ACTE QUATRIÈME
FRANÇOISE
ïuvois!... tu prdfèrcs que je sois torturée!
ANNE-MARIE
Je vous répète que mon absence ne se rapporte pas aux événements qui vous occupent.
FRANÇOISE
Pourtant, je serais en droit d'exiger quelques éclaircissements... Tu mérites pour le moins un reproche!... Une jeune femme, qui, au milieu de la nuit...
Non, maman, n'entamons pas le chapitre des reproches... s'il vous plaît!,.. D'abord, les reproches, les regrets, les récriminations, c'est petit, indigne de nous... Ne le pensez-vous pas?
FRANÇOISE
Je pense... je pense... Je ne pense pas, je ne pense plus! (Ua silence.) Au moins me raconterastu exactement ce qui s'est passé entre ton maii et toi après notre départ?
2o4 SAMSON
ANNE-MARIE, souriant.
Vous lo saurez bientôt mieux que nousmômosl Nous avons eu... comment dites-vous?... une explication. Cette explication close, Jacques Brachart m'a annoncé son intention de prendre le train de sept heures du matin pour Londres... Et nous nous sommes séparés dans des termes. . . dans les termes habituels.
FRANÇOISE
Et là-dessus, le gaillard est resté à Paris!
ANNE-MARIE
Cela paraît probable.
FRANÇOISE
C'est sûr! Aussi bien, il n'a jamais eu l'intention de partir!... Ton frère a reconstitué à merveille la combinaison. Ah! ce petit Max est doué... Vraiment!... Brachart comptait sur ce coup de bandit pour décupler sa fortune. Il avait préparé la baisse de longue main, et le voyage imaginaire devait servir d'alibi. Pour dépister les plus malins, mon délicieux gendre a parlé sur tous les tons du train de onze heures du soir et il a fait semblant de le manquer ! . . . Est-ce que ces gens-là manquent jamais le train!...