‹ Samson; piece en quatre actes, représentée pour la premiere fois sur le Théâtre de la Renaissance, le 6 novembre 1907Chapitre 155 sur 165 · ACTE QUATRIÈME 2HT · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME 2HT

scènp: V

ÂNNE-MÂRIE, JACQUES

(Lorsque Max est sorti, Anne-Marie et Jacques demeurent un monieut silencieux. Jacques ébauche un sourire d'homme las et porte ins'.inctivement la main à son front.)

ANNE-MARIE

Vous êtes souffrant?

JACQUES

Fatigué... un peu fatigué... ce n'est rien.

ANNE-MARIE

J'ai reçu votre lettre...

JACQUES

Ma lettre... Oh! ce billet... ce billet griffonné... J'aurais voulu me recueillir, mais les hommes, les événements, se bousculaient autour de moi...

ANNE- MARIE, net;e et simple.

Yous avez écrit les choses qu'il fallait. (Elle a tiré la lettre de son cordage et lit.) Yous m'avez écrit :

« Annclte, je n'ai pas quitté Paris. Je suis complètement ruiné. Je ne pense qu'à vous. Je vous aime. » (Un temps.) Jacques, je ne sais pas mentir. . . enfin, je ne triche pas... je ne ruse pas... je ne suis pas coquette... (Le regardant.) Votre lettre m'a flattée... Je vous le déclare brutalement... je suis une petite brutale... jamais je ne m'étais sentie flattée comme en lisant cette lettre...

Si mon amour vous flatte, Anne-Marie, je...

AM<E- MARIE

Comprenez-moi. Votre défaite vous diminue môme à vos yeux, vous abaisse... (Un silence.) Certainement, vous ne l'avouerez pas. Vous y mettez, vous, de la coquetterie! Mais un financier, un lutteur pour l'argent, qui veut prendre et qui se fait prendre, qui touche des épaules avec cette rudesse, perd pour un temps sa propre estime. Quant au cercle des curieux, les autres,, tous les autres, ils vous méprisent, à cette heure... pesamment!... Vous êtes aujourd'hui l'idole la plus démolie. Vous êtes brisé, vous êtes en miettes... Cela, vous l'admettez, je suppose... Eh bien, je suis si hère que vous ne me confondiez pas avec la foule!... Appauvri, pauvre, vous osez dire que vous l'aimez toujours.

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