‹ Samuel de Champlain de Brouage, fondateur de Québec, 1567-1635 [microforme]Chapitre 1 sur 9 · RUE ESCHASSERIAUX, 42 RUE DU PALAIS, À · texte numérisé non relu

RUE ESCHASSERIAUX, 42 RUE DU PALAIS, À

‘4 NÉ À BRouaGEe (1507), monT 4 Quésec (1635) ue 4 « PÈRE DE LA NOUVELLE-FRANCE » (1) #

Les villes, comme les livres, ont leurs destinées. Brouage, port célèbre, a connu les vicissitudes les plus étranges, Qui voit Brouage aujourd'hui peut-il comprendre que de là partaient jadis des milliers de vaisseaux, et que son nom retentissait sur les côtes les plus lointaines du Nouveau-Monde ? A contempler ces puissants remparts aux pierres de taille robustes que des tiges de fer soudent les unes aux autres; ces vastes magasins, jadis entrepôts de marchandises ou greniers d'approvisionnement ; ces jardins que les folles herbes ont envahis et

(1) Les pionniers saintongeoïs et la nationalité française au Canada; Samuel Champlain [par M. Pierre Margry, conservateur des archives au ministère de la marine}, publie sans nom d'auteur ni date, dans le Recueil des actes de la commission des arts el monuments de la Charente-Inférieure, 1, n° 9 (1864), à Marennes, imprimerie A. Florentin aîné, et qui a été réimprimé à « Sain- ‘ tes, imprimerie administrative d'Alex. Hus », pour le même Recueil, en 1874, fe et finalement reproduit par le Moniteur de la Saintonge des 25 et 28 mai, ne 1er, 4, 11 et 15 juin 1893.

“E Samuel SN né à Brouage, 15..., mort à Québec, 25 décembre 1635, par Léopold Delayant, dans la ievue de l'Aunis, de la Saintonge et du Poitou, v (1867), p. 81, 141 et 215.

Notice biographique de Champlain en tête des Œuvres de Champlain, publiées sous le patronage de l'université Laval, par l'abbé C.-H. Laverdière.. Québec, imp. au séminaire par Geo.-E, Desbarats, 1870, in-49, 6 volumes.

Samuel Champlain, fondateur de Québec et père de la Nouvelle-France. Histoire de :a vie et de ses voyages, par N.-Ë. Dionne, t,. 1er. Québec, A. Côté, 1891, in-89. Cet important ouvrage, augmenté d'appendices, notes, pièces justificatives, doit avoir quatre volumes. Voir Bulletin de la société des Archives, t. xn, page 34

Champlain, par M. H. Jouan, capitaine de vaisseau en retraite, dans le Bulletin de la société de géographie de Rochefort, t, x, année 1891-1892, n° de

# juillet-septembre (1893). Résumé de ses voyages.

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où quelques touffes d'arbres verts indiquent seules que là étaient des massifs de fleurs et des allées ; ces murailles sans volets, sans toits et sans portes, qui furent des maisons et où s'abritaient de hardis pêcheurs, d'aventureux pilotes, d'audacieux marins; ces planchers éventrés par les ormeaux, cachés par les orties vivaces ; cette église sans prétre, aux murs humides, dont les dalles sont formées de pierres tombalcs des gouverneurs ou ofliciers de Brouuge, et où, il y a cent ans, ont été entassés par centaines les suspects de la Charente-Inférieure et des Deux-Sèvres ; voire ces rares habitants dans l'ample enceinte des fortifications, qui semblent des âmes en peine, errant dans les décombres pour se chercher elles-mêmes, certainement on éprouve un serrement de cœur, un sentiment de tristesse, la mélancolie de la déchéance et des ruines : « Quomodo sedet sola civitas nunce plena populo ? » Mais aussi on a l'idée d'une grande chose, Ces vastes rues désertes étaient pleines d'une foule agitée; ces bâtiments abondaient de produits indigènes ou exotiques ; dans ces maisons grouillait un peuple d'enfants qui, à peine adultes, montaient sur une barque et s'en allaient là-bas trafiquer, se battre ou coloniser, essaim envolé de la ruche; sur ces remparts, des soldats s'exerçaient au maniement des armes ; ce havre, encombré de navires, fourmillait de matelots de toutes nations. Des écussons aux armes de France, le blason des du Plessis, sommé du chapeau cardinalice et accosté de l'ancre amirale, disent clairement aux yeux ville royale, amirauté, création de Richelieu, Grandeur et décadence.

Brouage, mentionné dès 1047 (1), fut connu pendant tout le moyen âge comme un port où se faisait un grand trafic du sel (2). Jacques de Pons, baron de Mirambeau et seigneur de Brouage, à la place d'un gros bourg informe, bâtit, en 1555, une ville régulière. Il fit apporter là une grande quantité de terre, d'énormes rochers, dressa une levée et une palissade, planta des mâts de navires entrelacés de planches de sapin ; cela ne valait peut-être pas les blocs cyclopéens, ou même les murailles vitrifiées qui servaient de défense aux Gaulois, ni les pierres de taille liées par des crampons de fer de Richelieu; mais c'élait un rempart. La nouvelle ville eut le nom de Jacopolis, Jacquesville, que lui imposa son fondateur.

« Brovage, écrit Maichin en 1671 (Histoire de Saintonge, livre 5, ch. vu, p. 156), est vne Ville nouuelle, bastie en vn liev ma-

() Le canal de Brouage, Broalga, est cité dans la charte de fondation de l'abbaye de Saintes, 1047. Il tire son nom de l’ancienne tour de Broue, « castellum quod Broa vocatur », lit-on dans une charte de 1068, rapportée par Besly : « Ecclesiam sancti Petri et sancti Eutropii de Broa. »

(2) En 1488, d'après une lettre de Louis de La Trémoille au roi Charles VIII, « 80 ou 100 navires apparurent aux Sables d'Olonne... qui venoient charger des sels en Brouage, isle de Ré et Noirmoutier, »

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rescagoux, couuert pour la pluspart du flux de la Mer... laquelle au commencement fut environnée d'vne levée et palissade par Jacques de Pons et fortifiée par des ais de sapins et des mâts de Navires entre-meslés de gazons et fascines. Et fut appellée Jlacque-Ville ou Ilacopolis... Hardouin de Villiers, après la Bataille de Montcoutour, la fit munir et fortifier de bons boullevards, terrasses et bastions.., Enfin La Rochelle ayant esté prise le 27 d'Octobre 1628 et rasée par le commandement du Roy Louis 13, Monsieur le cardinal de Richelieu résolut de fortifier Brovage de nouueau, et le fit en effect avec tant de soin et de régularité que c’est à présent vne des meilleures places de toute

la France. »

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