‹ Salubrité urbaine distributions d'eau assainissementChapitre 8 sur 279 · CONDITIONS ARTIFICIELLES DE LA VIE DANS LES VILLES · texte numérisé non relu

CONDITIONS ARTIFICIELLES DE LA VIE DANS LES VILLES

donne une teinte noirâtre et une odeur caractéi-istique et le rend impropre à la nutrition des végétaux, sans compter les dangers d'explosion qui peuvent résulter du cheminement du gaz et de la formation de mélanges détonants dans les égouts, les caves des maisons, etc.

Les eaux souterraines, quand elles sont à faible profondeur, ne tardent pas à être atteintes par les mêmes causes de contamination que le sol, et elles contribuent d'ordinaire à en aggraver les effets : car, d'une part, presque toujours utilisées pour divei's usages, souvent même pour la boisson, elles ont par suite une influence directe sur la santé ; et, d'autre part, leurs variations périodiques de niveau, tantôt en laissant à sec des couches généralement humides, tantôt en humectant des parties d'ordinaire à sec, modifient profondément, à certaines époques, le régime qui s'est établi peu à peu, et provoquent alors des émanations insalubres, parfois même des épidémies. Aux Indes, on l'a depuis longtemps observé, l'apparition du choléra coïncide toujours avec les basses eaux.

Enfin, les rivières, en traversant les villes, ou seulement en passant dans leur voisinage, reçoivent aussi une notable partie des détritus qui en proviennent : les eaux pluviales et de superficie qui s'y écoulent directement, les égouts qui y débouchent, les eaux souterraines qui les alimentent en partie, y apportent sans cesse des éléments de contamination, que le développement de la population et de l'industrie tend à rendre de plus en plus redoutables. A mesure que l'altération augmente, l'eau de rivière perd peu à peu ses qualités naturelles, à tel point qu'en certains endroits, plus particuhèrement atteints, il arrive quelquefois que les poissons n'y peuvent plus vivre.

3. Microbes. — Partout où se répandent les déjections organiques provenant des agglomérations urbaines, partout où ces matières entrent en décomposition, le microscope révèle la présence d'iin grand nombre de ces organismes, infiniment petits, auxquels de récentes découvertes de la science ont fait attribuer un rôle si important dans la nature et une influence si profonde dans les conditions de la vie. Les uns {algues, champignons, moisissures) vivent et respirent à la manière des végétaux; les autres, au contraire, se rattachent au règne animal, sont doués de mouvement, absorbent l'oxygène de l'air et rejettent l'acide carbonique : ce sont les bacténes (micrococcus, bacilles, vibrions, etc.).

Les uns et les autres sont confondus sous le nom général de microbes et se reproduisent soit par division ou scissiparité, soit par la formation ae spores ou germes vivaces qui peuvent être entraînés au loin, et conserver presque indéfiniment la faculté de se développer, lorsqu'ils rencontrent un milieu favorable. if ' i

Beaucoup de ces organismes microscopiques sont inoffensifs, et c'est impunément que nous en absorbons constamment soit dans l'air que nous respirons, soit dans l'eau que nous buvons, soit dans nos aliments

6 CHAPITRE I. — SALUBRITÉ URDAINIÏ

mêmes. Mais quelques-uns ont la faculté redoutable de donner naissance à des maladies déterminées, dites maladies zymoiiques, et les admi- -rables travaux de Pasteur et des savants (jui l'ont suivi dans cette voie féconde ont prouvé que le charbon, la rage, par exemple, sont occasionnés par la présence et le développement de microbes caractéristiques.

4. Transmission des maladies. Épidémies. — L'état actuel de la science ne permet pas encore d'affirmer que toute maladie a son microbe; mais de nombreux faits, depuis longtemps connus, que cette hypothèse nouvelle est venue expliquer, la rendent certainement très vraisemblable, sinon pour toutes les maladies, du moins pour beaucoup d'entre elles.

Or, un seul germe, s'il se trouve tout à coup dans les conditions nécessaires pour son développement, ne tarde pas à donner naissance à des milliers de germes semblables, et un cas unique de maladie peut devenir ainsi, dans un temps très court, le point de départ d'une série nombreuse de cas identiques, l'origine d'une véritable épidémie.

Ces germes microscopiques se rencontrent en suspension dans l'air, et les poussières qu'un rayon de soleil y fait miroiter en contiennent toujours un grand nombre. Si l'air ne paraît pas offrir au développement de ces germes un milieu favorable, il leur sert sûrement de véhicule, et le vent, en agitant les couches atmosphériques, a pour effet de les transporter au loin dans toutes les directions. L'air des habitations, des rues, se charge de bactéries, qui bientôt peuvent venir, par l'effet de la respiration, se déposer dans les poumons, et envahir l'intéineur même de l'organisme.

L'eau courante contient aussi des germes et des microbes et les entraîne avec elle; de plus, il n'est pas douteux qu'elle présente- souvent des circonstances favorables à leur développement ou à leur reproduction, et qu'il leur arrive d'y pulluler. Des observations nombreuses tendent à prouver que l'eau peut causer et transmettre le goitre, la dj-senterie, les fièvres paludéennes, etc.. « On a peut-être exagéré en « Angleterre, dit le D'' Fauvel, le rôle de l'eau employée aux usages « domestiques comme agent propagateur de certaines maladies, de la « fièvre typhoïde et du choléra, par exemple y) ; il n'en est pas moins incontestable que « l'eau peut servir de véhicule à certains germes « morbifiques ».

L'eau contaminée par les déjections des villes, les apports des égouts, les résidus de l'industrie, les déchets de toute nature, devient tout particulièrement suspecte. Les décompositions de matières organiques, les fermentations qui s'y produisent, y accumulent les microbes dans un liquide spécialement approprié à leur culture et où tout favorise leur multiplication rapide.

On entrevoit dès lors les dangers auxquels la santé des habitants des villes se trouve constamment exposée, et l'on conçoit l'importance que

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prennent toutes les questions de salubxnté urbaine, les bienfaits immenses qui peuvent résulter des progrès que leur étude permet de réaliser.

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