DE LA CORÉE
(Les huit province» de la Corée tout représentées sur une des cartes particulières qui accompagnent ce volume. )
Ce pays est situe au nord (-ouest) de l’ile de fiiousiou. Pour y aller on s’embarque au port de Karatsou (en chinois Thang tsin), dans la province de Fizen, et on parcourt par mer, d’abord 1 3 ri jusqu’à l’île d'iki. De là on arrive, après une navigation de4o ri, à l’îlede Tsousima. De la baie de IVana-no aura, située dans cette île, au port de Fou san ( Fou chan ), situé sur la côte orientale du Tsio sert (Tchao sian) ou de
la Corée; on compte ordinairement 4 N ri, mais, il n’y en a pas même 4 o.
Ce pays est large dans la direction du sud au nord, et étroit de l’est à l’ouest. Sa plus grande dimension du sud au nord est de 3oo ri, et de l'est à l’ouest de 80 à 90 ri.
Il est situé entre les 35° et les 43° de latitude. Le port de Fou san se trouve par 36° de latitude, et la capitale où réside le roi est par 38°.
Autrefois, il y avait dans la Corée les pays de Sinra ou Siraki (en chinois Sin lo) , de Kora'i ou Koma ( en chinois Kao li) , et de Fiaksài ou Koutara (en chinois Pé tsi). On donnait à ces trois pays le nom Sankan (San han) ou les trois Kan (Han). On appelait aussi la Corée Kirin (i). A présent elle porte le nom de Tsid sen (Tchao sian). ( 2 )
A l’ouest et au nord, deux grands fleuves (3) font la frontière du Tsid sen. Entre ces deux rivières s’étendent plusieurs hautes montagnes, dont les plus considérables sont le Fakto san (Pé teng chan) et le Tsid fak san (Tchang pè chan ). Elles ferment totalement le pays , de
( 1 ) Ou plutôt Ghirin; c’est un des noms que les Chinois donnent encore aujourd’hui aux Coréens; cette dénomination est identique avec celle du Ghirin-ouia , qui est la partie supérieure du cours du Souggari-oula , le long duquel habitaient anciennement les Kao-li ou Coréens. Kl.
(a) Un autre nom des Coréens est Sian pi; c’est
celui d’une ancienne nation originaire des hautes montagnes de la Mongolie orientale, et qui fut très puissante en Tartarie depuis le second jusqu’au septième siècle de notre ère. Kl.
(3) Ces deux fleuves sont le Yâ lou kiang , qui se jette dans la mer Jaune et le Toumcn oula, qui a son embouchure dans la mer du Japon. Ce dernier porte dans les relations japonaises le nom de Foro-gava ; il a, disent-elles, i5 ri de largeur. Chaque année, depuis la huitième jusqu’à la troisième lune, il est couvert de glaces épaisses de trois pieds; de sorte qu’on le peut passer avec des grandes voitures. Ce n’est qu’à la troisième lune que la glace se fond et que le fleuve devient navigable. Kl.
COREE.
sorte qu’il n’y a pas de ce côté un chemin pour aller dans le pays de Kara (Thang), c’est-à-dire en Chine. Pour y arriver on cottoie ordinairement le Liao toung en suivant les îles.
La Corée a deux capitales , ce sont : la résidence du roi Oo sid (Wang tchhing), dans la province de Ken ki tài (King ki tao ) , et S in siou (Thsin tcheou), ville de la province de Kek siag tài (Khing chan tao). Ce royaume est divisé en huit provinces, qui sont:
i. Ken ki ta! (King ki tao), subdivisée en vingt-huit administrations. On y compte :
Quatre Fok (Moü) ou grandes préfectures.
Neuf Fou ou villes départementales.
Huit principautés nommées Koun (Kiun).
Cinq juridictions nommées Réi (Ling).
Douze Ken (Kian) ou inspections des mines et des salines.
Six Yek (Ÿ) ou directions des postes.
Deux vice-amirautés.
Neuf grands vaisseaux de guerre.
Neuf vaisseaux de guerre, de moyenne grandeur.
Un grand amiral.
Un préfet de police générale.
Deux Man ko ( Wan hou ) ou chefs de 1 0,000 hommes.
a. La province de Ka yan tai (Kiang yuan tao), subdivisée en vingt-six administrations. On y compte :
Une grande préfecture, Fok (Mou).
Six Fou ou villes départementales.
Sept Koun (Kiun) ou principautés.
Trois juridictions appelées Réi (Ling).
Neuf Ken (Kian) ou inspections des mines et des salines.
Quatre Yek (Ÿ) ou directions des postes.
Cinq Fo (Phou) ou places fortes.
Un préfet de police.
Deux Man ko (Wan hou) ou chefs de 10,000 hommes.
3. La province de Ba fai taï (Houang haï tao), subdivisée en vingt-quatre administrations. On y compte :
Deux Fok (Moü) ou grandes préfectures.
Quatre Fou ou villes départementales.
Sept Koun (Kiun) ou principautés.
Quatre juridictions appelées Reï (Ling).
Trois Yek (Ÿ) ou directions des postes.
Sept Fo (Phou) ou places fortes.
Un général en chef des troupes.
Trois préfets de police.
Cinq Man ko (Wan hou) ou chefs de 10,000 hommes.
4 . I^a province de Tsig siag taï (Tehoung thsing tao), subdivisée en cinquante-quatre administrations. On y compte :
Quatre Fok (Moü) ou grandes préfectures.
Une Fou ou ville départementale.
Onze Koun (Kiun) ou principautés.
DigitBocfby GüOgle
COHfcK.
Une lieï (Ling) ou juridiction particulière.
Trente-sept Ken (Rian) ou inspections des mines et des salines.
Six Yek ( Y ) ou directions des postes.
Six F o ( Phou ) ou places fortes.
Vingt grands vaisseaux de guerre.
Vingt vaisseaux de guerre, de moyenne grandeur.
Un général en chef de l’armée.
Deux K ou ko (Yu heou) ou ducs.
5 . La province de Telou la taî (Thsiuan lo tao), subdivisée en cinquante-sept administrations. On y compte :
Quatre Fok (Moù) ou grandes préfectures.
Quatre Fou ou villes départementales.
Douze Koun (Kiun) ou principautés.
Six 7 ?eï(Ling) ou juridictions particulières.
Trente-un Ken (Rian) ou inspections des mines et des salines.
Six Yek (Y) ou directions des postes.
Dix-huit Fo (Phou) ou places fortes.
Quarante deux grands vaisseaux de guerre.
Douze vaisseaux de guerre , de moyenne grandeur.
Deux généraux qui commandent les troupes.
Deux commandans de la marine.
Deux ou K ko ( Yu heou) ou ducs.
Quatre préfets de police.
T reize Man ko ( VVan hou) ou chefs de 1 0,000 hommes.
Une direction générale des douanes.
6. La province de Kek siag taï ( Khing chang tao), subdivisée en soixante-neuf administrations. On y compte :
Quatre Fok (Moü) ou grandes préfectures.
Onze Fou ou villes départementales.
Quatorze Koun (Kiun) ou principautés.
Une Tîei'(Ling) ou juridiction particulière.
Tente-quatre Ken (Kian) ou inspections des mines et des salines.
Onze Yek (Ÿ) ou directions des postes.
Vingt-quatre Fo ( Phou ) ou places fortes.
Cinquante grands bàtimens de guerre.
Cinquante et un vaisseaux de guerre de grandeur moyenne.
Deux généraux qui commandent les troupes.
Deux Kou ko (Yu heou) ou ducs.
Deux commandans de la marine.
Deux préfets de police générale.
Dix-neuf Man ko { Wan hou) ou chefs de 10,000 hommes.
Six directions de douanes.
7. La province de Be yan taï (Phing ngan tao), subdivisée en vingt-quatre administrations. On y compte :
Deux Fok ( Moü ) ou grandes préfectures.
Dix Fou ou villes départementales.
Dix-sept Koun (Kiun) ou principautés.
Huit /îeï(Ling) ou juridictions particulières.
corék.
Cinq Ken ( Kian ) ou inspections des mines et des salines.
Deux Yek ( Y) ou directions des postes.
Dix-huit F o (Phou) ou places fortes.
Un général des troupes.
Un Kou ko ( Yu heou ) ou duc.
Un Fan si (Pouan szu) ou grand juge.
Onze préfets de police.
Sept Man ko ( Wan hou) ou chefs de 10,000 hommes. .
Vingt-neuf inspections des douanes.
8. La province de Fami kian taï (Hian king tao), subdiviséeen trente-deux administrations. Il y a:
Deux Fok (Mou) ou grandes préfectures.
Quinze Fou ou villes départementales.
Quatre Kiun ou principautés.
Deux Ken (Kian) ou inspections des mines et des salines.
Trois Yek (Y) ou directions des postes.
Trois F 6 (Phou) ou places fortes.
Un général commandant l’armée du Nord.
Un général commandant l’armée du Sud.
Deux Kou ko ( Y u heou) ou ducs.
Douze préfets de police.
Dix-huit Man ko (Wan hou) ou chefs de 10,000 hommes.
Vingt-et-une directions des douanes.
Voilà ce qui concerne les capitales et les huit provinces de la Corée.
De Ghiziou (Y tcheou), ville située à la frontière occidentale de ce royaume (i), jusqu’à la capitale du Rio tô (Liao toung), on compte 5o ri japonais, et en tout 25o ri jusqu a Fak kio (Pè king).
Ce royaume a été subjugé sans peine par l’armée de Taïko ( 2 ), car ses liabitans avaient des mœurs très douces et ne montraient que peu de courage. Aussi acheva-t-il la conquête des huit provinces de leur pays en moins de trois mois de temps. Cependant, cette occupation a éveillé l’esprit militaire chez, les Coréens , de sorte qu’ils ont à présent une flotte formidable, stationnée dans quatorze ports fortifiés et commandés par des bons ofliciers et soldats de marine. Ce qui confirme le proverbe qui dit : « Après la pluie la terre devient dure. »
Le gouverneur militaire (japonais) de Tsou sima (Toui ma tao) tient toujours à Fou san (en Corée) quelques centaines de soldats, qu’il y envoie de son île ; de sorte que cette place est soumise au Japon.
La monnaie ordinaire de la Corée est en
cuivre et porte pour inscription ^
(1) On compte iaa ri de cette Tille à la résidence du roi de Corée. Kl.
(a) T ai ko ou T aï ko sama, nommé aussi Fide yosi, fut un des plus célèbres Seogoun ou empereurs militaires du Japon. Il mourut en i $ 98 . Kl.
CORÉE
Ziùfee tsou fou (Tchan phing thoung pao), c'est-à-dire: Paix perpétuelle, valeur universelle. Ces pièces valent douze petites pièces japonaises.
La Corée, ayant au nord les Mandchoux pour voisins , se trouve naturellement sous leur dépendance; mais dans les lettres de créance que son roi envoie au Japon , il ne se sert pas des Nengo (Nian liao) ou titres honorifiques des années des Thsing ou Mandchoux , il n’emploie que les caractères cycliques pour indiquer l’année et le mois; montrant par là qu’il relève du Japon.
Le peuple coréen est de haute stature et plus nerveux que les Japonais, les Chinois et autres nations. On a remarqué qu’un Coréen mange ordinairement autant que deux Japonais. Les Coréens sont d’un caractère astucieux, paresseux , obstinés , et ennemis des efforts. Aussi l'armée de Taïko fut-elle obligée de se tenir sur ses gardes dans ce pays.
On se sert en Corée, outre les caractères chinois, d’une écriture particulière appelée Ghin boun (Yen wen) ou vulgaire, et dont chaque lettre a une prononciation particulière, comme on peut le voir par le tableau ci-joint, (i)
( i ) Ici l'original offre une série de groupes syllabiques coréens , disposés d’après l’ordre de Ylrofa , ou syllabaire japonais. Ce tableau ne donnant nullement une idée exacte des élémens et du
I^es hommes et les productions de ce pays viennent depuis des siècles au Japon ; aussi tout le monde les connaît, ainsi que ce qui les concerne : c’est pour cette raison que j’ai cru qu’il
système de récriture coréenne, je l'ai supprime et remplacé par le véritable alphabet et le syllabaire de cette nation.
Les Coréens avaient d’abord adopté l’écriture idéographique des Chinois; mais comme leur langue était susceptible d’étre écrite avec un alphabet , ils ne tardèrent pas d’en inventer un , l’an 374 de J.-C. , dans le royaume de Pi tsi. Cet alphabet est encore aujourd’hui généralement usité en Corée, quoiqu’on s’y serve aussi de caractères chinois pour la rédaction de presque tous les ouvrages scientifiques.
L’écriture coréenne suit la direction de haut en bas et de droite à gauche. Elle est basée sur un alphabet qui se compose de treize consonnes :
K. N. T . L. M. P. S. Dz. Ts. K aspiré. T aspiré.
P aspiré et H.
Il faut encore y ajouter un signe qui se joint aux voyelles quand elles forment une syllabe à part. Ce signe est placé dans la série des consonnes entre le S et le Dz, de sorte que cette série comprend effectivement quatorze signes.
L’alphabet coréen compte onze voyelles :
A. la. È. le. O. Io. Ou. Tou. È. T et A.'
La combinaison des quatorze consonnes et des onze voyelles forme d’abord un syllabaire de cent soixante-quatre syllabes qui par les neuf finales :
K. N. T : L. M. P. S. 1 et Ng.
peuvent produire un autre syllabaire de quatorze cent soixanteseize groupes.
La consonne B , n’entre pas dans la série des quatorze consonnes, mais elle se combine de même que celles-ci avec les voyelles et les finales.
CORÉE. 2 1
serait inutile de donner des planches qui représentent ces objets.
Les choses précieuses que le roi de Corée envoie à l’empereur du Japon, sont: de la racine de Ain su ( Jin seng), des peaux de tigre, des peaux de léopards , du maroquin vert , des peaux de poisson , des pièces de satin , des toiles de coton blanches et très fines, des faucons dressés pour la chasse, et des chevaux dressés. Le roi de Corée reçoit en échange de l’empereur du Japon : des paravents dorés, des selles peintes en or, des boîtes saupoudrées d’or pour y serrer du papier, des boîtes de la même façon pour les pierres qui servent à broyer l’encre, des éventails en plumes d'oiseaux de deux espèces, différentes sortes de thé, etc. Le premier, le second et le troisième ambassadeur, reçoivent chacun: cinq cents petits lingots d’argent et trois cents pièces de toile; les autres employés, officiers supérieurs, reçoivent en-
Outre les groupes simples, composés d'une voyelle, les consonnes peuvent aussi être combinées avec deux voyelles, et former des syllabes telles que Ana t kouc , son, xouè , ona 9 ouè , etc.
Je donne sur la planche ci-jointe, l’alphabet et le syllabaire coréens, et j'y ai ajouté en bas quelques exemples qui montrent de quelle manière les consonnes se groupent avec les voyelles, dans les syllabaires plus compliqués. On s’apercevra facilement que, de cette manière , les dernières peuvent être multipliées à l'infini , et que le syllabaire coréen est par conséquent un des plus riches qui existent. Kl.
semble deux cents lingots d’argent, et on partage entre les autres membres de l'ambassade d’un moindre rang mille lingots d’argent. Ces présens leur sont ordinairement offerts après le régal qu’on leur donne à la cour.
Dans le temps du chaos , ce royaume fut fondé par Dan koun (Than kiun, le Prince du santal) (i), dont les descendans y ont régné pendant plus de mille ans. Après eux le pays fut occupé par les Chinois, et Kisi (Khi tsu) y régna. 11 donna à son royaume le titre honorifique de Tsu» sen (Tchao sian), c’est-à-dire Beauté du matin ; sa famille y a gouverné paisiblement jusqu’à l’époque où un Chinois nommé Yéi inan ( Weï man) parvint à se faire roi. Les descendans de celui-ci étaient tantôt soumis aux Chinois, tantôt indépendans. Enfin, des troubles éclatèrent dans le pays, et il fut divisé en trois royaumes , qu’on appela les San kan
(1) Le Toung kouë thoung kian , histoire de la Corée, citée dans la grande encyclopédie japonaise, Wo han san thsaï thou hoei , dit : « Primitivement ce pays n'avait ni prince ni chefs. Un « homme surnaturel descendit sous un arbre de santal ( Than mo/ï); les gens du pays en firent leur prince; il reçut le nom « de Than kiun (Prince du santal) et son royaume fut appelé « Tchao sian. Ceci eut lieu du temps de Thang Yao (vingt-trois « siècles avant J.-C.). Sa première résidence fut Pingjang; plus « tard, il la transféra à Pê yô, où elle resta jusqu’à ce que dans la « huitième année de l’empereur fVou ting, de la dynastie de Chang « ( 1317 avant J.-C.), elle fut établie à la montagne A szu ta « ( Asstak ). » Kl.
CORÉE
( San han ) ou les trois Kan ( Han ). Les Sin ta (Sin lo), après avoir détruit les deux autres Kan (Han), réunirent toute la Corée sous leur domination. Les Sin ra furent renversés par les rois de Koraï (Kao li), dont le nom de famille était Ou (Wang), et qui réduisirent tout le pays. Ensuite une autre dynastie de Kuraï (Kao li) de la famille de Ri (Li) régna sur les San kan ; elle donna à son royaume l'ancien titre de Tsid sen (Tchao sian). Les princes de cette dynastie ont régné jusqu’à présent dans l'ancienne capitale de Dan koun (Than kiun). La Corée fut anciennement conquise et rendue tributaire par Sin kou kwo gou (i), impératrice du Japon. T aï ko subjugua ce pays une seconde fois (a). L’histoire et les troubles de la Corée sont décrits dans le livre intitulé TJ kukf tsou ken (Toung kouë thoung kian ) ou Miroir véridique du royaume oriental.
(t) Elle régna de aoi à aGg de J.-C. Ce fui en aol que le royaume de Sin lo en Corée devint son tributaire, et en a/ ( 7 celui de Pt t/ui. Kl.
(a) L'expédition de Toi ko en Corée eut lieu en tliyi. Kl.
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