‹ Sanctuaires d'Orient Egypte, Grèce, Palestine: Égypte, Greec, PalestineChapitre 34 sur 46 · SCÈNE PREMIÈRE ZEUS, bientôt après DÈMÈTÈR · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE ZEUS, bientôt après DÈMÈTÈR

(Une grotte de l'Olympe. On y voit un lit d'ivoire et d'or semé de lys et de roses, à demi enveloppé d'un nuage.)

ZEUS (debout à quelque distance du lit, appuyé sur son sceptre, dans une méditation profonde)

Les temps sont révolus. Dèmètèr doit revenir. Sa course effrénée à travers le monde louche à sa fin, Triptolème, son nourrisson, a franchi les portes du Tartare ; mais, captif lui-même de Pluton, il n'a pu ramener Perséphone. Dèmètèr aux clieveux d'or, la Mère des dieux, la Lumière incréée, erre sur la terre comme une Furie armée de ses torches ardentes, et ne peut retrouver sa fille. Les hommes reculent d'effroi devant ses pas et ses yeux terribles. Car son cœur est

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en colère contre moi. Et pourtant... sans mot.*, pour» rait-elle enfanter celui qui doit délivrer Perséphone? — Ainsi, moi aussi, je subis l'inexorable destin du monde qui est mon œuvre. Ma foudre peut briser les hommes , ils sont libres pourtant de vivre et de mourir à leur gré, mais leurs pensées une fois changeas en actions ont des suites que moi-même je ne saurais arrêter. Quant aux dieux que j'ai créés, rien ne les enchaîne ; ils agissent chacun dans sa sphère, avec la puissance que je leur ai donnée ; ils sont éternels comme moi. — Si Perséphone buvait la coupe de Pluton, ni ma foudre, ni mon sceptre ne pourrait la ramener. . . Et mon cœur a soif de ma fille, et rien ne peut la remplacer, et je suis las de ma solitude. Mais je ne puis rien pour elle sans Dèmètèr... Quel est ce bruit insolite?... L'Éther frémit et gronde... et, du fond de Tespace, un tourbillon de vent vient heurter les flancs de la montagne... c'est la Mère des Dieux qui remonte à l'Olympe et revient m'assaillir comme une vague furieuse...

(On entend un bruit de trombe.)

DÈMÈTÈR (tenant deux torches k la main) Zeus impassible et cruel, quand auras-tu cessé de me dépouiller? Toi, qui vis immuable dans ta splendeur et ta force, tu n'as nul souci des maux que souffrent tes créatures et de moi-même qui suis ta moitié. Tu as laissé Perséphone, notre fille, tomber dans l'Abîme et tu l'as cédée contre son gré à ton frère Pluton ! f

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