L’ancien royaume de A*ft Kao kiu
h avait pour capitale la ville de Kao kiu li tchhing , située au nord-ouest de Hian hing fou de nos jours.
11 faut remarquer ici qu’il y avait en Corée deux pays appelés Kao kiu li. L’un est celui dans lequel Khi tsu fut établi prince de Tchao sian. C'était selon le Han chou, la contrée où furent les principautés de Lô lang et de Tchao sian. Un
autre Kao kiu li, appelé aussi W Kao li,
était, selon le même Han chou, la principauté de Hiuan thou. Sous les Han postérieurs, le Kao kiu li était à 1,000 li à l’est du Liao toung; au sud il avait leTchao sian et les Wel mê, à l’est de Ouô tsiu et au nord le Fou yu ; ce pays s’étendait à 200 li , il était hérissé de hautes montagnes et entrecoupé de vallées profondes, le long desquelles on voyait dispersés les villages et les hameaux des habitans qui, selon la tradition du pays, étaient d’une race différente de celle des Fou yu, avec lesquels ils se mêlèrent plus tard.
5. L’ancien pays des ^ San han. Les provinces actuelles de la Corée nommées
Houang haï et Tckoung thsing, étaient la patrie des ^ Ma han ; le Thsiuan lo fut celle
des ^ Pian han; le Khing ehang, celle
des ^ J ^ Chinhan. On lit dans l’introduction
du Chou king, que Tchhing wang (second empereur de la dynastie deTcheou, de 1 1 1 5 à 1079 avant J.-C.), fit la guerre aux Toungi, ou tribus orientales. Le commentaire ajoute : « Tous les royaumes de l’orient appartiennent aux Kiu li,
aux Fouyu et aux Han me.» La glose
du S/.u ki dit : « Dans l’histoire des Man , il est
parlé des Kao kiu li, du Fou yu et des 5 ^ Han.
Quant aux caractères et ^ ils sont prononcés tous les deux Han , et ne diffèrent que pour la forme. Selon l’histoire des Han postérieurs , il y avait trois espèces de Han, les Ma han , les Chin han et les Pian han. Les Ma han étaient à l’ouest, et se composaient de cinquantequatre tribus, au nord ils étaient limitrophes avec la principauté de Lô lang; au sud (à l’est) , ils avaient le Japon. — Les Chin han étaient à l’orient, et comptaient douze tribus; ils avaient les IV °ï me au nord. Les Pian han habitaient au sud des Chin han, et se composaient égale-
CORÉE
ment de douze tribus. Ils avaient le Japon au sud (sud-est). Toute la nation des Han était donc divisée en soixante-dix-huit tribus. Le même ouvrage ajoute que c’est elle qui fonda le royaume de Pô tsi. Les grandes tribus étaient de dix mille familles, et les petites de mille. Elles habitaient toutes dans le pays situé entre la mer et les montagnes, et qui pouvait a voir plus de 4<>oo li carrés d’étendue. A l’est et à l’ouest, leur territoire était baigné par la mer, et c’est celui qui, dans les temps anciens, fut appelé le royaume de C /un. — Les Ma han étaient très puissans. De leur race, était le Chin wang, ou roi de Chin. Il résida dans la tribu de Mou tclü, et régna sur tout le pays des San han.
Le Houan y u Az dit : a Les anciens des Chin han prétendent descendre des membres de la dynastie des Thsin, chassés de la Chine, lesquels ayant souffert beaucoup d’infortunes dans leur fuite, arrivèrent enfin dans le pays des Han. Les Ma han étendirent alors leur frontière orientale pour qu’ils y habitassent; ils s’y établirent dans des bourgs et des villes murées. Leur langage était celui des Thsin. C’est pour
cette raison qu'on les appelle aussi les tfê. ^
Thsin han. Leur roi était toujours de la race des Ma han. Ils avaient une noblesse héréditaire; mais aucun Chin han ne pouvait devenir roi, parce qu’ils descendaient de ces exilés. Ilsap-
pelaient un royaume pang, un arc hou, un brigand kheou, faire du vin hing chang , parler tous ensemble thou. Les petits endroits avaient des chefs appelés Khiu chai; ceux des grands portaient des noms de Tchhin tchi, Hian tsë, Fan tve'i, Oui hi, Ÿ tsie. Ces peuples se tatouaient le corps; ils se battaient bien, et avaient les mêmes armes que les Man han. — Les Pian luin habitaient dispersés parmi les Chin han, et leur ressemblaient pour le langage ainsi que pour les mœurs et usages. Ils en différaient pourtant dans leur manière de sacrifier aux bons et mauvais génies, et plaçaient toujours le foyer à l’ouest de la porte. Tsun, roi de Tchao sian , ayant été battu par IVèi man (Voy. pages a 5 , 73 et 11 3 ), réunit environ mille hommes des siens, avec lesquels il s’embarqua et attaqua les Ma han, qu'il défit. Il prit alors le titre de roi des Han. Plus tard , Tsun ayant été tué , un homme des Ma han se fit roi et reprit le titre de Chin wang. Sous le règne de Kouang i vou ti (de 24 à 57 de J.-C.), de la dynastie chinoise des Han, un homme nommé Sou nui ti de Lian szu, dans le pays des Ma han, arriva avec les siens à Lô long et y apporta le tribut. L’empereur le créa prince de Mo lian szu. Son pays resta soumis à la Chine jusqu’à la fin du règne de Lin g ti (167 à 189 de J. -C.). A cette époque, les Han et les Wei étant devenus trop puissans , il ne fut plus
CORÉE
possible aux Chinois de maintenir les principautés et les préfectures qu’ils avaient établies dans leur pays. Le peuple était réduit à la misère par les troubles qui l'avaient déchiré, et beaucoup d’exilés arrivèrent dans le pays des Han. Dans les années Kian ngan (de 1 96 à a 1 9) , Kung sun khang (Voy. page 85 , 86 et 87), établit dans le pays non habité au sud des préfectures chinoises, la principauté Tàifang kiun. Il réunit le reste des habitans avec lesquels il combattit les Han et les Weï. Autrefois les peuples de ce canton se tenaient sur leur garde, mais plus tard il fut envahi par les fVo (Japonais) et les Han. Au commencement de son règne (vers 228), l’empereur Ming ti, de la dynastie des Weï , nomma Lieou hin gouverneur de la principauté de Taï fang kiun, et Sianyu szu, gouverneur de celle de Lô lang, et les envoya par mer dans ce pays pour y rétablir l’ordre. Le Lô lang faisait primitivement partie des possessions des Han , mais huit tribus des Chin han , s’étant brouillées avec eux , s’en étaient séparées et avaient occupé ce pays. Sous fVou ti des Tsin, dans les années Hian ning ( 275 à 279), le roi des Ma han se présenta à la cour de cet empereur; depuis ce temps on n’a plus entendu parler d’eux.
Il faut remarquer que les Trois Han ont été continués par les Pè tsi et le Sin lo, qui étaient de la même race qu’eux.