ACTE DEUXIEME
CLOTILDE
A quelques minutes près...
HONORÉ, à. sa femme.
C'est bien simple, elle venait tout droit de chez nous !
Mon ami, je vous en prie... N'interrompez pas ! . . .
HONORÉ
Bien, bien !
FRANÇOISE
Alors, ma petite?
CLOTILDE
J'attendais Madame pour la déshabiller, mais elle a pris un livre et elle m'a dit : « Tout à l'heure, je vous appellerai ». En effet, un peu plus tard, Madame me sonne et me commande : « Clotilde, un autre manteau... le manteau de zibeline. Je sors. — Mais Madame n'a pas gardé la voiture ! Le mécanicien est parti ! — Ne vous inquiétez pas de cela! » J'étais tellement surprise, que je n'ai pas pu m'empêcherde ûeman-
der : « Madame va se promener toute seule «i cette heure-ci? » Et Madame a répondu un peu sévèrement : « Apportez-moi ce manteau et vous pourrez vous coucher ensuite! » J'ai obéi pour le manteau. Seulement, Madame la Marquise me comprendra, j'ai ouvert une fenôtre et j'ai suivi Madame des yeux. J'étais inquiète... Alors... N'est-ce pas, je ne cache rien à Madame la Marquise?...
FRANÇOISE
Hien!
Absolument rien!
CLOTILDE
J'aperçois une automobile qui stationnait devant la maison voisine : devant le 88. Quelqu'un a, de l'intérieur, ouvert la portière. Madame est montée et en route!
HONORÉ
L'ne automobile!... De quelle couleur cette automobile?
CLOTILDE
Monsieur le Marquis, je n'ai pas distingué.