‹ Sanctuaire de Sainte Anne de Beaupré [microforme]Chapitre 46 sur 48 · RAT TE · texte numérisé non relu

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parce que nous ne pouvions rien apprendre ni de plus grand, ni de plus honorable pour elle, que de savoir qu’elle est la mère de Marie, Mère de Jésus. Ce titre seul, cette prérogative éclipse toute la gloire qu'elle pourrait tirer de ses ancêtres, ou sous quelque rapport que ce soit. Car voici la différence qu'il y a entreelle et les grands de ce monde: ceux-ci tirent ordinairement leur plus grande gloire de leurs ancêtres ; sainte Anne au contraire doit toute la sienne à son auguste fille. Car, quoiïqu'’elle fût de la tribu du Juda et de la race de David, on peut dire néanmoins que la gloire qui rejaillit de Marie sur elle * est de beaucoup supérieure à celle qu'elle pouvait tirer de sa qualité de fille des rois d'Israël. On peut en conclure que sainte Anne est la plus glorieuse de toutes les mères, puisqu'elle a coopéré avec Dieu au plus bel ouvrage de la toute-puissance dans l’ordre de la nature et de la grâce. C’est une gloire qu’elle ne partage avec aucune autre mère.

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IVe JOUR.

LES VERTUS DE SAINTE ANNE LUI ONT MÉRITÉ LA GRACE D’ÊTRE LA MÈRE DE LA TRÈS SAINTE VIERGE.

Saint Luc dit, en parlant des parents de saint Jean-Baptiste, qu'ils étaient l’un et l’autre justes devant Dieu, qu’ils marchaiïent dans la voie de ses commandements et de ses saintes lois d’une manière irrépréhensible; c’est par là qu’ils commençaient à se rendre dignes d’avoir un fils dont la nais- 8ance devait répandre la joie dans tout Israël. Sainte Anne ne l’a pas assurément cédé en ce point à Zacharie et à Elisabeth. Nous pourrons le conjecturer par l’excellence du fruit qu’elle a porté, dont la naissance, et même la conception, a causé à l’univers entier une très grande joie, comme l'Eglise le chante dans ses offices ; et Dieu n'aurait pas assurément souffert que la plus pure et la

plus sainte des vierges eût une mère imparfaite et infidèle à la grâce. Une préparation si sublime ne pouvait être accordée qu’à la vertu et à la plus grande fidélité aux commandements du Seigneur.

Ve JOUR.

BAINTI ANNE A EU LA GLOIRE DE COMMANDER À LA SAINTE VIERGE, QUOIQU’A JUSTE TITRE LA REINE DE L'UNIVERS.

Les parents ont sur leurs enfants une autorité légitime qu: consiste en deux avan-

tages : le premier est qu’ils peuvent en dispo-

ser; le second est qu’ils on! droit de leur commander, et ceux-ci sont obligés de leur obéir. Quoique la sainte Vierge dût être élevée un jour à la qualité de Mère de Dieu

et de Reine de l’univers, elle ne se crut

pourtant pas dispensée de ces obligations ni de cette obéissance. Rien au contraire ne lui était plus agréable que de dépendre de

ses parents et de se conformer en tout à leurs volontés; car les avantages de la grâce ne détruisent pas les lois de la nature. C’est ainsi que Jésus-Christ lui-même, quoiqu'il fût Dieu et Roi de l’univers, voulut obéir à la sainte Vierge, comme un enfant à sa mère, et déposer ses couronnes à ses pieds pour rendre son autorité plus glorieuse.

Nous ne savons pas combien de temps vécurent les parents de la sainte Vierge après qu'ils lui eurent donné le jour, maïs il est certain qu’elle commença de leur obéir aussitôt qu’elle commença à vivre. Ce fut par leurs ordres, ou au moins avec leur consentement, qu’elle se retira dans le‘temple pour s’y consacrer entièrement au Seigneur.

VIe JOUR.

C’EST UNE GRANDE GLOIRE POUR SAINTE ANNE D’AVOIR ÉTÉ CHOISIE DE DIEU POUR FAIRE L'ÉDUCATION DE LA SAINTE VIERGE.

La divine Providence confia à sainte Anne

la bienheureuse Vierge comme un dépôt qui lui était très précieux, pour en prendre un aoin maternel avec d'autant pius de fidélité que la dignité de sa personne et les grands desseins auxquels elle ‘était destinée rendaïient son éducation plus importante. Ce n’est pas que Marie, pour parvenir à la sainteté, eût besoin d'aucun secours des hommes; car ayant été conçue sans la tache du péché originel, et dès lors ayant été confir” mée en grâce, elle n’était pas sujette à la nécessité commune d’avoir besoin d’instruction. Le Saint-Esprit était lui-même son Maître ; il l’instruisait par sa grâce et ses inspirations. Mais Dieu, qui voulait s’accommoder aux lois ordinaires de la nature sans avoir recours aux moyens miraculeux, avait destiné sainte Anne à cette importante fonction. Les vertus sublimes dont la sainte Vierge a depuis donné l’exemple nous prouvent évidemment que sainte Anne s'est acquitté de cette fonction avec autant d’exac-

titude et de capacité que de succès, et qu'elle a parfaitement rempli les desseins de la Providence sur elle.

VIIe JOUR.

DES SENTIMENTS QUI ANIMAIENT SAINTE ANNE DANS LE SOIN QU'ELLE PRENAIT DE FORMER LE CŒUR DE LA SAINTE VIERGE.

Lorsque le saint roi David faisait les préparatifs pour bâtir un temple au Seigneur, il était vivement pénétré de cette pensée: il ne s’agit pas de préparer une demeure à un homme, mais d'élever un temple au Seigneur. On peut dire aussi que sainte Anne, inspirée et dirigée par l’Esprit-Saint, était pénétrée de la même pensée en donnant tous ses soins à l’éducation de la sainte Vierge.

Elle pouvait dire alors avec vérité: C’est pour être le sanctuaire du Dieu vivant que je la prépare ; c’est pour recevoir dans son sein le Créateur de l'univers. Ce fut probablement

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dans cette pensée qu’elle la conduisit au temple pour la consacrer à Dieu parmi les vierges qui y étaient élevées, et qu’elle ratifia par son consentement le vœu de virginité que la sainte Vierge fit alors par une inspiration particulière du ciel, et qu’elle lui servit d’interprète dans cette cérémonie religieuse, On ne sait ce que l’on doit le plus admirer ici, ou le courage de la sainte Vierge qui, dans un âge encore si tendre, se consacre à Dieu de la manière la plus parfaite et pour toujours, ou la générosité de sa sainte mère qui offre et sacrifie au Seigneur ce qu’elle a de plus cher. Quel exemple admirable à la fois et pour les parents et pour les enfants !

VIIIe JOUR.

SAINTE ANNE EST LE MODÈLE ET LA PROTECTRICE DES PARENTS ET DE TOUS CEUX QUI SONT CHARGÉS DE L'ÉDUCATION DES ENFANTS,

Pour remplir dignement la fonction de

donner une sainte éducation à la bieaheureuse Vierge, sa sainte mère commença à lui inspirer l’amour de Dieu par ses exeinples. Ce fut elle qui l’aida à former des paroles pour bénir son créateur, qui lui enseigna la pratique des bonnes œuvres; et servant d’interprète au Saint-Esprit, ce fut elle qui lui expliqua la loi qui avait été donnée à Moïse sur le mont Sinaï. C’est le service le plus important qu’elle a pu rendre à la sainte Vierge, d’être sa loi vivante et animée, d’être le modèle de toutes ses actions, la règle de ses désirs. Les mères chrétiennes et toutes les personnes chargées de l’éducation des enfants doivent donc regarder saïnte Anne comme leur protectrice aussi bien que leur modèle, pour obtenir de Dieu, par son intercession, la grâce d'élever leurs enfants, et surtout leurs filles, dans son saint amour, parce qu’une partie de la récompense des saints dans le ciel, c’est de pouvoir obtenir à ceux qui ont recours à eux les vertus dans

lesquelles chacun d’eux a excellé. Elles obtiendront, par son intercession, la grâce de conserver à Jésus-Christ ces jeunes cœurs pour lui servir de temples vivants, comme sainte Anne préparait la sainte Vierge à recevoir le Fils de Dieu dans son sein par les sentiments pieux qu’elle lui inspira.

IXe JOUR.

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