ÎLES INHABITÉES
ral qu’on trouve dans cet archipel, sont l’alun , le vitriol vert, des pierres de différentes couleurs, des pétrifications et d'autres.
Dans la mer il y a des baleines, de grands homards (i), d’énormes coquillages et des oursins, qu’on appelle fiel de mer. L’Océan y est généralement riche en production variées.
Dans la troisième des années Ghen Jo(i6y5), Simaye Saghemon, Biso Saghemon et Simaye daird Saghemon , tous les trois habitans de Nanga-saki, firent un voyage par mer jusqu'à la province A'Ydzou; ils étaient montés sur une grande jonque construite par un maître charpentier chinois. Ces trois hommes, très instruits en astronomie et en géographie, étaient accompagnés de Fatohe, premier charpentier de la marine du port de Yedo, qui avait sa demeure dans la petite rue des Filets. Leur bâtiment était conduit par trente matelots. Après avoir pris un passe-port de la marine impériale, ils quittèrent le port de Simota le cinquième
(i) En chinois, Ta hai lo à * c’est-à-dire vieil-
lard de mer. En japonais, Oo jrebi. Yebi signifie Homard; il est synonyme du chinois Haï hia qui est le nom qu'on
donne aux grandes écrevisses de mer, appelées ordinairement Loung hia jfx. Ksempfer rapporte aussi qu'on trouvait
dans îles Boune sima , de grandes écrevisses dont quelques-unes avaient de 4 à 5 pieds de long. Kl..
jour de la quatrième lune, et se dirigèrent sur l’ile de Fa tsio. De là ils naviguèrent vers le sudest, et trouvèrent un groupe de quatre-vingts îles. Ils en dressèrent la carte et une description exacte, dans laquelle se trouvent des détails curieux sur la situation, le climat et les productions de cet archipel. Ils revinrent, le vingtième jour de la sixième lune de la même année, à Simota, où Simaye publia la relation de son voyage.
II est remarquable que cet auteur ne fait aucune mention du courant rapide Kouro se gawa, qui se fait sentir entre les îles Mikoura et Fa tsio. Sa largeur surpasse vingt matsi; il court avec une grande vitesse environ cent ri de l’est à l’ouest. Cette omission serait inconcevable, si ce courant n’était pas beaucoup moins fort en été et en automne, qu’il ne l’est en hiver et au printemps. Simaye, allant à Mou nin sinia, l’avait passé dans les premiers jours de la lune intercalaire qui suivit le quatrième mois; en retournant, dans les derniers jours de la sixième lune, il doit avoir trouvé la rapiditédu courantmoins forte; de sorte qu’il n’a pas fait attention à ce passage dangereux.
Ua plus considérable des quatre-vingts îles a i 5 ri de circuit; elle est donc à-peu-près de la grandeur de celle d’ Yki. Une autre à 10 ri de circonférence, et égale en grandeur l’île d ' Amakousa (Tian thsao). Outre ces deux, il y en a
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encore huit qui ont de 2 à 6 et 7 ri de circuit. Ces dix îles ontdes terreins plats qui pourraient devenir habitables, et sur lesquels les céréales réussiraient très bien. Le climat y est chaud et favorable à la culture, comme on peut le conclure par leur position géographique. Il y a différentes productions précieuses. Les autres soixante-dix îlots ne sont que des masses de rochers escarpés qui ne produisent rien.
On a envoyé dans ces îles une colonie de voleurs condamnés aux travaux forcés; ils y cultivent la terre et ont fait des plantations. Ils se sont réunis en villages : et on y recueille les memes choses que dans les autres provinces de l’empire. On pourrait aller à ces îles, et en rapporter les productions dans la même année, les relations commerciales s'établiraient facilement de cette manière, et le bénélice qu’on en retirerait serait considérable. Cela saute aux yeux.
Dans les années Anyéi (de 1771 à 1 78) , je fus envoyé avec une commission dans la province de Fisen. J’y Iis la connaissance d’un Hollandais nommé Aarend IVerle Veit , qui me communiqua une Géographie (Ze o gà ra fi), dans laquelle il est fait mention des îles situées à 200 ri au sud-est du Japon, et que l’auteur appelle IVoest Eiland. Le mot IV oest signifie désert, et eiland (o wyeirand, comme on le lit dans l’original), île. Il dit que ces îles ne sont pas habi-
tées, mais qu’on y trouve plusieurs espèces d’herbes et d’arbres. Les Japonais pourraient établir une colonie sur une de ces îles, sur laquelle les céréales et d’autres productions prospéreraient. Malgré la longueur de la navigation, cet établissement serait utile pour eux. Quant à la compagnie hollandaise ( Oran konfania ), elle ne retirerait que très peu de profit de la possession de ces îles, qui sont trop éloignées et trop petites pour elle.
J’ai cru devoir rapporter ces paroles qui méritent qu’on y réfléchisse, et je termine par elles, ce que j’ai voulu dire sur les îles Mou nin sima.