CHAPITRE TREIZIÈME
Merveilles opérées par l’intercession de sainte Anne à Beaupré d’après le R. P. Le Mercier.
Sous le titre de Récit des merveilles arrivées en l’église de Sainte-Anne du Petit- Cap, côte de Beaupray, en la nouvelle France, le révérend Père Jésuite, François Le Mercier raconte, dans les Relations des Jésuites, les premières manifestations merveiileuses de la bonté et de la puissance de saïinte-Anne. Anrès les avoir lues, on comprend facilement la grandeur , de la dévotion à la bonne Sainte dans notre pays, ainsi que la rapidité avec laquelle cette dévotion s’y est propagée.
Le révérend Père a été témoin de certains des faits qu’il rapporte; quant aux autres, ils lui ont été communiqués par M. Thomas Morel, prêtre du séminaire de Québec et
curé de Beaupré de 1660 à 1684. La relation de M. Thomas Morel a été approuvée par Mgr de Laval, ainsi que nous l’avons dit plus haut.
Voici comment s'exprime le R. P. François Le Mercier:
‘Ce récit porte le nom de r:erveilles, et non de miracles, afin de ne contredire en rien aux ordres de la sainte Eglise qui défend de qualifier ces choses extraordinaires de miracles, jusqu’à ce qu’elle en ait fait le jugement.
‘ Comme Dieu a toujours choisi quelques églises spécialement entre les autres, où par l’intercession de la sainte Vierge, des Anges et des Saints, il ouvre largement le sein de ses miséricordes, et fait quantité de miracles, qu’il n’opère pas ailleurs, il semble aussi qu’il a voulu choisir en nos jours l’église de Sainte-Anne du Petit Cap pour en faire un asile favorahle, et un refuge assuré aux chrétiens de ce nouveau monde, et qu’il a
mis entre les mains de cette Sainte un trésor de grâces et de bénédictions, quelle départ libéralement à ceux qui la réclament dévotement en ce lieu.
‘ C’est assurément pour cette même fin qu'il a imprimé dans les cœurs une dévotion singulière et une confiance extraordinaire en la protection de cette grande Sainte ; ce qui fait que les peuples y recourent dans tous leurs besoins et qu’ils en reçoivent des secours signalés et très extraordinaires, comme nous le voyons dans les merveilles qui s’y sont opérées depuis six ans.”
Au sujet de ces lieux spécialement choisis par Dieu, écoutons aussi le P. Lacordaire qui à plus de deux cents ans de distance, exprime la même pensée que le P. François Le Mercier: ‘ Quand Dieu, dit-il, toujours occupé du salut des hommes veut opérer de grandes choses, il prédestine un homme et un lieu ; un homme qui doit agir, un lieu qui sera le théâtre de son action. Aïnsi furent prédes-