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Grands puits artésiens de

maintes fois cité, est fourni par le puits de Grenelle, commencé à Paris en 1833 et qui n'a été terminé qu'en 1852, bien que l'eau y ait jailli dès 1841. Les incidents c|ui se sont procluits pendant le percement ont été des plus instructifs : la sonde s'était brisée à 115 mètres de profondeur, il a fallu créer un outillage spécial pour la retirer du puits ; les tuyaux en cuivre de 0™,003 d'épaisseur s'écrasant, on dut les remplacer par des tuyaux en tôle ; le forage s'écartant de la verticale, force fut de le reprendre en perçant le premier tube et le faisant traverser par le nouveau. Enfin la dernière colonne, de 0°^,i7 de diamètre, est parvenue à une profondeur de 549 mètres dans les sables verts au-dessous du gault, après avoir traversé les terrains tertiaires et la craie.

L'eau s'élève à 38 mètres au- Fig- 34. — Monument du puits artésien de Grenelle.

dessus du sol, dans une conduite logée à l'intérieur d'un édifice érigé sur la place Breteuil, à quelc|ue distance du puits, qui est situé clans la cour de l'abattoir de Grenelle.

Le puits de Passy, terminé en 1861, a été descendu aussi dans les sables verts, à une profondeur de 586'°50, mais dans une nappe inférieure à celle de Grenelle. Le cuvelage, en bois et de 0'",80 de diamètre jusc^u'à 550 mètres, a été continué par un tubage en tôle de O-.TO de diamètre et 0">,02 d'épaisseur. L'eau débouche au niveau du sol dans un bassin situé place Victor-Hugo,

Les deux autres puits, entrepris pour l'alimentation de Paris, oc-

cupent deux sommets d'un tiùangle équilatéral dont le puits de Passy formerait le troisième, l'un au sud, près de la barrière Fontainebleau, l'autre au nord, à la Chapelle. Le premier commence par un puits ordinaire de 80 mètres de hauteur, suivi d'un forage de 1"',20 de diamètre ; le second est un forage de 1"'50 de diamètre commençant au fond d'un puits ordinaire de 34"', 40 de profondeur. Tous deux ont été arrêtés au cours du percement par suite d'accidents. Après une assez longue interruption, les travaux ont été repris dans le second de ces puits; on est parvenu à en retirer les outils brisés et le tubage de 100 mètres de longueur dont la chute avait arrêté le chantier ; ils sont maintenant poursuivis régulièrement et seront sans doute bientôt achevés.

Ainsi, malgré les progrès de la science et de l'outillage modernes, les grands puits exigent encore des années de travail et restent à la merci d'accidents malheureusement trop fréquents.

d. Sources,

153. Prises d'eau dans les bassins sourciers. — Les sources émergent souvent dans un bassin naturel, plus ou moins étendu ou profond, où s'étalent leurs eaux, et dans lequel se développe presque toujours une végétation luxuriante.

Parfois, lorsque le volume d'eau dont on a besoin est de beaucoup inférieur au débit de la source, on se contente de faire une saignée dans le bassin sourcier ou d'y plonger une conduite de prise d'eau sans rien changer aux dispositions naturelles. Cette pratique donne de l'eau chargée de matières organiques, provenant des plantes aquatiques, des insectes, des poissons qui vivent dans le bassin sourcier, tantôt échauffée par le soleil, tantôt refroidie au contact de l'air froid, toujours exposée aux contaminations.

Si l'on veut obtenir un débit plus considérable, une eau plus pure, une sécurité plus grande, il est indispensable de procéder à des tmvaiix de captage.

154. Travaux de captage. — Ces travaux consistent à rechercher les filets naturels, à les dégager, à les suivre, et à en recueillir le produit. S'ils sont peu abondants, un simple drain suffit ; s'ils fournissent un plus grand volume d'eau, on construit une galerie; on a recours à une chambre pour la captation d'un groupe naturel de sources ou pour rassembler les apports d'une série de drains ou de galeries.

Lorsque la source s'échappe d'une couche rocheuse, on y pratique des conduits souterrains ; si elle émerge d'un coteau, on étabbt un drain suivant une des horizontales du terrain, ou une galerie avec paroi imperméable du côté du vallon et perméable au contraire vers le coteau ; si elle sourd en jets verticaux de la profondeur du sol, on emprisonne les houillonnements dans des galeries ou des chambres maçonnées sans radier, qu'il est avantageux de fermer et de couvrir; si elle s'épand dans

,§ s. — EMPLOI DES EAUX SOUTERRAINES 167 le sol et se perd en ruisselets sur une grande surface, on la draine au moyen de conduits perméables.

Souvent, afin d'augmenter le débit, on détermine un abaissement du plan d'eau, de manière que l'écoulement se produise sous une charge plus grande ; mais il faut apporter la plus grande réserve dans toute modification de ce genre, car il peut en résulter, à la si^ite d'une augmentation momentanée du volume d'eau, un appauvrissement permanent de la réserve naturelle qui alimente la source. Quelquefois, par suite de circonstances spéciales, on peut être amené à relever au contraire le plan d'eau ; il faut s'attendre alors à une diminution certaine du débit, tant à cause de l'augmentation de la charge sur les orifices naturels que par suite d'infiltrations nouvelles à travers des couches perméables que l'eau ne pouvait antérieurement atteindre.

155. Ouvrages de captation. — Dans tous les pays, et dès les temps

FiG. 35.

les plus reculés, des ouvrages ont été établis pour la captation des sources. Les Romains, qui ont fait tant de travaux d'adduction d'eaux de sources, paraissent avoir été fort habiles à les capter. Comme exemple des procédés employés par eux, nous donnons^ dans la figure ci-dessus, le dessin relevé par Belgrand, lors de la captation de la source de Noé dans la vallée de la Vanne. Il représente les restes des ouvrages qui avaient servi à recueillir les eaux de cette source à l'époque romaine, lorsqu'elle servait avec plusieurs autres à l'alimentation de >Sens ; on y aperçoit les drains ou griffons qui amenaient les filets d'eau dans un bassin découvert en maçonnerie, où le plan d'eau paraît avoir été artificiellement relevé, sans doute en vue d'une augmentation de la pente dans l'aqueduc.

Les beaux travaux de Belgrand, pour

la captation si complexe des sources no- 3G. - Somce de la Bouillarde (Vanne).

tle la Vanne, méritent d'être cités comme types des procédés em-

ployés à [notre époque ; presque tous les cas s'y sont présentés. La source de la Bouillarde a été simplement enfermée dans une chambre

FiG. 37. — Source d'Armenlières (Vanne).

circulaire en maçonnerie recouverte d'une voûte spliérique. A la source d'Armentières, des galeries souterraines de recherches ont dû être percées dans le rocher pour amener tous les filets d'eau dans une chambre circulaire en maçonnerie recouverte d'une voûte sphéi'ique.

FiG. 38. — Source de Cérilly (Vanne).

FiG. 39.

Celle de Cerilly, qui formait un bassin naturel ou Mme, étendu et profond, réunit aujourd'hui ses eaux dans une vaste chambre maçonnée et

voûtée, construite à, l'emplacement du bassin et après abaissement du plan d'eau. De nombreuses galeries maçonnées et couvertes, mais sans radier, oîi de petites voûtes extrêmement légères servent à la fois à la circulation et au maintien de l'écartement des piédi'oits, ont été employées pour recueillir les eaux des sources de Saint-Philbert, de Saint- Marcouf, du Miroir, de Noé, etc. Des drains composés de ûUs de tuyaux en béton de ciment moulé, d'un type analogue à celui que le même infénieur avait appliqué avec tant de succès à l'alimentation d'Avallon, ont servi à la captation des sources des Pâtures, du Maroy, etc.

FiG. 40. — Drain d'Avallon.

Il convient de citer encore, parmi les ouvrages récents les plus remarquables en ce genre : les prises d'eau de la ville de Lille, dues à M, Masquelez, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, et notamment

FiG. 41. — Source de Guermancz (Lille).

FiG. 42. — Source de Kaiserbrunn (Vienne).

^ ouvrage de captation de la source de Guermanez ; les galeries percées ians le roc dur et les chambres maçonnées où débouchent les belles

sources qui alimentent la dérivation dite Hochquellenwasserleitung pour la distribution des eaux de Vienne.

FiG. -43. — Source de Stixenstein (Vienne).

156. Précautions spéciales. Ouvrages accessoires. — .Si l'on veut conserver à l'eau des sources ses précieuses qualités, il est indispensable de la mettre à l'abri contre les atteintes de la malveillance, contre toute tentative de détournement, de les protéger contre les diverses causes de contamination et notamment contre l'afïlux des eaux de superficie, l'invasion des matières organiques ou des vases, etc. A cet effet, les ouvrages de captation doivent être toujours parfaitement clos et couverts, de manière à empêcher l'introduction directe des insectes et autres animaux, et de s'opposer au développement de la vie végétale incompatible avec l'obscurité, sans toutefois supprimer la ventilation ; des rigoles ou des fossés doivent être employés à détourner les eaux superficielles, et, pour plus de sûreté, il convient de tenir le plan d'eau des soui'ces un peu au-dessus de celui de la nappe voisine et de descendre les maçonneries des chambres ou galeries jusqu'au terrain imperméable. Enfin, il est prudent d'acquérir, toutes les fois qu'on le peut, un périmètre de protection suffisamment étendu.

Pour combattre l'envasement souvent rapide et toujours inévitable, des dispositions spéciales doivent être prises pour des nettoyages périodiques ; les décharges de fond sont utiles pour effectuer ces nettoyages. Lorsque plusieurs sources concourent à une même alimentation, il faut les rendre indépendantes afin de pouvoir les visiter successivement sans interruption de service. Et comme, malgré tous les soins, il se produit des dépôts plus ou moins abondants, on doit recommander de placer le départ de l'aqueduc assez haut pour qu'ils ne soient pas entraînés, sans atteindre cependant la surface dont il faut éviter aussi les impuretés. Souvent aussi, on a recours à des chambres ou puisards de désahlement.

Les sections des drains, galeries, déversoirs de superficie, décharges de fond, etc, doivent être calculées de manière que le service soit assuré en tout temps et notamment au moment du maximum de débit.

Il est bon de compléter la captation d'une source quelconque par l'installation d'un appareil de jaugeage, cuve, vannage ou déversoir, disposé de telle sorte que l'emploi en soit toujours facile, et n'exige qu'un temps fort court et des opérations extrêmement simples.

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