ACTE PIŒMIER
FRANÇOISE
Tu oublies, seulement, qu'à l'annonce du mariage, personne...
MAX
Bien sûr! Le jour où monsieur Jacques a tiqué sur Anne-Marie d'Andeline, ma petite sœur, où il l'a demandée, où il l'a obtenue, nos amis ont un peu grogné... Il les ahurit, le bougre! Il va vite, t(^rriblement vite!... On grogne déjà moins... Un an encore de patience, de bons tuyaux, un an de hausse, ah! oui, par exemple, de hausse!... et nous les tenons!...
FRANÇOISE, gagnée à demi.
Crois-tu ?
MAX
Je paye dix!... A part le vieux faubourg, les vieilles barbes!... Mais, ces gens-là, je m'en moque, ça n'existe pas!... Mes chers parents, empochez tranquillement vos différences de Bourse à la fin de chaque mois, ne vous tourmentez plus, et surtout ne me grondez plus!... Vous me faites tant tie mal quand vous me grondc^z... Vous ne savez pas... le mal que vous me faites!... Vous ne pouvez pas le savoir!...
FRANÇOISE
Stupide garçon !
MAX
Embrassez-le !
FRANÇOISE, tendrement.
Toi! situ changeais d'existence... si tu t'amendais, si seulement tu consentais à te marier...
MAX, dramatique.
Ciel! Vous avez découvert une sœur à Brachart?
FRANÇOISE
Tu es sot ! Tu pourrais faire un mariage magnifique, un mariage qui rachèterait, qui effacerait...
MAX
Oh! je vous vois venir! La petite Uautemart, qui a trente berges, qui est deux fois grande comme moi et qui me ficherait des piles... Merci!
FRANÇOISE
Knfin, Max...
Ma petite maman, en tout cas, pas ce soir!... Ce soir, il faut que je gagne ma matérielle!... Au revoir, ma petite maman ! Au revoir, mon petit papa!... Je vous reverrai, j'espère?... je vous reverrai tout à l'heure?... Au revoir!
(Il sort en envoyant des baisers.)