‹ Sanctuaire de N.-D. de Mont Provent a ChatillonChapitre 2 sur 5 · PES UE · texte numérisé non relu

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qu'ils ont produits dans ladite paroisse, ils auroient encor, par leur piété ordinaire, {nir0oduit une grande dévotion à la Sainte-Vierge dans une petite chapelle, a elle dédiée et bâtie sur le grand chemin tendant dudit Châtillon à Taninge, ou plusieurs personnes tant de la dite paroisse que des circonvoisines ont receu et reçoivent de Dieu des grâces considérables par son intercession toute puissante. Et afin que la dite devotion puisse continuer et meme augmenter le dit suppliant, voyant l’occasion favorable de sa grandeur portée sur les lieux, a cru estre de son devoir de recourir a sa bonté pour que a la plus grande gloire de Dieu, et a Fhonneur de sa tres sainte mere toujours vierge, il luy plaise vouloir accorder ses indulgences ordinaires a tous ceux et celles qui en allant et revenant passant devant la ditte chapelle feront les prières qu’il plaira à Sa Grandeur leur ordonner selon ses intentions. Et sur ce plaise pourvoir, et daigner en meme tems honorer de sa bienveillance et de sa protection le dit suppliant qui est avec tout le respect et la soûmission possible,

de Sa Grandeur letres humbleet tres obeyssant serviteur.

JEAN BONTAZ, curé de Châtillon. »

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L'Evêque s’empressa de répondre :

« Nous accordons l’indulgence requise aux fidèles qui diront devotement et à genoux un Pater et un Ave devant la ditte chapelle, a l'honneur de la Sainte Vierge, et pour le soulagement et délivrance des ames du Purgatoire.

« Nancy, ce 12 septembre 1704.

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Comme le digne pasteur l'avait espéré, la concession de ces indulgences augmenta encore la dévotion de ses ouaïlles envers Notre-Dame du Vivier et Marie répondit au culte de ses enfants par de nouvelles et abondantes grâces. Châtillon traversa ainsi le XVIII‘ siècle sous l'égide maternelle de la très sainte Vierge.

L'histoire n’a conservé qu'un souvenir de cette époque, c’est la visite que fit à cette chapelle, le 8 octobre 1765, Mer Biord, natif de Châtillon.

Vint la Révolution de 1703. A Châtillon, comme partout, l’église et le presbytère furent saccagés, leurs biens volés et dilapidés à la grande indignation des pieux paroissiens. Toutefois, le sanctuaire de Marie fut respecté. La statue, dite miraculeuse, qu’on y vénère, dont on ignore l’origine, mais qui doit être très ancienne,

aura probablement été cachée par quelque personne pieuse, car elle n’aurait pas échappé à la fureur des impies. Le fait est que statue et chapelle furent épargnées. Aussi bien, les revenus de cet oratoire étaient nuls et lui-même, si petit, était modestement caché sous des touffes de verdure!

Ce fut vraisemblablement après la tourmente révolutionnaire que le nom de Notre-Dame du

Vivier fut changé par le peuple en celui de.

Notre-Dame du Mont Provent. Le Vivier avait disparu même du souvenir des habitants; le Mont Provent, au contraire, se dressait toujours

avec sa verdoyante parure, au-dessus du petit

Cependant, le temps faisait son œuvre; les murs de l'édifice allaient chaque jour se délabrant, quand la Providence mit à la tête de la paroisse un homme de Dieu : R° Michel Reydet, d'Arâches. Curé de Châtillon de 1814 à 1837, ce saint prêtre, plein de zèle, devait réparer les désastres causés à cette paroisse par la Révofution. Après avoir obtenu du gouvernement la restitution des biens paroissiaux non encore aliénés, rétabli les anciennes confréries et rendu au culte sa splendeur passée, il conçut le pieux dessein de restaurer l’antique chapelle de Notre- Dame de la Visitation. On était en 1834.

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La Chapelle actuelle

Après diverses démarches et propositions, R° Reydet s’engageait à faire construire à neuf et à ses frais « la chapelle tombant en ruine appelée ci-devant du Vivier et aujourd’hui Mont Provent. » La seule condition exigée par le fondateur fut que la commune lui fournirait « cinquante-huit pièces de bois sapin, ainsi que les pierres et le sable nécessaires et en outre le transport des ardoises, planches et chaux aussi nécessaires. » Ces conditions furent acceptées et le 25 du mois de mars, jour de la fête de l’Annonciation, le Conseil municipal signait la délibération suivante, qui lui fait grand honneur :

« L’an mil huit cent trente quatre et le vingt cinq du mois de mars, à Châtillon, dans la maison commune, s’est réuni le Conseil du lieu, ès personnes des S's Jean Claude Noble, syndic, Joseph Métral, vice-syndic, Marie Baud, Pierre Aimé Grangerat et Pierre François Turban, conseillers, assistés de M' Dupuis notaire et secrétaire,

. « Est intervenu R4 Sr Michel Reydet, recteur de la paroisse qui a exposé : |

« Que la chapelle dite de Monprovan, existante rière

Ro

[a présente commune, au midi de la route tendante du f chef lieu à Taninge, inscrite sous le n° 2131, est dans un! état de caducité tel qu’elle est impropre à l’usage pour lequel elle est destinée ;

« Qu'il est De de démolir cette chapelle de fond en comble et d'en reconstruire une autre sur le même local d’une plus grande dimension ;

« Que pour parvenir à cette reconstruction, il a fait dresser, par le R{ Sr Rouge, curé de S‘ Sigismond, le plan de cette nouvelle chapelle et du clocher qu'il se Pie d'y adapter ;

« Qu'il se soumettait de faire toutes les dépenses de cette construction, en conformité dudit plan, à condition que la commune fournirait, à pied d'œuvre, la quantité de cinquante huit pièces de sapin pour la charpente du bâtiment, les pierres et le sable, et qu’elle ferait en outre tous les transports des ardoises, des planches et de la chaux.

« Monsieur le Curé a invité le Conseil à délibérer sur cette proposition.

« Le Conseil reconnaissant l’ufilite et la necessite de la reconstruction intégrale de la chapelle dont s’agit, et après avoir au besoin adopté le plan de cette reconstruction,

« Supplie Monsieur l’Intendant de vouloir bien lui accorder l’autorisation

« 1° De faire couper sur les fonds communaux la quantité de cinquante huit pièces de bois sapin qui seront mises à la disposition dudit R1 Sr Reydet, aux fins dont s’agit.

« 20 De répartir entre les habitants de la commune les prestations nécessaires pour effectuer, à pied d'œuvre, les transports sus-mentionnés, à moins que ledit R* S' Curé

ne préfère faire un appel volontaire dans son prône du Dimanche, pour engager les paroissiens à fournir ces prestations sans autre formalité.

« Ainsi fait et délibéré au dit lieu, les ans et jours ue sue »

(Suivent sur le registre les signatures.)

Quand l’intendance de Bonneville eut accordé Tautorisation demandée, on choisit pour ouvriers maçons les frères Pierre et Nicolas Revuz, de Châtillon. Mais, au moment de creuser les fondations, on reconnut qu'il serait plus avantageux de changer d'emplacement. Elevé à vingt-cinq mètres environ au nord-ouest du premier, le nouveau sanctuaire serait plus dégagé, plus beau. Cette idée fut bien accueillie et l'emplacement actuel aussitôt choisi. La commune avait fourni le bois; les pieux habitants, sur l'invitation de Monsieur le Curé, apportèrent à l’envi, à pied d'œuvre, les matériaux nécessaires. Au mois de mai 1837, Dénarié, adjudant du génie civil en retraite, dressait le procès-verbal de la réception d'œuvre.

Estime totale des murs avec les fondations :

10651 24-323: Celle :de Ha! voûte: :\toisess 12); pierres de taille de la porte, des fenêtres, du tronc : pieds linéaires 67.

Estime du travail des maçons : 516 Liv. 46.

MEME me Cette chapelle forme un parallélogramme mesurant dans son œuvre 8 mètres de longueur , sur 5 de largeur et autant de hauteur. Son style est des plus simples : porte et fenêtres sont rectangulaires sans ornementation.

Ces travaux étaient à peine achevés que R° Reydet allait recevoir au ciel la récompense de son zèle. R% Charles Delesmillières, de Samoëns, lui succéda. Le nouveau curé se distinguait aussi par une tendre dévotion envers Marie. Châtillon sait qu’il fonda une grand’messe annuelle à la chapelle du Mont Provent. Dès son arrivée, 1l songea à terminer l’œuvre de son prédécesseur. On put bientôt dresser l’autel et son petit rétable. M. Bernard Reydet, propriétaire de la maison où naquit Mgr Biord, à Soucy, fit don à la chapelle d’un magnifique cadre en bois sculpté et provenant de la chapelle domestique de cet évêque. On le plaça sur l’autel, après y avoir adapté un tableau représentant la scène de la Visitation. (Ce tableau a été renouvelé récemment.) Au devant, on plaça la petite niche en bois, où est renfermée la statue miraculeuse de Notre-Dame, assise, portant sur le bras gauche l’enfant Jésus. (Hauteur de 1a statue 0"30.)

Enfin, le sanctuaire était prêt à recevoir la Divine Victime. Par décret du 10 juin 1838, Mgr Rey accordait à M. le Curé l’autorisation

de ‘bénir le nouvel édificé ét d'y célébrer la

première messe le 2 juillet.

Maïs la petite chapelle était encore sans voix : elle n'avait pas de cloche. M. le Curé ouvrit une souscrit tion le 10 juin 1841. Elle fut bientôt couverte. Nous tenons à consigner ici les noms des donateurs, en rappelant que l’obole du pauvre est aussi précieuse au cœur de Marie que le don

du

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