ACTE QUATUIEME
bien... et vous n'en disconvenez pas. Xoiis avons mieux! Depuis quelques heures, nous
avons mieux. (Un silence. Jacques porte une main à son front, fait effort, et continue., l ne histoire aujourd'hui me trotte par la tète... Une belle histoire... Une belle légende... la plus belle... Samson...
ANNE-MARIE, souriant.
Samson et Dalihi?
JACQUES
N'est-ce pas qu'elle estsplendide?... Ce pauvre grand mâle de Samson, prisonnier des Philistins, qui lui ont crevé les yeux, qui le réduisent à tourner la meule d'un moulin... Et le géant déchu, se plie, s'accoutume à son asservissement... Mais les vainqueurs inventent une dérision plus cruelle... Ils célèbrent la honte de leur captif, et l'horrime assiste à cette fête... Le gueux, il dut en avaler de féroces!... Je pense que les convives insultaient à son malheur, à tous ses malheurs... Alors, d'alfreux souvenirs se rallumèrent en lui. Une rage d'autrefois tordit ce cœur dégradé... Samson comprend qu'il est redevenu Samson... Il ne laisse rien paraître, il est malin, il sait... Mais ses mains tâtonnantes, caressent, mesurent los deux piliers qui supportent le temple... Et soudain, sur les buveurs,
sur les noceurs, c'est un fracas!... Les poutres, les pierres, le toit, les murs!... Hou! quel massacre!... Ensevelis tous les ennemis et leur ennemi ù tous... Hein, Annette!...
ANNE-.-MARIL
Jacques, tout de suite, expliquez! A deux reprises déjà j'ai entrevu... Mais non!... Impossible !... Votre retour dans la nuit, quel en était le motif?
JACQUES
Une dénonciation.. . On m'avait dit de veiller. . . de vous surveiller...