‹ Samuel Champlain [microforme]Chapitre 83 sur 117 · ponesoservensee sense PTLELTIICELELELLELL · texte numérisé non relu

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Les travaux du fort se continuèrent en 1621. On put, dès cette année, y loger une petite garnison. Champlain, en prévision de troubles pouvant surgir entre les deux compagnies rivales — de Rouën et des de Caën —, y avait installé le capitaine Dumay, Eustache Boullé, et seize hommes avec des vivres, des armes, de la poudre et du plomb. On continuait toujours à parfaire l'ouvrage inachevé.

Durant l'hiver de 1623-24, vers la fin de novembre, Champlain mit en communication, par un chemin moins abrupte et mieux dessiné, l'habitation sise au pied du cap avec le nouveau fort qu'il avait baptisé du nom de fort Saint-Louis. Cette voie de communication était devenue indispensable aux allées et venues journalières ainsi qu’au transport des vivres et munitions de guerre,

Au mois d'avril 1624, Champlain fit disposer sur place tout le bois que les charpentiers avaient préparé durant l'hiver, en vue des travaux qui restaient à faire. Malheureusemen’, un coup de vent vint emporter, durant la nuit du 20 avril, la couverture et la transporter à une trentaine de pas plus loin, par-dessus le rempart, Le pignon de la résidence de Louis Hébert avait aussi été démantibulé par la bourrasque, Ce double accident qu’il fallait réparer à tout prix, occasionna des retards dans les ouvrages du fort Saint- Louis,

Ce n’était jas sans rencontrer une vive opposition que Champlain poustait ces travaux, qu’il considérait indispensables pour la sécurité de la colonie. Le bas du fleuve était infesté de pirates, Les Rochelais faisaient toujours la traite à Tadoussac. Les Basques, gens sans aveu, parcouraient aussi les eaux du golfe et du fleuve Saint-Laurent, et tout en achetant des fourrures et pêchant les baleines, semaient parmi les sauvages une foule de préjugés contre les Français, Installés

al 1 | M NOTES EXPLICATIVES 439 M } y fi dé presque en parmanence le long de la côte nord, en aval de A | pré- Tadoussac, et sur une île dans le voisinage de l’Ile-Verte, ils da Le y dépecaient les baleines ou échangeaient avec les sauvages fl 1 1 & le leurs bagatelles pour des fourrures de grand prix. En 1623, | pps les contrebandiers de la Biscaye se retirèrent à l’île Saint- |! nie Jean, après avoir enlevé à un nommé Guers, Français d’origine, son unique vaisseau de pêche, Ils s’y fortifièrent même Riu hé en cas d'attaque, car ils étaient devenus prucents, depuis que | Il rapte la liberté du commerce et de la pêche leur avait été enlevée. CE a le L'année précédente, le Basque du nom de Guérard, asso- “ PT cié à un Hollandais, était remonté jusqu’à Tadoussac. “Il Re te était armé de quatre pièces de canon de fonte verte, d’envi- ; L des ron sept à huit cents pesant chacune, deux breteuils, et le WA 1 vaisseau bien armé avec vingt-quatre hommes, un bon pont fil il place de corde, tout à l'épreuve du mousquet (1).” ï ! 1 MHané Un navire espagnol de deux cents tonneaux était aussi en 1 1 (| one route pour Tadoussac. Dati E “nié Un peu plus tard, un vaisseau de La Rochelle, commandé À {l | tutde par un homme masqué, apparaissait dans les environs du Bic. e ' aol Toutes ces allées et venues étaient loin de sourire à Cham- | ll £ par plain. Lui seul voyait le danger, et seul il voulait le pré- 1} tout venir, Les marchands s’imaginaient qu’une forteresse aurait ‘4 l {l Au ihée pour résultat de nuïe plus tard à leur commerce. “ Si nous ja 1, ( fortifions Québec et Tadoussac, les garnisons nous feront la 1 {ll ) que loi, et nous ne serons plus maîtres du territoire,” Cette j | Re crainte, vraie ou fausse, servait de motif à leur refus d’accor- k k |'était der des ouvriers. l (l RUE Les sieurs de Caën donnaient pour excuse que s'ils fai- ; |} il sd saient sonner trop haut les richesses du Canada, les Espa. À | RES gnols viendraient s'emparer du pays. Mais il n’y avait pas Ah ! ni les il tallés | |

(1) Voyages de Champlain. ii | IH

que les Espagnols à redouter, et comme nous le verrons par la suite des événements, les Huguenots étaient beaucoup plus à craindre, Guillaume de Caën voulait ménager sa bourse avant de chercher les intérêts de la colonie, Champlain le dit expressément: “ Ce fort que je faisais construire au-dessus de l'habitation, pour la conservation des habitants et celle du pays, déplaisait beaucoup au sieur de Caën, comme il me le fit assez connaître par sa lettre, me disant qu’il n’était pas obligé d'y employer de ses hommes ; que c'était au roi à en faire la dépense et à envoyer, pour cela» des ouvriers, bien que le même de Caën et tous ses associés s’y fussent engagés par écrit. Leurs commis, à Québec, blàmaient aussi cette entreprise; et, quoiqu’ils vissent combien elle était nécessaire et en fussent parfaitement convaincus, ils étaient si complaisants qu’ils l’improuvaient, à leur tour, voulant agréer par là à ceux de qui ils recevaient leurs gages. On ne veut donc pas permettre que j'y emploie des ouvriers et on l'empêche autant que l’on peut. (C'est que ceux qui gouvernent la bourse font et défont tout comme ils veulent ; pourvu qu’on donne aux associés le quarante pour cent, et que la traite se fasse, c’est assez. Néanmoins considérant l'importance et la nécessité d’avoir un lieu de sureté et de défense, je ne laissai pas de faire ce qu’il m'était possible, de temps à autre, y employant quelques ouvriers.”

Avant son départ pour la France, en 1624, Champlain avait ordonné aux ouvriers de ramasser des fascines pour le parachèvement du fort, Cet ordre ne fut pas suivi, et quandilrevint au pays en 1626, rien n'avait été fait, Voyant cela, il le fit raser jusqu’au roc, et il en construisit un autre, plus spacieux, avec les matériaux de l’ancien, composé de fascines, de pièces de bois et de gazon, d’après le système normand, Le nouveau fort fut flanqué de deux bastions, de

même matière, en attendant qu’il eût les ressources suffisantes pour les faire recouvrir en maçonnerie,

Il est assez curieux de lire ce que Champlain a écrit luimême sur ces travaux :

“ Je considérai que le fort que j'avais fait faire était bien petit pour retirer, à une nécessité, les habitans du pays, avec les soldats qui un jour y pourraient être pour la défense d’icelui, quand il plairait au Roi les envoyer, et il fallait qu’il eût de l'étendue pour y bâtir, celui qui y était avait été assez bon pour peu de personnes, selon l'oiseau il fallait la cage, et que l’agrancissant il se rendrait plus commode, qui me fit résoudre de l’abattre et l'agrandir, ce que je fis jusqu’au pied, pour suivre mieux le dessein que j'avais, auquel j'employai quelques hommes qui y mirent toute sorte de soins pour y travailler afin qu'au printemps il pût être en défense. Cela s’exécuta. Sa figure est selon l'assiette du lieu que je ménageai avec deux petits demi bastions bien flanqués, et le reste est la montagne, n’y ayant que cette avenue du côté de la terre qui est difficile à approcher, avec le canon qu’il faut monter 18 à 20 toises, et hors de mine, à cause de la dureté du rocher, ne pouvant y faire de fosse qu'avec une extrême peine. La mine du petit fort servit en partie à refaire le plus grand qui était édifié de fascines, terres, gazons et bois, ainsi qu’autrefois j'avais vu pratiquer, qui étaient de très bonnes forteresses, attendant un jour qu'on la fit revêtir de pierres à chaux et à sable qui n’y manquent point, commandant sur l’Habitation et sur le travers de la rivière.”

Le nouveau fort ne fut logeable qu'au printemps de 1629, et l’on constate que Champlain y demeurait à cette époque avec deux de ses petites filles adoptives, Charité et Espérance, Du reste, après la capitulation de Québec, en juillet 1629, Louis Kirke vint l’habiter avec une partie de son équi-

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page, et il y vécut jusqu’en 1632, lorsqu'Emery de Caën prit le pouvoir à Québec, après la restitution du Canada à la France. Champlain l’habita de nouveau en 1633, 34 et 35, jusqu’à sa mort,

Note S (Liv. 4, chap. 9, p. 347)

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L'histoire de la traite des pelleteries en Canada ne se termine pas avec la disparition du fondateur de Québec. Un petit coup-d’œil sur les quelques années qui suivirent la mort de Champlain, ne saurait être considéré comme inopportun.

La traite prit une plus grande consistance en 1640. Cinq ans plus tard, la compagnie générale céda aux habitants du pays tout le commerce des pelleteries. Ceux-ci s'étaient constitués en association sous le nom de Société des habitants. M. de Repentigny était passé en France pour conduire les négociations à cet effet; tout avait été réglé durant l’espace de trois mois.

La société du Canada recut dans ses magasins, en 1646, plus de cent soixante poinçons de castor, équivalant à plus de trois cent vingt mille livres ; le poinçon était de deux cents livres, et chaque livre de castor se vendait alors dix francs sur le marché de France, Elle exporta, en outre, une grande quantité de peaux d'ours, d’orignaux et de loutres. Les

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affaires furent si prospères cette année-là, que les directeurs de la société, rendus hardis par le succès dont ils s’attribuaient le mérite, voulurent exiger une augmentation de salaire, et réclamer de fortes indemnités pour services extraordinaires, Ce fut le commencement de la brouille, M. de Montmagny et les associés s’opposèrent énergiquement à de semblables gratifications. L'affaire fut portée à la cour afin qu'elle mît un terme à ces exactions. Le roi prit fait et cause pour les membres contre les directeurs, et fit publier un “ Règlement pour établir un bon ordre et police en Canada.” Il établissait un Conseil composé du gouverneur du pays, du supérieur des Jésuites et du gouverneur de Montréal, avec pouvoir de nommer le général de la flotte, les capitaines et autres officiers de vaisseaux, ainsi que les commis et les contrôleurs de la traite, tant en Canada qu’en France. L'on permettait à tous les habitants du pays de faire le commerce de peaux et pelleteries avec les sauvages, mais seulement au moyen des produits fournis par le pays et à la charge d'apporter les dites peaux et pelleteries aux magasins communs pour le prix fixé par le Conseil, sous peine de confiscation et d'amende arbitraire,

Ce règlement fut publié le onze août 1647,et mis aussitôt en opération. Mais il fut loin de contenter tout le monde. M. d’Aillebout passa en France la même année, et revint en 1648 porteur d’un nouveau règlement par lequel le roi créait un Conseil composé du gouverneur de la colonie, du supérieur des Jésuites, du dernier gouverneur sorti de charge, et de deux habitants du pays élus de trois ans en trois ans. Ce nouvel état de choses parut donner satisfaction aux intéressés pendant les dix-huit années qui suivirent, c’est-à-dire de 1648 à 1666.

La traite languit en 1653 par suite des guerres avec les

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