‹ Samuel Champlain [microforme]Chapitre 84 sur 117 · TES · texte numérisé non relu

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Iroquois (1). Ce fut vers cette époque que nous voyons entrer en scène une nouvelle classe d'hommes intimement liés au commerce des pelleteries, dont ils retirèrent pour eux-mêmes de grands bénéfices, Ce sont les coureurs des bois ; leurs liaisons très étroites avec les sauvages auraient pu servir aussi à l'œuvre des missions religieuses. Malheureusement la fortune, qui leur était toujours souriante, fut cause que plusieurs menèrent une vie licencieuse. La permission de traiter avec les sauvages leur fut retirée en faveur de personnes recommandables ayant mérité quelque récompense pour des services rendus à la colonie, comme les militaires, les officiers, et les veuves d'officiers. Mais leurs agents, recrutés en grande partie parmi les coureurs des bois, recommencèrent à mener une vie de désordres. Après eux surgit une classe d’hommes qui ont laissé une belle réputation d’honnêteté et de bravoure. Ces derniers furent les types du coureur des bois tel qu’on aime à se le représenter : moral, honorable en affaires, intrépide et ami des missionnaires.

Un célèbre romancier des Etats-Unis, M. Washington Irving, a laissé une peinture très vivante, pittoresque même, de ces descendants de Français, disputant pouce à pouce aux commerçants anglais le commerce des fourrures qu'ils avaient monopolisé pendant deux siècles : “ Ils ont hérité, dit-il, de la gaieté et de l'humeur accommodante de leurs ancêtres. Ils se plaisent à raconter des anecdotes, à chanter des chansons, et ils sont toujours disposés à la danse. Ils doivent aussi à leurs pères la politesse et l'obligeance qui les distinguent, Bien loin de montrer cette rudesse et cette grossièreté qui sont le partage ordinaire des gens qui mènent une vie errante et laborieuse, ils sont doux et charitables, se rendent mutuel-

(1) Relation de 1653, p. 26.

lement service, et s'appellent entre eux frères et cousins, même sans motif de parenté. Ils obéissent respectueusement

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a à leurs chefs et à leurs patrons; ils supportent avec une 1 is admirable patience les fatigues les plus accablantes ; et les ÿ privations qu'ils endurent quelquefois n’altèrent pas leur . | bonne humeur. Ils ne se sentent jamais plus heureux que |] | lorsqu'ils sont engagés dans quelque longue et difficile entre- | | és prise, côtoyant lacs et rivières, campant, la nuit, sur leurs | ( cé bords, et bivouaquant à la belle étoile, Ce sont d’habiles (LS s bateliers: ils manient la pagaie et l’aviron avec autant de |. vigueur que de dextérité ; ils rameront toute une journée nl | 1 de sans faire entendre un seul murmure, D'ordinaire, celui qui ral là | tient le gouvernail entonne une vieille chanson française, GiE | À er e ‘ ‘ DRE RAI avec un refrain régulier, que tout l’équipage répète en chœur, tu | | dés en marquant la mesure avec les rames, Quand, par hasard, 1 | | à ils sont découragés ou fatigués, il suffit qu’un d’entre eux fasse HA | j a entendre un de ces refrains, pour que tous se raniment et ‘il | || he retrouvent leur activité habituelle, Les lacs et rivières du ai | | Canada sont familiarisés avec ces chants français, que leurs Ha | h on échos ont cent fois répétés, et que les pères ont transmis à a l | f Êes leurs enfants, depuis les premiers jours de la colonisation (1).” Le | | | Alexander Mackenzie a ainsi fait l'éloge de cette classe cpl Î ent d'hommes qui conserva si bien le caractère national : “ Ils A? all de allèrent souvent trafiquer si loin des côtes et des principaux 1! ll Us établissements de la colonie, qu'on mit leurs expéditions au {if Ko nombre des efforts les plus étonnants qu’enfante le génie du All | i à commerce. Ces colons agissant toujours d'accord avec les DA | nt. missionnaires, surent s’attirer le respect des sauvages, et con- | Î ki | qu’ tenir dans leur devoir des gens qu’ils étaient obligés d’em- jh | te ployer sous eux. Ils prirent le titre de commandants, et non 15) | 411 el- M {il (1) Astoria, or an enterprise beyond the rocky mountains. by W. Irving, p. 24. ; cl | \ MAITAUT

celui de négociants, quoiqu’ils fussent à la fois l’un et l’autre, Quant aux missionnaires, si le courage, la constance et le dévouement méritent notre admiration, certes ils ont bien droit d’y prétendre, Il n’est point de fatigue qu’ils n'aient supportée, point de danger qu’ils n'aient bravé pour atteindre le but que leur piété s'était proposée (1),”

C’est ainsi que parle un écrivain protestant des héroïques apôtres de la foi dans la Nouvelle France. Cet éloge, non exagéré, les venge bien de ces critiques malveillants qui les ont accusés d’avoir voulu s'enrichir dans le commerce des pelleteries, comme les plus vulgaires coureurs des bois.

Note T (Liv. 4, ch. 9, p. 351)

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