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soixante :
pagnent 4
Champlain était de retour en Lspegne vers le commencement de .mars 1601. Lervaisseau dont it s'était chargé, dnt être retenu encore quelque temps, avant de pouvoir ‘faire voile pour un autre port. De manière qu’il ne rentra probablement en France que vers la fin de cette année, sinon au commen-
cement de 1602
Le rapport consciencieux et fidèle de son voyage aux Indes-Occidentales, fut, sans doute, ce qui engagea le roi
Henri IV à accorder une pension à
Champlain, et ce fut peut-être aussi
—— ts. ns
pour la même raison que le commen
deur de Chaste jeta les yeux sur lui {
pour l'accomplissement des grands Î
desseins qu'il avait formés, ct “ dont £ n ; je pourrais, dit Champlain, rendre de
bons témoignages, pour m'avoir fait
RO Re
l'honneur de m'en communiquer quel-
que chose.” | je
Après la mort du sieur Chauvin, M. 4 vc
de Chaste, ayant obtenu une nouvelle ; ju,
conduite d’un premier voyage d’explo- À co:
ls
ration, ‘ pout en faire son rapport, et !
donner ordre ensuite à un second !
lui-même en personne, décidé à congrands # sacrer le reste de ses jours à l’établisse-
t « dont : ment d’une bonne colonie chrétienne
ommean Î embarquement,” auquel il se joindrait ndre de : dans cette partie du Nouveau-Monde. roir fait | | er quel- Sur ces entrefaites, dit Champlain, | je me trouvai en cour, venu fraîche- | ment des Indes-Occidentales. Allant vin, M. | voir de fois à autre le sieur de Chaste, ouvelle } jugeant que je lui pouvais servir en vé dela .son dessein, il me fit cette faveur, d'explo- l comme j'ai üit, de m'en communiquer
port, et fquelque chose, et me demanda si
: mA] e 2 ù second #J AUTals agréable de faire le voyage,
nn
-pour voir ce pays, et ce que les entre- « C
e 4 . .preneurs y feraient.” L':
Pareille démarche de la part d'un à homme de l’âge et de l'expérience du 1 Fe commandeur de Chaste, était un témoi- po gnage bien flatteur de l'estime qu'il L
faisait de son mérite. | “po
A cette demande, Champlain, à qui ;
le Roi avait, depuis peu, assuré une é
pension, répondit au commandeurque T a cétte commission lui serait très-agré. le able, pourvu que Sa'Majesté y donnâ! fra “son'consentement ; ceque'M. deChraste el
“se Chargea volontiers d'obtenir, "M. de | en
. Gesvre, gecrétaire des commande.
| ments du roi, lui expédia en forme
une lettre d'autorisation, ‘“ avec lettre
art d'un :
| adressante à Pont-Gravé, pour. que ence du :
- celui-ci le reçût en son vaisseau, luifit in témoi- |voir et reconnaître tout ce qu’il pour.
me qu'il.
4 ‘rait, et l'assistât de ce qui lui serait ‘possible en cette entreprise.” in, à qui.
uré une “ Me voilà expédié, dit-il, je pars de
deurque iParis, et m'embarque dans le vaisseau rès-agré. À “de du Pont, l'an 1608” Le vaisseau
donnâl fartit de Honfleur, le 15 de mars, et e'Chast relacha au Havre-de-Grâce, d'où il put
emettre à la voile dès le lendemain.
22 Samuel de Clamplain
Le voyage fut heurerx jusqu'à Tadoussac, c’est-à-dire, que la traversée se fit sans accident ou sans malheur bien grave; car, du reste, clle fut passablement orageuse, et dura plus de deux mois ; le vaisseau n’entra dans le havre
de Tadoussac aue le 24 de mai.
Quelques bandes de Montagnais et d'Algonquins, cabanés à la pointe aux Alouettes au bas d'un petit côteau, attendaient l'arrivée des Francais, Pont-Gravé, dans un voyage précédent, avait emmené en France deux
sauvages, et il les ramenait cette année,
Taversée alheur t passa le deux
chavre
nais et itc aux
côteau,
année,
| Î au-delà du grand lac. Le lendemain, il
“ afin qu'ils fissent à leurs compatriotes
le récit de tout ce qu'ils avaient vu
| alla, avec Champlain, les reconduire à * la cabane du grand sagamo, Anada- { bijou.
C’est ici que commence cette alliance | que la plupart de nos historiens n'ont | pas assez remar quée; alliance qui nous * donne la clef d'une des grandes dif-
ponts de notre histoire, et la raison “véritable de l'intervention des armes k: | ï
françaises dans les démèêlées des na-
“tions indigènes.
“ L'un des sauvages que nous avions amenés, dit Champlain, commença à faire sa harangne, de la bonne réception que leur avait fait le Roi, et le bon traitement qu'ils avaient reçu en
France, et qu'ils s'assurassent que sa
dite Majesté leur voulait du bien, ct désirait peupler leur terre, et faire ‘ paix avec leurs ennemis, qui sont les # Iroquois, ou leur envoyer des forces #88:
pour les vaincre. Il fut entendu avec
un silence si grand qu'il ne se peut
dire de plus. ”
Jusqu'ici, on pourrait croire que
1 u 1 , 1 savions Porateur n'agit que comme simple
ença à articulier, et que ce silence profond
récep- d'est que l'effet d'une curiosité toute
i et le #aturelle. Mais, que l'on pèse bien u É
recu en toutes les circonstances du récit de
que sa Champlain, et l’on y verra autre chose
bien, ct que des discours de bienvenue.
Le ?
et faire
“La harangue achevée, le grand sâgamo, l'ayant attentivement ouïie, commença à prendre du petun, et en
se peut donner à Pont-Gravé et à Champlain, f à quelques autres sagamos 1 œ à quelq g qui étaient auprès de lui. Ayant bien
Btuné, il fit sa harangue à tous,” dans:
laquelle il insista sur les grands avantages que leur apporteraient l'amitié et la protection du grand chef des Français. Tout se termina par un grand festin, ou éabagie, et des danses
solennelles,
Ces harangues prononcées devant une assemblée de mille personnes ; cette cérémonie surtout de la présentation du calumet, suivant la coutumo des sauvages, sont des preuves évi.
dentes, que l'on entendait, de part ct d'autre, s'engager à une alliance offen-
sive et défensive que l'on regardait
péc
ds avanl'amitié hef des par un
s danses
devant sonnes ; présenoutumo res 6vipart ct c offen-
gardait
tomme les préliminaires indispensables d'une tentative d'établissement Comme le voulait faire le commandeur
de Chaste.
Pont-Gravé et Champlain, avec quelques matelots, se jetèrent dans un petit bateau fort léger, et remontèrent lo fleuve jusqu'au grand Saut (Saint- Louis), afin d'examiner conjointement les lieux les plus favorables à uno habitation, décidés à pousser leurs investigations, s'il était possible, juse qu'aux sources même de la grande ti vière de Canada ; ce qu'aucun Euros
éen n'avait encore pu exécuter,