ACTE QUATRIÈME
JACQUES, fort, presque rude.
Non, plus un mol!
ANNE-MARIE
Mais.
JACOLES
Plus Un mol. xV moi!... Vous êtes généreuse. Si jamaisun homme aconquisle droit de plaider • sa cause, c'est celui qui, outragé, ruiné, traqué, ^ hafa>;sé, est devoni vous à cette minute, et, une ■ '■ ioiâi encore,, demumie l'iamourià la» femme de sa ' vie!' (Hfe seiegardent, puis: Annelte, vous^m'accusez ;: Je simuler toujours et de dissimuler... Oui.. i' J ai imaginé un personnage... j'en ai imaginé dix!... Une faiblesse!..! C'est un peu la loi de. cous les amants malheureux... Je cherchki^,'^^'je m'meéniais... Une faiblesse, je vous dis!... Si je vous avais heurtée de front, si je m'étais montré, il se" péutfqué..: nîè ne ^Mis' '{ià's^ iniIifFéïènt'.'.. Vnn'e-McU'ie, je Vc^usài aim^e bien aVanl de V6»us coiiftaître. . . ' Quand j 'étais, piar les cari'efdurâ î dfe ' ' iMarseillCj 'un galopin 'miséreux, une' inoubliable passion me troublfei... Une jeune dame^ de la noblesse... déjà!'...' Chaque jour je guettais sa sortiêji- chaque jour, elle passait frêle, dédaî- • gueuse, souverain^?, devant un petit pauVrequi •
baissait les yeux... Valait-elle pareille ferveur? On ne le saura plus. Mais son image embellie a décidé de moi-môme... Quand je me suis mis à vraiment penser aux femmes, c'est vers cette vision de mon jeune temps que montaient mes désirs... Le soir oiî je vous ai rencontrée, où j'ai vu pour la première fois vos yeux francs et fiers, vos petits gestes impériaux, où j'ai entendu votre parole simple, fraîche, hautaine, il m'a paru que le souvenir de trente années se levait tout à coup, là, devant moi, en chair et en os... Vous le comprendrez sans peine, lorsqu'on court après une fcnime depuis trente ans et qu'on la rejoint enlin, on n'a pas envie de la lâcher... .le m'étais enrichi dans l'intervalle, .le vous ai prise.
ANNE-MARIE
C'est tout?
JACQUES
Oh ! non!... Fichtre non!... Mais ne me soyez pas injuste! Ce n'est déjà pas mal... L'amour humilié de ce gosse des rues... La survie d'un songe... Ce mirage... Et l'homme ensuite qui amasse des millions et des millions, et qui j^rimpe sur ce tas d'or pour dénicher tout en haut de la li)ur féoiiale la petite bonne femme de son rêve!... Allons! Allons! C'est assez