ACTE QUATRIÈME 2bo
Voilà notre homme réduit à s'embarquer hier matin ! . . . De la sorte, il pouvait s'écrier en apprenant le krach : « Fatalité! Fatalité! Moi présent, celle débâcle était conjurée. Par malheur, je ne me trouvais ni à Londres, ni à Paris... Je naviguais, je roulais entre les deux villes!... » Assez bien machiné, ma foi!... Uélas! les événements n'ont pas montré la docilité attendue, et le personnage s'est vu démasqué. Mais tel était son plan, n'est-ce pas?
ANNE-MARIE
Sans doute... A quelques détails près.
FRANÇOISE
Et de ce plan, de cette spéculation criminelle, enfin, de... de l'infamie qu'il mijotait, jamais il ne t'a soufflé mot?
Jamais.
Tu ris?
ANNE-MARIE
FRANÇOISE
ANNE-MARIE
Maman, vous m'avez posé cette question-là, au moins...
t^ SAMSON
FRANÇOISE
Mais ne ris pas! je le défends de rire. C'est «ne honle ! Tu ne ressens donc pour tes parents, ni respect, ni tendresse,' ni pitié!...
ANNE-MARIE
Pourquoi vous plaindrais-je, maman?... Vous me confiiez à la minute que vos bénéfices étaient à labri et que vous gardiez, quoi qu'il advînt, soixante mille livres de rentes.
FRANÇOISE
Soixante mille... soixante mille... Et puis, il ne s'ag^it pas de nous! C'est mon cœur de mère qui... Je pense à toi, ma pauvre petite!
ANNE-MARIE
Tous pensez à moi plus que moi-même.
FRANÇOISE
Evidemment... Tu es une inconsciente!...
Mais rends-toi compte. Ton mari ne reviendra peut-être jamais... il est peut-être en fuite.
ANNE-MARIE
Oh ! je ne le crois pas...