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Sanctuaires de Byzance

Les monuments étudiés ici occupaient une place très importante dans la vie des Byzantins. La piété populaire avait attaché à chacun d’eux une foule de traditions et de souvenirs qu'il importe de mettre en relief, si l’on veut comprendre leur signification véritable. Ces sanctuaires, qui sont au nombre des plus anciens et des plus vénérés de la capitale, abritaient des trésors, qui ont été détruits ou dispersés, et qui étaient leur plus belle parure ainsi qu’une des sources où s’alimentait la dévotion du peuple.

Le culte des reliques remonte au berceau même de l'Église. Conserver les restes, les souvenirs de ceux que l’on à aimés est un trait commun à l'humanité d’hier et d'aujourd'hui. Les Anciens estimaient que « c'était un grand honneur pour une cité de posséder des morts quelque peu marquants !. » Chaque cité cherchait à se procurer les ossements des héros pour les associer aux destinées de ses pénates.

Constantinople, qui ne possédait pas comme Rome un trésor de reliques, rechercha très tôt les restes des saints, qui étaient considérés comme les gardiens du pays et devaient assurer la grandeur de la cité. A chacune de ces reliques étaient attachés des souvenirs, des récits, qui se développèrent au cours des siècles et dont l’origine est souvent obscure. On vivait dans le merveilleux. L’imagination orientale si brillante, si subtile, transformait tout. Ces poétiques traditions, qui nous sont parvenues sous une forme plus ou moins remaniée, ne sauraient être entièrement bannies de l’histoire. Elles sont une peinture vraie des mœurs et des caractères, et montrent com-. ment les hommes du moyen âge conçurent et expliquèrent les choses.

1. Cf. Fustel de Coulanges, la Cité antique, II, 6, Paris, 1885, p. 170.

Les reliques sur lesquelles s’est concentrée pendant des sièeles le pensée d’un peuple éminemment traditionnaliste étaient conservées dans une enveloppe digne des espoirs qu'on mettait en elles, Des générations d'orfèvres et d'artistes se sont ingéniées à confectionner ces enveloppes de bois ou de métal, qui contenaient les restes d'un saint où d’un martyr. Maitresse du plus beau trésor de reliques de la chrétienté, Constantinople a semé sur elles les émaux et les pierres précieuses. Elle n'a ménagé ni l'or ni l'argent. Elle à place ces œuvres d'art, ornées de ciselures délicates, dans un eadre digne d'elles, dans les autels de ses sanctuaires, où elles attiraient sur elles tous les regards de la foule. Aussi ces reliquaires doivent-ils ètre replacés dans leur véritable milieu, dans l’église même dont ils étaient le principal ornement. Les trésors religieux faisant partie intégrante des sanctuaires, il importait de rechercher d'abord la structure de ces églises, qui ont disparu pour la plupart, puis de localiser dans les différentes parties du monument les reliquaires qui y étaient conservés.

I est possible dès lors d'étudier d’une manière plus préeise limportante question des anciens trésors religieux que renfermait la capitale. Les reliquaires byzantins ont disparu ou bien ils ont ête dispersés dans le monde. Beaucoup sont venus enriehir les trèsors des cathédrales et des monastères d'Occident. Les reliques qu'ils contenaient ont alimenté la piété des peuples occidentaux et ont suscité de nouveaux lieux de culte et de pèlerinage. Ainsi, par ses trésors dont elle fut dépouillée, Byzance à rayonné sur l'Europe latine. Il n'était pas sans intérêt de rechercher à cette oceasion les influences que la capitale de l'Empire a pu exercer dans les régions où ces œuvres d'art ont été importées.

Certes il ne faut rien exagérer et ne pas verser dans le « mirage oriental ». La culture latine est restée le fond de la civilisation européenne. Mais tout se tient en histoire. L'histoire du moyen âge oriental ne peut être séparée de l'histoire du moyen âge occidental, les échanges entre les deux civilisations ayant été constants. Dans le tout si complexe que forme la civilisation européenne, les sanetuaires de Byzance occupent une place qui n'est pas négligeable.

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