‹ Samuel de Champlain [microforme]Chapitre 14 sur 15 · CRE · texte numérisé non relu

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“ Oui, en ce qui heurte l'autorité du Roi et de Mgr. le vice-roi ; pour ce

qui est de votre traite et commerce,

suivant les articles de Sa Majesté, à

quoi il faut se tenir.”

Cela se passa ainsi,” dit Champlain,

Un jour que la plupart des habitants de Québec étaient occupés les uns à la pêche et les autres à chercher des racines, on vit paraître des vaisseaux derrière la Pointe-Lévis. Sur le flot, une chaloupes’avança avec un pavillon

blanc. Champlain fit mettre au fort un

drapeau de même couleur. La chaloupe aborde, et un gentilhomme an-

Du Lee glais s’en vient courtoisement lui présenter une lettre des deux frères Louis et Thomas Kertk, qui le sommaient de rendre la place, lui offrant une compo-

sition honorable.

Champlain répondit que l’état d’a-

bandon où il se trouvait ne lui permettait pas de faire la même résistance que l'année précédente ; que, cependant, les vaisseaux fissent attention de n'ap-

procher à la portée du canon que

me

lorsque la capitulation serait entière-

ment réglée.

Sur le soir, le capitaine Louis Kertk renvoya la chaloupe pour avair les articles de la composition, qui portait, en résumé : qu'on donnerait aux Français un vaisseau pour repasser en France ; que les otficiers au service de la compagnie pourraient emporter leurs armes, leurs habits et leurs pelleteries ; aux soldats l’on accordait leurs habits avec une robe de castor, et aux religieux leurs robes et leurs livres.

Ces conditions, signées de Louis et de

re- Thomas Kertk, furent acceptées le dix-neuf juillet par Champlain et Pont- Gravé, et approuvées ensuite à Ta-

rtk doussac par l'amiral David Kertk.

les

ait, Le capitaine Louis cependant avait

mis une restriction, au sujet des petites sauvagesses que Champlain désirait emmener ; le lendemain, les trois vaisseaux angluis étant entrés dans la rade, Champlain se rendit auprès de lui, anxieux de savoir pourquoi on ne voulait pas lui permritre de garder ces deux petites filles, qu'il instrui-

sait avec soin depuis deux ans, et qui

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lui étaient fort attaci,ses. Louis Kertk finit par lui accorder sa demande; ce que le général David cependant ne

voulut jamais ratifier, quelque suppli-

cation que lui en fit Champlain.

Avañt dé livrer la place, Champlain “ demanda quelques soldats pour empêcher qu'on ne ravageñt rien en la chapelle, chez les Pères Récollets, les Pères Jésuites, la veuve Hébert, et en quelques autres lieux; ce qui fut libéralement accordé. Le capitaine Louis descendit à terre avec cent cin-

quante hommes, et prit possession de

certk l'habitation et du fort. ‘“ Voulant déè, Ce loxer de mon logis, dit Champlain, t ne jamais il ne le voulut permettre, que ppli- je ne m'en allasse tout à fait hors de

Québec, me rendant toutes les sortes de courtoisies qu’il pouvait s’imaginer.”?

Il lui permit encore de continuer à faire célébrer la sainte-messe, et lui donna “ un certificat de tout ce qui

était tant au fort qu'à l'habitation.”

Le dimanche, 22 juillet, le capitaine Louis ‘ fit planter l'enseigne anglaise sur un des bastions, battre la caisse,

et assembler ses soldats, qu'il mit en

ordre sur les remparts, faisant tirer le canon des vaisseaux ; après, il fit jouer toute l’escopetterie de ses soldats, le

tout en signe de réjouissance,.”

# Depuis que les Anglais eurent pris

possession de Québec, dit Champlain,

les jours me semblaient des mois. ”

Louis Kertk lui permit de descendre à Tadoussac, en attendant le départ des Vaisseaux. Il laissa au capitaine anglais une partie de son ameublement, et s'embarqua sur le vaisseau de Thomas

Kertk.

ms

er le Au moment où Champlain allait ouer partir, Guillaume Couillard, gendre de s, le la veuve Hébert, et quelques autres

qui avaient leur famille, voyant que les Anglais les traitaient bien et voulaient les engager à rester à Québec, vinrent le trouver pour lui demander son avis. Il leur représenta qu'ils devaient avant tout considérer l'intérêt æt le salut de leurs âmes ; que, pour cette année, cependant, s’il était à leur place, il ferait la cueillette des grains, et, après en avoir tiré le meilleur parti possible, il s’en reviendrait en France,

si toutefois le Canada n’était rendu à

ses premiers maîtres. ‘“ Ils me remercièrent, dit-il, du conseil que je leur donnai ; qu'ils le suivraient, espérant néanmoins nous revoir la prochaine

année avec l’aide de Dieu.”

Champlain quitta Québec le 24 juillet, avec Thomas Kertk. Le lendemain, comme on était par le travers de la Malbaie, on apercut, du côté du nord, un vaisseau qui mettait sous voile, et tâchait de gagner le vent,

pour éviter la rencontre. Il se trouva

que c'était Emeric de Caen. Le capi-

taine anglais commanda d'approcher,

‘emeTre pour le saluer de quelques canone leur nades, “ qui lui furent aussitôt réponpérant dues par autres coups de meilleure chaine amonition.” Comme il voulait en venir

à l’'abordage, il fit descendre Cham-

plain et les autres français sous le

le 24 tillac, et clouer les panneaux sur eux.

lende- Le vaisseau anglais aborda debout, et

ravers <ramponna une patte de son ancre à

oté du celui d'Emeric de Caen; de manière sous que les assaillants ne pouvaient entrer vent, que par le beaupré, un à un, et ceux

rouva qui risquaient le passage étaient sûrs

> capi- À de se faire massacrer les uns après les

ocher, autres. En attendani, l'équipage de,

Kertk se faisait foudroyer. Une partie de ses hommes se jetèrent au fond du vaisseau, et il se vit oblisé de les faire remonter à coups de plat d'épée. Enfin Emeric de Caen, craignant peut-être de ne pouvoir conserver longtemps l'avantage de sa position, voyant d’ailleurs approcher les deux pataches anglaises, cria : Quartier ! quartier !

Thomas Kertk ne se fit pas prier; le

combat cessa de part et d'autre.

Emeric de Caen, apprenant que Champlain était à bord du vaisseau

anglais, demanda à lui parler, On fait

ouvrir les panneaux, et Kertk, d’un ton un peu embarrassé, dit à Champlain :

“ Assurez-vous que si l’on tire du vaisseau, vous mourrez. Dites-leur qu'ils se rendent ; je leur ferai pareil traitement qu'à votre personne ; autrement, ils ne peuvent éviter leur ruine, si les deux pataches arrivent plus tôt que la composition ne soit faite.” — “ Il vous est facile, répondit Champlain, de me

faire mourir en l'état que je suis.

Vous n’y auriez pas d'honneur, en dé-

rogeant à votre promesse et à celle de votre frère. Je ne puis commander à

ces personnes-là, et ne peux empêcher

Re —————— ———

qu'ils ne fassent leur devoir.” Il con:

sentit nésumoins à les engager à

accepter une composition équitäble ; ce qui se fit fort à propos, car, ur moment après, les deux pataches arrivaient sur eux. Kertk leur fit défense

de rien faire au vaisseau français.

& L’exécution faite, dit Champlain, nous nous en allâmes à la rade de

Tadoussac, trouver le général Kertk.”

Celui-ci, content de cette prise, fit à

Champlain un fort bon accueil.

Pendant son séjour à Tadoussac,

ns Où À nu ii

Sam: el de Champlain

RRREr S

Dh Champlain eut accasion de faire de à sévères remontrances aux perfides tru le : | chements Etienne Bruülé, Nicolas Marui soilet et quelques autres, en particulier rri- au ‘traître Jacques Michel, qui s'était nse vendu aux Anglais, et s'était chargé de les piloter dans le fleuve.

in, de L’amiral David blâma fortement son k” frère Louis, d’avoir donné si facilement à l certificat que lui avait demandé

Champlain, et qui contenait l'inventaire de tout ce qui avait été trouvé à

l'habitation de Québec, prétendant ï

qu'il ne l'avait autorisé qu'à accepter

les articles de la capitulation,

La flotte anglaise quitta la rade de Tadoussac au mois de septembre, et repassa en France avec Champlain et tous ceux qui ne voulurent point rester à Québec, c'est-à-dire, Pont-Gravé et les employés de la traite, les religieux récollets et jésuites, et ceux qui, n'ayant point leur famille, n'avaient aucune raison de sympathiser avec de

nouveaux maitres.

Le 27 octobre, Kertk était à Douvre,

d'où Champlain écrivit à M, de Lauson

pour le prévenir qu’il allait se rendre

à Londres auprès de l'ambassadeur

francais, et qu'il prit des mesures né-

cessaires pour sauvegarder les intérêts

de la société et du roi.

En arrivant à Plymouth, l'amiral

Kertk fut bien fâché d'apprendre que

la paix avait été conclue entre la

France et l'Angleterre avant la prise de Québec.

Champlain demeura près de cinq

semaines à Londres, auprès de l’am-

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bassadeur. “Je donnai, dit-il, des mémoires, et le procès-verbal de ce qui s'était passé en ce voyage, l'origi.

nal de la capitulation et une carte du pays pour faire voir aux Anglais les découvertures et possession qu'avions prise du dit pays de la Nouvelle- France premier que les Anplais.” Trouvant enfin que les négociations traînaient: en longueur, il obtint de l'ambassadeur de pouvoir se rendre en France. M. de Château-neuf le laissa partir avec l'assurance que le roi d'Angleterre consentirait à rendre le fort et l'habitation de Québec.

Ce re fut qu’au printemps de 1632, le 29 mars, que les difficultés furent définitivement réglées par le traité de Saint-Germain-en-Laye. Le temps que Champlain passa en France, fut employé à publier une nouvelle édition de tous ses Voyages, ou plutôt une histoire complète de tout ce qui s'était passé en Canada depuis la fondation

de cette colonie.

Comme la prise de Québec, par les Anglais, avait causé à M. de Caen de graves dommages, il semblait juste de

lui fournir l’occasion de réparer ses

pertes. En conséquence, le roi lui accorda la jouissance des revenus du pays pendant une année, après laquelle Champlain devait reprendre son ancienne charge. Emeric de Caen fut donc envoyé à Québec, comme commandant, non-seulement de la flotte, mais encore de toute la colonie. Sous ses ordres fut placé le sieur du Plessis- Bochart, dont la présence était propre à contrebalancer les tendances calvi.

nistes du chef.

Au moment où elle allait prendre la

direction de la colonie, la compagnie

des Cent-Associés crut devoir user de

beaucoup de prudence dans le choix de celui qu’on enverrait pour la gouverner. Personne ne parut plus propre que Champlain à remplir cette charge importante. 1l fut donc présenté par les associés au cardinal de Richelieu, qui, par une commission en date du

premier mars 1633, le nomma son

lieutenant ‘“:n toute l'étendue du

fleuve Saint-L iurent et autres.”

Champlain partit de Dieppe, le 23 mars 1633, avec trois vaisseaux bien

équippés, le Saint-Pierre, le Saint-Jean

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et le Don-de-Dieu ‘La petite flotte

portait près de deux cents personnes,

tant mariniers que colons, les Pères Ennemond Massé et Jean de Brebeuf, une femme et deux petites filles. An moment d'entrer dans le golfe, une violente. tempête de nord-ouest l’oblisea de.relâcher à Sainte-Anne du Cap- Breton; peu après, une seconde bourrasque la contraignit d'aller chercher un refuse à l’île de Saint-Bonaventure.

Enfin, au bout de deux mois, jcur pour jour, le vaisseau qui portait Champlain

mouilla devant Québec, le 28 mai

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