‹ Samuel Champlain [microforme]Chapitre 68 sur 117 · THIERRY DESDAMES · texte numérisé non relu

THIERRY DESDAMES

Desdames était un tout jeune homme quand il arriva à Québec, vers 1622, Champlain n’en parle pas avant cette année-là, Il était au service de la compagnie des sieurs de Caën, en qualité de sous-commis, Nous le voyons partir presque aussitôt pour Tadoussac avec la mission d’y conduire des matelots et d’en ramener une barque qui y avait été laissée sous la garde de cinq hommes.

Le 19 avril de l’année suivante, Desdames, toujours souscommis à Québec, retournait à Tadoussac et en ramenait sur ‘ la Réalle le Père Nicolas Viel et le Frère Gabriel Sagard. De 1623 à 1628, Desdames continua à remplir les mêmes

fonctions. C’est lui, qui, en 1628, apprit à Québec la bonne

nouvelle de l’arrivée dans la Gaspésie de la flotte de Roquemont. Dans l'incertitude où se trouva bientôt Champlain sur le sort de ce personnage qui n’arrivait pas, il résolut de renvoyer Desdames à Gaspé, munie de procuration, de lettres, et d’un mémoire propre à le guider, Six matelots l’accompagnèrent dans cette périlleuse entreprise. Le voyage dura un mois, On rapporta la triste défaite de la flottille française. Pour consolation, Desdames offrit aux habitants de Québec, de la part d’un chef sauvage gaspésien, l’hospitalité pour l'hiver suivant, Champlain les rassembla et leur demanda d'opter entre la France et Gaspé. Vingt choisirent Gaspé, Desdames partit avec eux mais ils furent pris en route, à l'exception de Desdames, qui prit passage sur le vaisseau du capitaine Joubert

en destination de France, Ce vaisseau faillit se perdre sur les côtes de Bretagne, “ près de Benodet, proche de Quimper- Corentin.”

Nous perdons maintenant la trace de Desdames jusqu’en 1637, où il donne de nouveau signe de vie, Ses qualités de marin et d'homme de confiance continuaient à être appréciées,

En 1639, Desdames commandait à Miscou, La Relation de 1643 lui donne le titre de capitaine et en parle avec éloge : “ Monsieur Desdames, capitaine ici depuis quatre ans, a toujours fort obligé cette mission, mais particulièrement cette année, pendant la maladie du R,. P. Dolbeau, qui a été longue et douloureuse, Il en fut attaqué à Noël (1642) et a traîné et langui tout l’hiver dans de grandes et diverses douleurs; u printemps, je veux dire environ le mois d'avril, ces douleurs le quittant l’ont laissé dans une impuissance des bras et des mains qui ne lui permet de célébrer la sainte messe, Or, pendant tout ce temps, Monsieur Desdames l’a si charitablement et puissamment assisté en tout, qu’il lui doit en partie la conservation de sa vie (1).”

Trois années plus tard (1645) nous voyons le capitaine Desdames servir de parrain à un sauvage du nom de Ouandagareau. Cet homme doux et conciliant, ami des Français, fut choisi, au printemps de 1646, avec les capitaines de Tadoussac (2) et de la baie des Chaleurs comme médiateur de la paix entre les Bersiamites, d’une part, et les aborigènes de l’Acadie et de la Gaspésie, d'autre part, La paix fut conclue à Percé, au commencement de juillet,

Desdames avait été parrain, le 4 janvier 1624, à Québec,

(1) Relation de 1043, p. 38.

(2) Simon Nechabeouit surnommé Boyer par les Français.

de Marguerite, fille d'Abraham Martin; la marraine était Marguerite Lesage, femme de Nicolas Pivert, Le Père Paul Huet présidait à la cérémonie de ce baptême, le deuxième qui ait été administré à Québec.

Thierry Desdames avait vécu au pays depuis vingt-quatre ans,

C’est tout ce que l’on connaît de sa vie, Continua-t-il à commander dans la baie des Chaleurs jusqu’à l’arrivée de Nicolas Denys ? L'histoire ne le dit pas.

Note L (Liv. 3, ch. 7, p. 195)

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