Voir plus haut, p
6, CF. G. I. G., t. IV, p. 323-324, n° 8695; E. Molinier, l'Orfévrerie, p. 46-48 ; Kon-
thèque de Lavra, attribuée à Nicéphore Phocas, est fermée par deux
volets, décorés de pierreries et de médaillons en émail! (fig. 17). Souvent la staurothèque n’a pas l’aspect d’une boîte fermée, mais
d’un simple tableau, entouré d'un cadre. Au milieu est enchâssée la
Fi. 17. — Staurothèque de Lavra (d'après Kondakov).
relique. Des anges volant dans la partie supérieure, les figures traditionnelles de Constantin et d'Hélène, des saints, parfois des scènes
dakof, op. cil., p. 196 s.; Ch. Diehi, Manuel d'art byzanlin, Paie, 1910, P- 648, 647, fig. 327; O. M. Dalton, Byzanline art and archaeology, Oxford, 1911, p.528, 529, fig. 311.
1. Cf. Kondakof, op. cit., p. 207; du même, Pamjatniki christianskago iskusstva na Afonjé, Pétersbourg, 1902, p. 204 S., pl. xxiv-xxv; Brockhaus, Die Kunst in den Athos-Klüstern, Leipzig, 1891, p. 45 s.; Ch. Diehl, op. cit., p. 649.
de la Passion ornent le champ. La décoration de ces reliquaires n’était pas établie non plus suivant un modèle uniforme et les artistes byzantins usèrent de cette liberté pour composer des œuvres remarquables. Tels étaient les reliquaires de la Sainte-Chapelle !, du Mont- Saint-Quentin, de Troyes, de Clairvaux, de Soissons*?. Ils ressemblaient à un groupe de staurothèques qui nous sont parvenues : celle de Gran, qu’on date du onzième ou du douzième siècle? (fig. 18), celle du trésor de Saint-Mare à Venise, qui fut envoyée de Constantinople, par le doge Henri Dandolo et qui porte le nom d’une impératrice byzantine du nom de Marie, celle en vermeil du trésor de Moscou, qui fut apportée de Constantinople, en 1354, par le métropolite Alexis ?.
Ces monuments avec leur ornementation exécutée au repoussé, leurs émaux, leurs pierres précieuses, dont le coloris est souvent d’un éclat extraordinaire, avec leurs personnages et leurs ornements dont le dessin est d’une finesse souvent remarquable, sont des œuvres très représentatives de l’art impérial. On employait non seulement les métaux précieux, les émaux, les pierreries, mais aussi l’ivoire, comme pour la staurothèque de Cortone, sur laquelle est ciselé le nom du possesseur, l’empereur Nicéphore Phocas f. Ces staurothèques byzantines ne furent cependant pas toutes dispersées. Un certain nombre resta à Constantinople après l'occupation latine. L’inventaire du trésor de Sainte-Sophie, de l’année 1396, en mentionne plusieurs en argent ou en argent doré 7.
Les reliquaires de la vraie Croix n’avaient pas tous la forme des staurothèques. Ils avaient aussi l'aspect de croix. Ces croix-reliquaires étaient parfois à double travée, comme celle que l’on voit sur