ACTE TROISIEME
JACQUES
Je l'espère... Aussitôt trois maisons de notre place entameront ici, dans le même secret, la même besogne. J'ai choisi nos gens habituels, Gotlieb, Fischer et Germot. Je ne leur ai pas fixé de limite. C'est plus prudent. Je leur ai donné l'ordre d'ouvrir tout grand le robinet et de ne le refermer que sur un signe de vous. Le signe, vous le ferez donc, lorsque l'action cotera six cents francs, et alors seulement. Je pense que ce résultat sera atteint entre deux et trois heures. Jusqu'à ce point, nous comprenons-nous bien?
FLACH, sans enthousiasme.
Certes...
JACQUES
Vous paraissez troublé, ému...
FLACH
Monsieur Brachart, on le serait à moins!... Je vous l'avoue, je demeure abasourdi... Voire projet m'etïraye... il me bouleverse... Et puis vous m'avez habitué à plus de confiance. Vous n'attendiez pas la dernière minute, pour me communiquer vos décisions. 11 est vrai que vous n'en aviez jamais pris une pareille.
JACQUES
Oui... Un temps.) Flach, VOUS êtes acheteur de Cuivres?
FLACU
liien sur.
JACQDES
Combien de titres? Trois mille?
FLACH
Trois mille... Parfaitement!
JACQUES
Mes souvenirs ne me trompaient pas... Eh bien, les trois mille premiers titres vendus à Londres, ce matin, l'ont été pour votre compte... Un temps.) Ça va mieux?
FLACH, le sourire même.
Je vous remercie... Je suis très touché que vous ne m'ayez pas oublié... Je vous remercie de tout mon cœur... Me sera-t-il permis, toutefois, de vous poser une question?