L'ÉVÊCHÉ DE JÉRUSALEM
duché de Posen en 1799 et versé dans la connaisance du Talmud. Il était précepteur dans une famille juive en Angleterre lorsqu'il fut initié par le pasteur Golding à la connaissance du christianisme. Il se fit baptiser à Plymouth eu 1825. Ordonné prêtre par l'archevêque de Dublin en 1827, il entra ensuite au service de la Société pour la Mission auprès des Juifs, en qualité de professeur d'hébreu et de littérature rabbinique au collège royal de l'université de Londres.
On avait proposé avant lui pour évêque de Jérusalem le révérend Dr. Mac Caul, président de l'institut des prosélytes juifs à Londres, homme distingué par ses connaissances hébraïques ; mais il avait décliné cet honneur qui devait revenir selon lui à un descendant d'Abraham ; et c'est lui qui avait proposé le Juif converti Alexandre.
Ce fut donc ce dernier qui, ordonné évêque par l'archevêque de Cantorbery le 7 novembre 1841, arriva et entra en fonction à Jérusalem le 21 janvier 1842. H amenait avec lui un homme d'une grande valeur, le missionnaire auprès des Juifs Ewald, israélite d'origine, né à Bamberg, et qui, ayant déjà travaillé à Tunis, connaissait parfaitement la langue arabe. Deux autres aides accompagnaient l'évêque, savoir le chapelain William, de la haute-église anglicane, et le docteur en médecine Mac Gowan. Ils trouvèrent à Jérusalem le missionnaire Nicolayson, du Schleswig, qui travaillait déjà depuis de longues années au service de la Mission anglaise auprès des Juifs.
Les autorités turques firent à l'évêque et à son aide un assez bon accueil. Une lettre fraternelle du primat d'Angleterre fut remise par le nouvel évêque au patriarche arménien, pour tenir lieu de présentation. La
Société pour la Mission auprès des Juifs, dont le président était lord Ashley, trouva, à l'aide d'une généreuse bienfaitrice, Miss Cook, les moyens de faire bâtir sur le mont de Sion l'église de Christ, ou du moins d'en poser les fondements; car cette chapelle ne fut achevée et inaugurée qu'en 1849. Les commencements de cette œuvre pour le règne de Dieu furent difficiles. La construction de l'église de Christ fut suspendue dès 1842 par ordre du sultan, et si l'on put la continuer quelques annéer. plus tard, ce fut grâce aux efforts du célèbre ambassadeur anglais à Constantinople, lord Radcliffe. Mais déjà avant la fin de l'année 1845 l'évêque Alexandre terminait sa carrière. Il mourut en route dans un voyage en Angleterre. Voilà où en était l'œuvre lorsque S. Gobât arriva à Jérusalem, le 30 décembre 1846. La communauté, dirigée dans l'intervalle par le missionnaire Nicolayson, comptait quarante à cinquante communiants. On offrit pour demeure à l'évêque et à sa famille une maison toute meublée qu'on avait louée d'un riche Juif. Le révérend Douglas Veitch, qui dirigeait l'Institut hébreu, devint le chapelain du nouvel évêque, et demeura jusqu'à sa mort son ami fidèle et dévoué. Dans cet institut on enseignait à quelques prosélytes juifs la théologie et les langues modernes. Une maison de travail offrait aux Juifs pauvres l'occasion d'apprendre un métier et de gagner quelque argent. Du reste il n'y avait encore point d'écoles évangéliques ni à Jérusalem ni ailleurs. Gobât se trouvait être de tous les évêques celui qui avait la plus petite église et le plus vaste champ de travail, puisque son diocèse comprenait la Palestine, la Syrie, l'Assyrie, la Chaldée, l'Asie mineure, l'Egypte et l'Abyssinie.