. - SALUBRITÉ URBAINE · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. - SALUBRITÉ URBAINE

fectionnés et plus complexes que les agglomérations sont plus denses et plus étendues.

De là une sorte de vie artificielle qui est la condition d'existence des habitants des villes en général, et sans laquelle surtout n'auraient pas pu se développer ces immenses capitales, dont l'accroissement rapide soulève chaque jour des problèmes plus ardus et appelle sans cesse de nouvelles études et de constants efforts.

2. Contamination de l'air, du sol, des eaux souterraines, des rivières. — La respiration d'un grand nombre de personnes réunies dans un espace limité détermine bientôt des changements fâcheux dans la composition de l'air : la proportion d'oxygène diminue, celle de la vapeur d'eau et de l'acide carbonique augmente ; de plus, il s'y accumule une multitude de particules organiques dont la présence contribue à l'altération de l'atmosphère, et peut déterminer la production de miasmes, et, par suite, la propagation de certaines maladies. Il en résulte que l'air, 'ce fluide indispensable à la vie animale, ne présente bientôt plus les propriétés nécessaires pour l'alimenter, et tend à devenir, au contraire, un véritable poison. A cette première cause de violation de l'air viennent s'en ajouter beaucoup d'autres dans les villes : combustion de matières solides ou gazeuses dans un nombre considérable de foyers de chaleur ou de lumière, fermentation des détritus animaux ou végétaux dans les cours, jardins, marchés ou dans les ruisseaux des voies publiques, émanations désagréables ou malsaines des fosses d'aisances, des hôpitaux, d'un grand nombre d'usines et d'établissements à juste titre qualifiés d'insalubres.

S'il n'était pas pris de précautions spéciales, le dépôt sur le sol des rues de matières organiques et de. résidus de toute espèce ne tarderait pas à donner naissance à ces épaisses couches de boue qui couvraient les rues de Paris au moyen âge et dont Belgrand a retrouvé les traces et dessiné les contours L'écoulement des eaux ménagères, soit à ciel ouvert, soit dans des puisards, l'épandage des vidanges et des déjections de toute nature ou l'envoi de ces matières dans des fosses non étanches, l'entassement des cadavres humains dans d'étroits cimetières ou charniers—pratiques autrefois générales et qui sont loin d'avoir entièrement disparu — tendent à infecter les couches superficielles du sol, où l'air ne se renouvelle pas toujours assez vite pour en opérer la combustion. Même dans les villes modernes, même dans celles où l'on s'applique avec le plus de soin à combattre toutes les causes d'insalubrité, il en est qui subsistent et dont on n'a pas su encore se débarrasser : la plus grave peut-être, actuellement, provient de la distribution du gaz d'éclairage qui, s'échappant par les fuites inévitables d'une immense canalisation, pénètre le sol environnant, l'imprègne de produits carburés, lui

1, Travaux souterrains de Paris, lomc III, p. 15.

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