‹ Samuel de Champlain [microforme]Chapitre 15 sur 15 · EE EN RE TEA · texte numérisé non relu

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La joie des habitants du pays fut grande quand ils virent arriver le fondateur de la colonie. ‘“ Ce jour, dit le Père le Jeune, nous a été l’un des bons jours de l’année.” Tous connaissalent sa sasesse, son expérience et son admirable dévouement. On voyait renaître toutes les espérances du passé.

Aussi l’on peut dire que, dès lors, la Nouvelle-France, si cruellement éprouvée, prit comme une nouvelle naissance, et se tronra bientôt assez forte pour vivre de sa propre vie, au milieu de ces grandes forêts du Nouveau-

llonde.

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186 Samucl de Champlain

Aussitôt que le Saint-Jean eut mouillé l'ancre dans la rade, Champlain fit sommer le sieur Emeric de Caen de remettre le fort et l'habitation entre les mains de M. du Plessis-Bochart, en

vertu du commandement qui lui était

fait de la part du cardinal de Richelieu.

L'après-midi, le sieuf de Caen quitta le fort avec ses hommes, et M. du Plessis-Bochart y entra avec les siens.

Le jour suivant, 24 de mai, les clefs furent remises entre les mains de

Champlain. M. du Plessis prit alors la

charge d’amiral de la flotte,

illé s Champlain, en possession de son fit nouveau gouvernement, s’occupa d’ade bord des affaires de la traite, qui itre pressaient davantage. Il venait d’arri- , en ver des Trois-Rivières dix-huit canots tait algonquins, et l'on savait que les ieu. Anglais avaient trois vaisseaux à Tai doussac, d’où ils étaient même monté ta À jusqu'au Pilier.

du ns. Champlain, se doutant que les sauefs : vages pourraient aller les trouver jusde : que-là, tint conseil avec eux, et leur fit

entendre, par la bouche de l'interprète

Olivier le Tardif, qu'ils prissent bien

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garde à ce qu'ils avaient à faire : ces

Anglais étaient des usurpateurs, qui

ne faisaient que passer ; tandis que les Français demeuraient au pays d’une manière permanente, et qu'il était dé l'intérêt de tous que leur ancienne

amilié continuât toujours.

Le chef algonquin répondit par une harangue aussi fine et délicate, que pleine d'une mâle éloquence. “ Tu ne veux pas, dit-il eri finissant, que noùs allions à l’Anglais : ‘je vais dire à més gens qu'on n!y aille point; si quelqu'un

y va, il n’a pas d'esprit. Tu peux tout :

Samuel de Camplain 189

ps mets des Chaloupes aUX avenues, et je qhis Prends les castors de ceux qui iront.” 1e les lune Afin d'oter AUX SauTages d'en haut id | la pensée de descendre au-devant des | Anglais, Cam Plain établitun nouveau .

ns | Pc: e, sur l'ilet de Richelieu, qui com: Mande l'un des. Passages où le chenal nié | du fleuve est le plus étroit : ce lieu jué | avait en outre l'avantage d'être assez Hi Papproché de Québec Pour que l'on té Pût, au besoin, faire Monter dans quel:

TA | Œues heures Jos Marchandises 6t Jos tk k Objets nécessaires à la traite,

Non-content de veiller aux intérêts de la compagnie, Champlain, dès son

arrivée, déploya toute l’ardeur de son

zèle pour l'honneur du culte et le pro-

grès des missions. Il se donna une peine infinie pour décider les Hurons à emmener avec eux quelqu'un des Pères qui avaient déjà commencé à

instruire leur nation.

À peine la traite finie, il voulut accomplir un vœu qu'il avait fait depuis la prise de Québec par les Anglais. 11 érigea tout près de l’esplanade du fort,

à l'endroit où est aujourd'hui le maitre-

rêts autel de Notre-Dame de Québec, une son nouvelle chapelle, qui fut appelée son Notre-Dame de Recouvrance, tant en pro- mémoire du recouvrement du pays, que une parce qu'on y placa un tableau recouvré "ons d'un naufrage.

Se voyant secondé de plus en plus efficacement par les bonnes dispositions de la compagnie, il entreprit une autre fondation, où l’on se promettait

| que les missionnaires pourraient faire un grand fruit ; il envoya le sieur La

Violette aux Trois-Rivières, pour y

établir une habitation etun fort; ce

qui fut commencé le 4 juillet 1634.

Le P. le Jeune et le P. Buteux allèrent y résider aussitôt que le logement fut

prêt à les recevoir,

Enfin, après avoir donné à sa chère colonie, de nombreux témoignages d'un dévouement sans bornes et d’une piété aussi ardente qu'éclairée, “ Champlain, comme dit si bien le P. le Jeune, prit une nouvelle naissance au Ciel le jour même de la naissance de notre Sauveur en terre; ” il mourut le jour

de: Noël, 25 décembre 1635, aimé et

RE respecté de tous ceux qui l'avaien

connu.

“Nous pouvons dire, continue le même Père, que sa mort a

été remplie de bénédictions.

Je crois que Dieu lui a fait cette faveur en Considération des biens qu'il a procurés à la N velle-France. Il avait v

OU écu dans une Srande justice et équité, dans une fidé.

lité parfaite cnvers son Roi et cnvers Messieurs de la Compagnie , Mais, à la mort, il Perfectionna ses vertus,

avec des sentiments de piété si grands, qu'il nous étonna tous, N

Quel amour

n’avait-il point pour les familles d'ici !

disant qu'il les fal!ait secourir puissamment, et les soulager en tout ce qu'on pourrait en ces nouveaux commencements, et qu’il le ferait si Dien

lui donnait la santé. Il ne fut pas

surpris dans les comptes qu’il devait

rendre à Dicu : il avait préparé de longue-main une confession générale, qu'il fit avec une grande douleur au P. Lalemant, qu'il honorait de son amitié. Le Père le secourut en toute sa maladie, qui fut de deux mois et demi, ne l’abandonnant point jusques

à la mort. On lui fit un convoi fort

ci! honorable, tant de la part du peuple, 1is- que des soldats, des capitaines et des

ce gens d'église. Le P. Lalemant y offcia, )m- et l’on me chargea de l’oraison funèbre, ien où je ne manquai point de sujet. Ceux

qu'il a laissés après lui ont occasion de se louer; que s'il est mort hors de France, son nom n’en sera pas moins

glorieux à la postérité,”

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