‹ San kokf tsou ran setsChapitre 7 sur 64 · DE LA CORÉE · texte numérisé non relu

DE LA CORÉE

(Traduite de la grande géographie chinoise, intitulée Tai thsïng y tkoung tcki). (l)

La capitale du Tchao sian est à 1 800 li de la ville de Ching king ( Moukden ). Ce pays I a 2000 li de l’est à l'ouest, et 4ooo du sud au nord. De la capitale il y a à l’est jusqu’à la mer 770 li, au sud jusqu’à la mer i 3 oo li, au sud-ouest jusqu’à la mer 800 li , au nord-est jusqu’au fleuve Yà loü kiang 750 li , enfin au nord jusqu’à Kieou lian tchhing 1 1 1 5 li. Le chemin par lequel son tribut arrive à Peking, est de 3096 li, et passe par Fung houang tchhing.

Situation astronomique.

Ce pays se trouve sous la constellation Khi sing (premier y, 4 o 53 , t du sagittaire) et sous l’influence de l’astre Tsin (y du cygne).

(1) Section CCCLI1I , de l’édition de 17.14.

CORÉE

, Notice historique.

Anciennement ( 1 ) la Corée faisait partie des pays situés en dehors des limites de la province de Young tcheou. Les Tcheou y établirent Khi tsu (s). A l’époque des Royaumes combattons {Y), cette contrée fut soumise aux Yan (4). Sous les Thsin elle était au-delà des frontières du Liao toung. Au commencement de la dynastie des Han elle dépendait encore des Yan; mais quand Lou ivan, roi de Yan se sauva chez les Ilioung nou, un homme de ce pays nommé Wei man vint en Corée , et après avoir prêté obéissance à Ki tsun , descendant de Khi tsu , il se fit roi du pays , et établit sa résidence à tK ang hian.

Nota. « On lit dans le commentaire So yn

(i) C'est-à-dire dan* le* premier* temps de la monarchie chinoise, et après que Vu le Grand eut divisé la Chine en neuf provinces , dont Young tcheou était celle du nord-est. Kl,

(i) Khi tsu était un membre de la famille impériale des Chang, qui fut détrônée par H'ou u ang roi de Tcheou. Khi tsu ne voulut accepter aucun emploi sous ce dernier qui le fit alors roi de Corée. Kl.

(3) En chinois Tchen koui , c'est la période comprise entre ,o 1 et aaa avant notre ère, qui porte ce nom dans les annales de la Chine , alors divisée en un grand nombre de petits royaumes qui se faisaient la guerre entre eux. Kl.

(4) Petit royaume dans le nord de la province chinoise de Tchf li. Il a duré depuis ■ i il jusqu’en lia avant J.-C. Kl.

« du Suz ik , qu’il y avait dans le Liao toung une « ville appelée Hian toü hian , ancienne rési- « dence des rois de Tchao sian. »

Du temps de l’empereur Hoei ti des Han (de 194 à 188 avant J.-C.), une étendue de 1,000 li dans ce pays était occupée par les Wei më, mêlés avec les Kao kiu li et les Ouô tsu. Le fils et Yeou kiu petit-fils de Wei man régnèrent sur eux. Dans la troisième des années Yuan fung (108 avant J.-C.), l’empereur Wou ti ordonna à l’amiral Yang pou, d’attaquer ce dernier et de détruire sa puissance; son pays fut ensuite partagé en quatre principautés nommées Lô lang, Lin tun, Hiuan thou et Tchin fan. Du temps de l’empereur Tchao ti (de 86 à y4 avant J.-C.), on réunit les deux principautés de Lin tun et de Tchin fan à celle de Hiuan thou, et on transporta la capitale dans le nord-ouest des Kao kiu li. Les Ouô tsu et les Wei me furent placés sous la juridiction de sept hian ou villes du troisième ordre, qui dépendaient du Tou wei, ou administration locale des tribus orientales de Lô lang. Dans la sixième des années Kian wou (3o de J.-C.) de l’empereur Kouang wou ti , cette administration locale fut supprimée, et l’on abandonna le territoire des sept hian. A la première des années Yang kia ( 1 34 de J.-C. ) de l’empereur Chun ti , on établit dans le Hiuan thou six tribus en colonies militaires. A la fin de la dynastie des Han , un homme

COBKF.

du pays de Fouyu (i), dont le nom de famille était Kao, s'empara de la Corée, et donna à son royaume le nom honorifique de Kao li ou Kao kiu li.

Nota. « T Itou c/udit dans son Thoung t/an :

« Les Kao kiu li sont originaires du Fou yu.

« Leur premier ancêtre fut Tchu mung. Sa mère « était fille du Ho pô (Prince du fleuve) et « épouse du roi de Fou yu. Elle devint enceinte « par un rayon du soleil, et mit au monde un « fils qui reçut le nom de Tchu mung, ce qui « signifie (en langue du pays) un bon archer. Ses « compatriotes ayant voulu le tuer, Tchu mung « quitta le Fou yu, se dirigea vers le sud-est, a passa la rivière Pou chou, arriva à la ville « du royaume de Khe ching , où il s’établit; il « donna à sa dynastie le nom de Kao li, et prit « pour nom de famille celui de Kao. »

A l’époque des trois royaumes, dans la cinquième des années Tehing chi (î 44 de J.-C. )' desVVeï , le commandant des troupes de la ville et du district de Yeou tcheou , nommé Mou khieou kian , voulant punir les Kao kiu li , les attaqua , les défit, et conquit de nouveau la plus grande partie de leur pays. Sous les Thsin , dans la huitième des années Hian khang (34a de J.-C.), Kao tcho (roi des Kao kui li) fut battu par

(i) Le pays de Fou ru était situé à la frontière nord-est de la Corée actuelle. Kl.

Mou young houang. Son arrière-petit-fils Lian, redevint puissant et réunit toutes les parties du Tchao sian sous sa domination. Il tenait sa cour dans la ville de Phingjang, qui est la même que IVang hian , ancienne capitale des rois du Tchao sian. Il divisa son royaume en huit Tao ou provinces. Celle du milieu s'appelait Kingki ( ou la royale); l'orientale Kiangyuan (Sources des fleuves) , c’est la partie des IV eï më; l’occidentale nommée Houang haï (la mer Jaune) est l’ancien pays des Tchao sian et des Ma han; la méridionale, Thsiuan lo , est la patrie des Pian han; celle du sud, nommée Khing chang ( aidée par d’heureux pronostics ) , est le pays des Oün han ; celle du sud-ouest, Tchoung thsing (la véritable pureté), était autrefois entièrement occupée par les Ma han; celle du nord-est, Hiang king, est le pays primitif des Kao kiu li ; enfin, celle du nord-ouest, appelée Phing ngan (tranquillité paisible), fut l’ancienne patrie des Tchao sian.

Dans la neuvième des années I hi (4*3 de J.-C.), Lian envoya une ambassade à la cour de la Chine; elle apporta une lettre de soumission et des présens; l’empereur donna à Lian plusieurs titres , entre autres , celui de général en chef oriental de la province de Young tcheou , roi de Kao kiu li et comte de Lô lang. Au commencement de la dynastie des Soung (vers 4 2 ° de J.-C.), le même Lian reçut encore les plus

CORÉE

hautes dignités militaires. Dans la douzième des années Yuan kia (4^4 de J.-C.), Lian dépêcha une ambassade à l’empereur (Tai wou ti ) des Weï, qui lui accorda le diplôme de roi de Kao kui li. Lian mourut sous les Thsi, dans la neuvième des années Young ming (4g i de J.-C.). Son fils Yun fit demander les ordres de l’empereur des Weï, qui l’année suivante le gratifia du diplôme par lequel il fut nommé inspecteur militaire de mer de Liao, comte du Liao toung et roi de Kao kiu li. Yun mourut sous les Liang, dans la dix huitième des années Thian kian (519 de J.-C.). Son fils Ngan lui succéda, et envoya son tribut aux Liang, qui le créèrent général en chef de l’orient et roi de Kao kiu li. Plus tard il dépendit des Weï orientaux et des Thsi (septentrionaux) de la famille de Kao.

Après la fin de la dynastie de Thsi , le Kao li fut compris dans le pays de Liao toung. Sous les Soui, dans les années Kliaî houang (de 58 1 à Goo), Yuan roi de Kao li s’étant réuni au Mû khô, fit une invasion dans le Liao si, ou pays situé à l’occident du fleuve Liao choui. Les Soui firent marcher le général Hang wang liang contre lui pour le punir. Celui-ci ayant passé le Liao choui, Yuan lui envoya une ambassade, par laquelle il reconnut sa faute et se soumit ; par conséquent la guerre cessa. Dans les années Ta nié ( de Go 5 à 6 1 G) , le général liu tchhù szu combattit contre les Kao li sans pouvoir les vaincre.

Sous la dynastie des Thang, la quatrième des années Wou të (Gai de J.-C.), Kian wou, roi de Kao kiu li, envoya une ambassade et le tribut à la cour de l’empereur. Kian wou était frère cadet de Yuan. Dans la septième de ces années (624), il reçut lediplôme de roi de Liao toung kiun (ou des principautés situées à l’est du fleuve Liao choui). La seizième des années Tching kouon ( G4 2 ), un chef de la tribu orientale de Kao li , nommé Thsiuan kaï sou wen, tua le roi Kian wou, et mit à sa place Thsang, fils du frère cadet de ce prince. En 644 , les Chinois firent la guerre aux Kao li; l’année suivante elle devint plus sérieuse; tous les chefs de l’armée entrèrent par dilférens chemins dans ce pays : après voir pris un grand nombre de villes dans le Liao toung, ils revinrent. Plusieurs généraux avaient battu les Kao li. Sous le règne de l’empereur Kao tsoung, la sixième des années Young hoei (655), les Chinois détruisirent le royaume de Pë thsi, et le divisèrent en cinq départemens militaires (Tou toü fou) nommés Hioung tsin ( la baie des Ours ) , Ma han , Toung ming, Kin khian , et Të ngan. Dans la première des années Tsoung tchang (G68), le général Li tsÿ- combattit les Kao li et prit leur capitale Phing jang , où il établit le Gouvernement militaire qui tranquillise l’Orient. Ce fut la fin de la dynastie de la famille Kao.

Dans les premières des années 1 foung (après

Page 1