PR^ACE IX
universel, ramèneraient à une rénovation radicale et complète de son esprit^ de son dogme et de son organisation. Or, jamais elle ne s'y décidera par elle^môme. Son pouvoir lui suffit. Elle baptisô, elle marie^ elle enterre, elle fait de la politicfue. Que lui faut-^U de plus 7 Tant qu'un mouvement spiritualiste indépendant et d'une portée transcendante nètratersera pas le monde laïque, TÉglise n'abandonnera ni un iota de son dogme, ni un article de son pouvoir*
Mais supposons que l'élite du monde laïque et, â sa tête, l'Université, qui est le cerveau pensant du monde actuel, tienne le langage suivant : « Infidèle à sa mission, l'Église n'a pas su adapter les vérités du monde intérieur et du monde divin aux besoins de l'humanité moderne. Vous tous, chefs et dignitaires de l'Église, vous manquez à ce devoir, malgré les vertus admirables et les aspirations généreuses d'un grand nombre de prêtres pensants et la foi fervente de ces milliers d'âmes simples qui attendent de vous le pain de vie. Eh bien, ces vérités, nous les appliquerons à la science, à l'art et à l'organisation sociale, et nous vous prouverons ainsi par notre religion laïque que nous pouvons nous passer de vous. » Le jour où un groupe
^LiJ^Bk Lll^
X PFÉFACE
autorisé et influent parlera ainsi et agira en cooséquence» TÉglise, épouvantée et menacée dans son pouvoir spirituel ^ sera forcée de se transformer de fond en comble. Mais jusque-là elle sourira, elle dédaignera et elle gouvernera des âmes inertes avec des dogmes desséchés-
Combattre, d'une part, Tathéismequî se cache sous la plupart des doctrines universitaires comme un principe d'anémie et comme un poison mortel; épanouir dans toute œuvre la vie de TAme et la science de TEsprit ; — de Fautre, chasser Tintolérance et la domination romaine de rÉglise» afin que vienne à se constituer l'Église vraiment universelle, tel devrait être le double programme et T action concordante de tous ceux qui pensent, qui savent et qui veulent le salut. La dissociation croissante, dont l'Europe actuelle nous offre le spectacle et qui se répercute en France d'une manière effrayante^ a pour raison primordiale ce duel entre la Scienceet la Religion, représentées par TUniversité etparTEglise. Bataille acharnée, sans issue possible, les deux adversaires élant de force égale; bataille qui se livre non seulement dans nos institutions, mais en quelque sorte dans chaque conscience, paralysant les âmes, émasculant les caractères.