L’ancien pays des Ouô tsiu
était situé à la frontière nord-est actuelle du Tchao sian. — Le IV en hian thoung khao dit : « Ouô tsiu est à l’est de la grande montagne de Kcü ma (Voy. page 100), dans le pays des Kao kiu li; il s’étend sur les bords de la grande iner, dans une longueur d'environ 1,000 IL Au nord il est limitrophe avec le Yleou et le Fouyu; au sud il a les IV eï me. On y compte cinq mille familles. 11 n’y a ni grand chef ni roi ; chaque hameau ou village a son chef. Le dialecte des
habitons diffère un peu de celui des Kao kiu li. Quand Weï man régnait dans le Tcliao sian, tous les Ouô tsiu lui obéissaient. Sous l’empereur Wou ti de la dynastie des Han , dans la troisième des années Yuan fang(io8 avant J. -C.), les villes des Ouô tsiu furent réparties entre quatre principautés, qui plus tard furent conquises par les Inië. Le siège de ces principautés fut alors transporté au nord-ouest des Kao kiu li, dans une ville qu’on regarde à présent comme l’ancien cheflieu de Hiuan thou. Les Ouô tsiu revinrent dans le Lô lang, et comme ces vastes contrées étaient trop éloignées pour les Han (Chinois), et situées à l’orient de la grande chaîne des montagnes Tan tan lin g (Voy. page 72), ils y établirent un Tou woï ou une administration locale des tribus orientales, dont le chef-lieu était Pou naï. Cette ville avait sous sa juridiction sept Hian situés à l’est de la montagne. A cette époque le pays des Ouô tsiu formait le territoire de ces Hian. Dans la sixième année de l’empereur Kouang wou ti de la dynastie des Han ( 3 o de J.-C. ), on supprima toutes ces principautés limitrophes et leur gouvernement. Plus tord, on divisa tout ce pays par Hian, régis par des chefs nommés San lao (les trois anciens). C’est ainsi que l’administration par Hian fut maintenue dans cette contrée. — Sous les Weï, Mou khieou kian punit les Kao kiu li ; leur roi nommé Koungse retira dans le paysdesOuô tsiu septen-
CORÉE
trionaux, appelé aussi Tchi kè leou, et qui était éloigné de plus de 800 li de celui des méridionaux. Cependant les mœurs et les usages des méridionaux et septentrionaux étaient les mêmes. I-es derniers étant limitrophes des Y leou, ceux-ci avaient l’habitude de venir dans des vaisseaux faire des descentes sur leurs côtes et les piller. Aussi les Ouô tsiu septentrionaux les craignaient beaucoup. Pendant l’été ils tenaient constamment des hommes armés dans les défilés et les ravins escarpés des montagnes pour en garder le passage ; cependant comme en hiver les eaux étaient glacées et que les vaisseaux 11e pouvaient pénétrer dans leur pays, ces gardes allaient alors habiter dans les villages au pied des montagnes. Iæ roi Khi (des Ouô tsiu) envoya chercher Koung, pour qu’on l’amenât afin de le punir. Ses émissaires, arrivés à la frontière la plus orientale du pays, demandèrent à un vieillard s’il y avait des hommes au-delà et à l’orient de la mer. Celui-ci leur répondit : « Des habitans de ce pays s’étant embarqués pour aller à la pèche, furent assaillis par un coup de vent qui , ayant souillé avec force pendant dix jours, les fit arriver à une île habitée par des hommes dont ils ne comprenaient pas la langue, et qui ont l’ancienne habitude, de noyer à la septième lune une jeune vierge dans la mer ». Le même vieillard raconta aussi qu’il y avait un autre pays au milieu de
la mer, habité par des femmes sans aucun homme. On disait que, simplement vêtues d’un habit de toile, elles se jetaient dans la mer et la passaient à la nage. Quant à leur corps, elles ressemblaient à des chinoises, et leurs habits avaient des manches, longues de trois toises. Leur pays est au milieu de la mer des Ouô tsiu.