ACTE DEUXIEME
ANNE-MARIE
Rassurez-vous !
JACQUES
Je vais me rassurer... avec la clef!
ANNE-MARIE, indignée.
Oh!
JACQUES
Encore une fois, excusez-moi. 11 s'agit de quelques heures... Et il me faut cette sécurité. 11 me la faut.
ANNE-MARIE, exaspérée.
Mais, mon pauvre Monsieur, savez-vous que vous devenez grotesque! Vous jouez un drame, et vous le jouez tout seul... Je n'en serai pas, moi!... Au moins, choisissez entre les dénouements classiques! Quand un homme aime une femme, et que cette femme ne veut pas de lui, et que cette femme le trompe, ou il la tue... vous ne tuez pas, vous!... ou il la chasse... Voulez-vous me rendre le grand service de me laisser partir? Non, n'est-ce pas?... Une heure après, vous et les miens galoperiez à ma pour-
lo8 SAMSON
suite!... C'est arrivé une fois déjà... Alors, on. pardonne!... On se résigne... Monsieur, laissezmoi tranquille. Conduisez-vous en homme bien élevé et laissez-moi tranquille ! (Un silence. Jacques est devant elle, lourdement campé, immobile, tôtu.) A la fin des fins, que voulez-vous?
JACQUES
Que vous entriez là.
ANNE-MARIE
Et si je refuse de me laisser enfermer?
JACQUES
Si vous refusez... Ça me sera égal que vous refusiez.
ANNE-MARIE
J'ai compris. Vous n'imaginez pas ce que je ferai pour éviter que vous me touchiez. (La voi.x cinglante. Ouvrez cette porte.
(Jacques obéit. Il ouvre la porte, s'efface. Anne-Marie passe devant lui, sans un mot, et disparait dans la chaml)re. D'un vif mouvement, Jacques tire la porte à lui, la ferme h clef et fourre la clef dans sa poche. Un grondement lui échappe, il est seul dans le salon. Aucune diversion, maintenant, à sa souffrance. 11 .souffre visiblement. H lutte contre sa douleur, et ne veut que considérer les événements. 11 parvient à