‹ Salubrité urbaine distributions d'eau assainissementChapitre 71 sur 279 · POUR · texte numérisé non relu

POUR

Sommaire :

§ 1". Considérations générales. — 157. On ne doit recourir à ces procédés qu'en cas de nécessité absolue. — 158. Procédés mécaniques. — 159. Procédés physiques. — 160. Procédés chimiques. — 161. Procédés mixtes.

§ 2. Décantation ou clarification par le repos. — 162. Son utilité. — 163. Ses inconvénients. — 164. Bassins de dépôt.

§ 3. Fillration arti/icielle des grandes masses d'eau. — 165. Filtres à sable. — 166. Théorie de la flltration. Précautions spéciales. — 167. Inconvénients. — 168. Autres procédés.

§ 4. Filtration industrielle et domestique. — 169. Le filtrage dans l'industrie. — 170. Le filtrage domestique. — 171. Réservoirs-filtres. — 172. Appareils de filtrage à basse pression. — 173. Appareils de filtrage à haute pression.

157. On ne doit recourir à ces procédés qu'en cas de nécessité absolue. — En principe, l'eau destinée à l'alimentation d'une ville doit être natm-ellement pure et salubre^^^de manière à pouvoir être absorbée sans préparation aucune : il ne peut y avoir de doute sur ce point ; la préférence instinctive des populations en fait foi.

Et, en effet, quelque perfectionnés que puissent être les procédés employés pour l'amélioration de l'eau, ils reposent toujours sur des conceptions théoriques plus ou moins justifiées, et ne satisfont pas assez complètement l'esprit pour inspirer une confiance absolue. Sans doute on di.spose actuellement de procédés si parfaits pour débarrasser l'eau des matières étrangères dont elle est chargée, que l'eau d'égout la plus infecte, 1 urine, l'eau chargée de sels de plomb ou de cuivre, etc, semble pouvoir être transformée en eau presque pure chimiquement, et où le microscope ne décèle plus la présence d'un seul microbe ; et cependant

à qui persuadera-t-on qu'il vaut mieux boire cette eau qu'une eau do source limpide et fraîche, où les savants auront néanmoins signalé la présence de quelques milligrammes de sels et d'un petit nombre d'organismes microscopiques ? Jamais on ne songera sans doute à distribuer pour l'alimentation d'une ville de l'eau d'égout filtrée 1

« Une eau qui a besoin d'être filtrée, dit le docteur Vallin, est une « eau qu'on n'aurait jamais dû songer à amener dans un service public : « c'est une dépense ruineuse et l'on n'obtient que des résultats illusoires. « La filtration est un pis-aller dans des circonstances accidentelles et « malheureuses, c'est un moyen d'attendre qu'on ait réussi à se procurer « une eau très pure qui, celle-là, n'ait pas besoin d'être fdtrée. Com- « mençons donc par filtrer plus sérieusement que par le passé les eaux <■ suspectes, mais n'oublions pas que le véritable progrès serait la sup- « pression des fdtres »

Il faut néanmoins recourir aux procédés artificiels d'amélioration de l'eau quand on se trouve dans l'impossibilité de se procurer de l'eau naturellement pure, soit qu'il n'y en ait pas à proximité, soit que la dépense à faire pour la chercher au loin dépasse de beaucoup les ressources disponibles. Des habitations isolées, des établissements publics ou industriels créés dans des régions mal alimentées, des armées en campagne dans des pays malsains, des villes aussi, peu favorisées par la nature, trouvent parfois dans ces procédés une ressource précieuse.

Mais, on ne doit pas l'oublier, ils ne sont efficaces qu'à la condition d'être employés avec des soins extrêmes et assidus, et supposent une attention constante et des dépenses sérieuses ; mal appliqués ou sans les soins indispensables, ils deviennent trop souvent plus dangereux qu'utiles, gâtant l'eau au lieu de l'améliorer.

158. Procédés mécaniques. — Les divers procédés d'amélioration de l'eau reproduisent artificiellement les moyens de purification employés par la nature elle-même. Ils peuvent être classés en quatre catégories :

1° Procédés mécaniques ; 2° procédés physiques ; 3° procédés chimiques ; 4° procédés mixtes.

Ceux de la première catégorie se réduisent à trois : ïagitation, la décantation et la filtration.

Uagitation, qui peut être obtenue par la chute de l'eau sur des nioel- ; Ions ou des branchages, et qui a pour effet de la diviser en minces filets ! offrant une grande surface à l'action de l'air, produit très rapidement l'aération de l'eau. Belgrand a démontré, par des expériences faites à l'aqueduc d'Arcueil, qu'elle a en outre la propriété de débarrasser les eaux incrustantes d'une partie du carbonate de chaux en excès, et il en ; a fait lui-même une application pour cet objet à la dérivation de lal Dliuis.

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