‹ Samuel Champlain [microforme]Chapitre 1 sur 117 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Des circonstances, plus fortes que notre volonté, nous ont empêché de publier avant aujourd’hui le deuxième volume de la Vie de Champlain. Après tout, l'heure n’est pas encore trop mal choisie ; à la veille de la célébration du troisième centenaire de la fondation de Québec, il nous a semblé que cette

publication serait aussi bien accueillie qu’elle l’eût

été dix ou quinze ans plus tôt.

L'auteur a inséré dans ce volume de nombreux détails sur les missions de la primitive Eglise du Canada, et sur les missions huronnes en particulier. On sera peut-être tenté de lui tenir rigueur de ce qui pourrait être considéré comme un hors-d’œuvre. Mais, c’est à dessein qu’il l’a fait, car il eût été injuste à l’égard de Champlain d'ignorer l’œuvre des missionnaires, ses contemporains, œuvre entreprise à sa demande, continuée et menée à bonne fin, grâce à son action persévérante. Le fondateur de

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Québec prévoyait bien que sans la religion enseignée au peuple par des prêtres, il lui serait impossible d'établir une colonie stable. Imbu fortement de cette idée, il réussit à la faire accepter par la cour de France et surtout par le Cardinal de Richelieu. Tous deux unirent leurs efforts pour fonder une nouvelle France essentiellement catholique, sans alliage d'éléments hétérodoxes.

C’eût donc été, d’après nous, une lacune dans une biographie de Champlain, que d’en écarter l’œuvre évangélique à laquelle il contribua lui-même de toutes ses forces, pendant les vingt-cinq dernières années de sa vie. Missionnaire lui-même, à sa façon, il nous reprocherait, sans aucun doute, d’avoir ignoré le rôle qu’il a joué auprès des peuplades sauvages en travaillant à les christianiser, de concert avec les Récollets et les Jésuites. En réalité, Champlain et les missionnaires étaient unis comme les membres d’une même famille, et rien ne se faisait dans la colonie que de consentement mutuel et par une entente préalable. C’était,sur une plus petite échelle, l’union de l’Eglise avec l’ Etat, que ni Richelieu, ni

Louis XIII, ne songèrent à rompre.

Dans ce deuxième volume, l’auteur a consacré plus de cent pages à des notes qui devront servir à

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jeter de la lumière sur les premiers temps de la

colonie, plutôt que sur Champlain lui-même. Nous croyons que le lect :1r nous en saura bon gré, car il s'y trouve telle note qui nous a coûté des semaines de travail assidu ; et si le public n’y trouve pas son compte, peut-être en ira-t-il autrement de l’historien, qui aime à s’épargner des recherches longues et souvent fastidieuses.

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