‹ Sanctuaires de ByzanceChapitre 54 sur 113 · Cf. Theophan. Contin., V, 94, éd. Bonn, p · texte numérisé non relu

Cf. Theophan. Contin., V, 94, éd. Bonn, p

8. Cf. Marcellinus Comes, Chron., éd. Mommsen (Mon. Germ. hist., t. XI, 2, p. 84, 85); Chronicon Paschale, éd. Bonn, p. 591; v. la relation de cette découverte dans Du Cange, op. cit., p. 2158. :

4. Cf. Acla Sanct., juin, t. IV, p. 741; cf. Du Cange, op. cit., p. 44. La main du Prodrome fut rapportée d'Antioche à Constantinople par le diacre Job, sous le règne de Constantin VII Porphyrogénète, en 956. Elle fut reçue en grande pompe par le patriarche Polyeucte, le Sénat et le clergé, puis déposée au Palais (cf. Cedrenus, éd. Bonn, t. II, p. 335 ; Acta Sanct., loc. cit., p. T42 ; cf. Rambaud, L'empire grec au x° siècle, Conslantin Porphyrogénèle, Paris, 1870, p. 112; Analecta Bollandiana, t. XXXI, 1912, p. 324). Antoine de Novgorod signale, en effet, la main droite de Jean-Baptiste avec laquelle on sacre les empereurs dans l'église de la Vierge du Phare (cf. Jtin. russes, p. 98). Elle est aussi mentionnée, vers 1150 et en 1157, dans la chapelle de l’empereur (cf. Riant, Exuviæ, t. I], p. 212, 214). La main droite est signalée plus tard dans le monastère de la Vierge Péribleptos par les pèlerins russes du xiv° et du début du xv° siècle (cf. Itin. russes, p. 122, 124, 138, 139, 204). Le pèlerin anonyme (1424-1453) ne la mentionne plus à la Péribleptos, mais dans l'église du Sauveur; la relique n’était plus intacte ; les doigts manquaient; le reste de la main était monté en or (cf. Itin.russes, p. 231).

A cette époque la relique n’était plus entière. Antoine de Novgorod, en 1200, avait déjà signalé un doigt du Précurseur dans l’église de Saint-Jean-Baptiste de Stoudios (cf. Ilin. russes, p. 100). Ainsi la main n'a pas été toujours conservée au même endroit. Au début du xve siècle, Clavijo a vu dans l'église de la Vierge Péribleptos le bras droit de Jean-Baptiste « du coude en bas avec la main; il était tout à fait bien conservé et intact ; il était enchâssé dans de minces baguettes en or, mais il lui manquait le pouce » (cf. Ph. Bruun, Constantinople, ses sanctuaires et ses reliques au commencement du xv° siècle. Fragment de l'Itinerario de Clavijo, Odessa, 1883, p. 7). D'après Bruun, op. cit., p. 30, ce bras droit, qui était resté à Constantinople, passa de 1à à Rhodes, puis à Malte, d'où il fut envoyé en Russie à la fin du xvru° siècle (cf. Constantiniade, Constantinople, 1846, p. 130). Quant à la main gauche du Baptiste, elle se trouvait, d'après Du Cange, à Sébaste, d'où elle aurait passé à Perpignan, où elle était conservée dans l’église des Pères Dominicains. C'était, dit-il, « le bras gauche non entier, mais seulement depuis le coude, avec la main et les doigts » (cf. Du Cange, Trailé historique du chef de saint Jean-Baptiste, Paris, 1665, p. 186 s). Clavijo a cependant signalé le bras gauche dans l’église de Saint-Jean-Baptiste de Pétra. « De ce bras, dit-il, il n'y avait que la partie entre l'épaule et la main, les jointures du coude et de la main étaient ornées en or,

Ainsi la tête du Baptiste découverte à Émèse aurait été déposée un certain temps, sous Justinien, à l’église de l’'Hebdomon. Le chef, qui avait été apporté sous Théodose le Grand, ne devait plus s’y trouver. Qu'est-il devenu ? On ne sait.

Suivant un troisième récit, le chef, qui était à Émèse, fut porté en la ville de Comane, où il resta caché pendant la persécution des iconoclastes ; c’est là qu’il fut trouvé sous l'empereur Michel III (842-867),

FiG. 14. — Invention du chef de saint Jean-Baptiste sous Michel III. Miniature du Ménologe de Basile Il.

comme le montre une miniature du Ménologe du Vatican (fig. 14). Ensuite il fut apporté à Constantinople sous le patriarcat d’Ignace (847-858) et déposé dans la chapelle du palais '. Mais il ne fut pas

conservé toujours en cet endroit.

Le 29 août, où l’on célébrait la mémoire de la décollation du

avec des pierres précieuses » (cf. Ph. Bruun, op. cit., p. 5). L’ambassadeur castillan a dù confondre cette relique avec celle d'un saint du même nom, qui restaura l'église, et dont on montrait la main aux pèlerins russes du x1v° et du xy° siècle (cf. Ilin. russes, p.137). Étienne de Novgorod affirme du reste, vers 1350, que la main droite de Jean-Baptiste se trouvait au monastère de la Vierge Péribleptos -et que la main gauche n’était pas à Constantinople, comme on le prétendait aussi de son temps, mais « au Jourdain » (cf. Ibid., p. 124).

1. V. les textes de cette troisième invention dans Du Cange, op. cit., p. 229 s., 254 s.; cf. p. 80 s.; et la miniature du Ménologe du Vatican, cf. IL Menologio di Basilio II, t. IT, Turin, 1907, pl. 420.

Précurseur, la cour impériale se rendait au monastère de Saint-Jean- Baptiste de Stoudios. Les souverains, ayant: pénétré dans l’église, allaient dans un oratoire situé à droite de l'autel, où se trouvait la tête (xdpa) du Prodrome ; ils allumaient des cierges et déposaient un saint baiser sur la relique ‘. En décembre de l’année 1025, Basile IT le Bulgaroctone nomma, quelques jours avant sa mort, patriarche de Constantinople Alexios, qui était higoumène du monastère de Stoudios. Celui-ci était venu visiter l’empereur dans ses derniers moments et lui avait apporté la tête du Précurseur ?. Ainsi, aux dixièmeetonzième siècles, la relique était conservée dans l’église du monastère, qui fut, après l’église de l’'Hebdomon, un des plus anciens sanctuaires dédiés à la mémoire de Jean-Baptiste. Cette magnifique basilique, dont les. restes imposants subsistent encore aujourd’hui, date, en effet, de la seconde moitié du cinquième siècle®.

La tête de Jean-Baptiste fut une des reliques les plus célèbres de Constantinople. Elle est mentionnée immédiatement après les reliques du Christ dans la lettre d’Alexis Comnène à Robert de Flandre“. Aussi l’église fut-elle visitée souvent par les pèlerins du moyen âge. Le corps du martyr Babylas, évêque d’Antioche, y fut aussi déposé et un office était célébré en son honneur le 4 septembreÿ. Antoine de Novgorod a vu sa tête en 12006. Le tombeau du célèbre higoumène du monastère, Théodore Stoudite, était encore plus réputé’. Les restes mortels de l'adversaire irréductible des iconoclastes avaient été ramenés à Constantinople, en 844, après la victoire de l’orthodoxie, et avaient été déposés à droite de l’autel, dans l'oratoire où étaient conservés les restes des martyrs$.

1. Cf. Cer., IL, 13, p. 562, 563 ; cf. J. Ebersolt et A. Thiers, Les Églises de Constantinople, Paris, 1913, p. 16.

Page 1