GARE
Le site
La vallée d’Arve est séparée du val de Giffre par une haute colline qui court de l’est à l’ouest. Au milieu de cette colline, entre le dôme d’'Agy à l’orient et le pic d’'Orsaix au couchant, la chaîne s'incline pour former le col de Châtillon (altit. 700 mètres). Rien de plus frais, dans les beaux jours, que cé passage aux prés verdoyants,
RCE Er planté d'arbres fruitiers et couronné d’arbrisseaux et de sapins; rien de plus pittoresque que son panorama formé par les montagnes environnantes.
Et l’archéologue comme l'artiste trouve 1ct un régal. À la partie sud du passage se dresse un roc calcaire du haut duquel s’élance la flèche du clocher paroissial. Tout auprès, sur le fond bleu du ciel, se profilent des pans d’antiques murailles. Ce sont les ruines du château de Châtillon. Ce château apparaît dans l’histoire en 1178 avec Alimar de Châtillon. On le fait communément remonter au X"° siècle. Il occupe plus tard le premier rang parmi les sept fortefesses des barons de Faucigny. Au nord du castel, dans le milieu du col, on remarque une enceinte circulaire de moraine d’un rayon de 50 mètres environ. Cette moraine entouraiît.
lPétang ou vivier des barons et des châtelains. L’étang, clos de palissade, disparut probablement avec le château vers 1550. À l’est du vivier, la pente adoucie du dôme d’Agy s'arrête brusquement en forme de promontoire. Le massif qu’elle forme là, boisé de sapinettes, à base de roche en calcaire brêche, est appelé mont Provent (provens, provan, provand). L’étymologie de ce nom nous paraît être pro-venire : Ss’avancer, faire pointe; nous retrouvons, en effet, deux
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fois ce même mot de provend dans le val de Giffre : au point de jonction des deux torrents, affluents du Foron près le Pont-des-(Gets, le Provenchy des anciennes chartes, et vers les Suets, entre Flérier et Mieussy, le bois Provand';: or, en ces deux endroits, le rocher fait saillie. Le mot prévant, du patois local a, du reste, ce sens d'avancement.
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Ancienne chapelle de Notre-Dame de la Visitation (1)
Au pied et tout près du Mont Provent, sur l’ancienne route qui de Châtillon conduisait à Taninge, en un lieu appelé le Cloïsef, à cause sans doute de la clôture de l’étang voisin, la piété chrétienne construisit une petite chapelle sous le vocable de Notre-Dame de la Visitation. À quelle époque remonte l'érection de cette première chapelle? Fut-elle bâtie par les barons de Faucigny, par leurs châtelains ou par les fidèles de la paroisse qui peu à peu s'était formée à l’ombre du château tutélaire? Nous l’ignorons.
(1) Sauf indication contraire, tous les documents que nous relatons ici sont puisés aux archives du presbytère de Châtillon.
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Si elle ne remonte pas au-delà de 1664, elle pourrait bien avoir une autre origine. Le 8 septembre de cette année, eut lieu à la Chartreuse de Mélan la réception de deux religieuses : Philiberte et Jeanne-Etienne de la Rieu, filles de noble Gaspard de la Rieu et de Jacqueline de Bellegarde (Delagrange, n°). Cette famille descendait des seigneurs de Cellière, paroisse de Fleyrier. Au lieu des 6000 florins requis pour la dot de ses deux filles, N. Gaspard céda au monastère la grange du Cloiset de Châtillon avec ses terres, prés, mouilles et bois (1). À partir de 1664, le Cloiset appartint donc à Mélan. La chapelle n’aurait-elle pas été élevée par ce monastère?
Quoi qu’il en soit, un jour, Marie choisit, pour trésor spécial de ses grâces, le modeste sanctuaire de Notre-Dame de la Visitation, appelé alors, de son emplacement, Notre-Dame du Viviers. C'était en 1690. Les RR. PP. Lazaristes, missionnaires d'Annecy, vinrent donner une mission à Châtillon. Ils imprimèrent au culte dont les habitants entouraient la petite chapelle une nouvelle et puissante impulsion. Ce redoublement de ferveur de la part des fidèles multiplia les grâces accordées par la Reïne du ciel.
(1) Inventaire des Archives de Mélan (f° 32°, cote J. 23).
Sur ces entrefaites eut lieu, le 19 juillet 17or, la visite pastorale de Monseigneur de Rossillon de Bernex. Il se rendit à cette chapelle dont le procès-verbal officiel parle en ces termes : « di y a rière ladite paroisse (Châtillon), sur le grand chemin de Taninge, au lieu dit aw Clorset, une chapelle sous le vocable de la Vrsitation de Notre-Dame, en laquelle il n’y a point de revenu que les oblations qui s’y font, et trois florins annuels dus par Jacques Bonnaz dit Davat, sous la charge de deux messes. »
Cependant la protection de Marie y devenait de plus en plus visible. Le 12 septembre 1704, Mgr de Rossillon se trouvait à Nancy-sur-Cluses. R° Jean Bontaz, curé de Châtillon, profitant de cette occasion pour donner un nouvel élan à la piété des fidèles envers Notre-Dame de la Visitation, adresse à Sa Grandeur la supplique suivante : É
A Monseigneur l'illustrissime et révérendissime Evéque
et prince de Geneve, etc.
« Supplie humblement Jean Bontaz, prêtre, curé de Châtillon-sur-Cluses, disant que Mess” les missionnaires d'Annecy, faisants leur mission il y a environ cinq ans dans la paroisse dudit Châtillon, outre les fruits très salutaires