CIRA CE
Laissez-moi continuer... Vous verrez!...
.Icssie ne pouvait pas agir autrement. Une âme de bravade, de vice, de cruauté, le m^ne... Il vous raconterait très bien votre infortune, en vous regardant dans les yeux... Brachart, jouez le mari complaisant et résigné... Le Govain s'y laissera prendre. Aucune bassesse ne Tétonne. Il a toujours vécu de la bassesse et de la frousse des gens. Il vous tient pour un lâche, pour un snob... pour un inférieur... Il vous méprise... Mais il vous admire aussi... Il admire votre intelligence, votre science des affaires. En atlaires, il vous suivra obstinément, religieusement... (Un temps. Avec un sourire et très douce.) Il est à votre merci! Ce que vos conseils ont fait, vos conseils le déferont. Vous êtes un gaillard prudent et patient. Contenez- vous, mâchez votre rancune, mêlez les faux tuyaux et les vrais, accrochez votre homme petit à petit, et vous le tenez! Dans quelques mois, il se retrouvera plus pauvre, plus pané qu'au premier jour. Ah!...
JACQUES, qui l'a écoutée attentivement.
Oui.
GRACE
(Jue pensez-vous de mon plan?
JACQUES
Enfantin.
GRACE
Mais pourquoi?
JACQDES
On suit un faux renseignement, on n'en suit pas deux. Mais non!... Et puis Le Govain est un spéculateur avisé... Il ne lâcherait pas ses bénéfices avec cette désinvolture...
GRACE Alors?... (Geste vague de Jacques. Grâce poursuit viu-
lemment.) Yous n'allez pas vous croiser les bras? Si?... Vous subirez cette honte et les hontes à venir? Car Jessie la reprendra!... Ainsi, la femme de votre ca-ur, la femme que vous aimez, votre femme...
Gare !
(Le valet de chambre a ouvert la porte.: