CRE
Ces reliquaires, dont l'or et les pierres précieuses brillaient. autrefois dans l'ombre des sanctuaires de Byzagce, étaient venus. enrichir les trésors des cathédrales et des monastères d'Occident. Ils n'existent plus aujourd’hui, mais il est possible de mesurer l’étendue de cette perte grâce aux reliquaires qui ont heureusement échappé à la destruction, Ces reliquaires ont la forme générale d’un tableau au centre duquel est pratiquée une cavité en forme de croix à double travée, destinée à contenir la relique. On les appelait oravçoÿxa: ou Eukobrxa. [ls étaient facilement transportables. Ainsi lorsque l’empereur de Byzance partait.
en guerre, un fonctionnaire le précédait, portant suspendue à son cou la xylothèque!. Ces staurothèques constituent une des séries les plus importantes parmi les reliquaires byzan-
tins?.
Une des plus anciennes est.
la staurothèque de Poitiers, don d’un empereur byzantin du sixième siècle? (fig. 16). Elle avait primitivement la forme
FIG. 16. — Staurothèque de Poitiers d'un triptyque‘, comme un des (d'après Molinier). reliquaires disparus du trésor
de Clairvaux ®. La staurothèque
conservée dans la cathédrale de Limbourg sur la Lahn provient du butin fait, en 1204, au sac de Constantinople. Le chevalier Henri d'Ulmen, qui avait pris part au pillage, en fit don en 1208 à l’église. de Steuben. Elle à la forme d’une boite rectangulaire fermée par un couvercle à coulisse. C’est une des œuvres les plus remarquables du dixième siècle sorties des ateliers de Byzance. La célèbre stauro-
1. Cf. Cer., App. ad lib. I, p. 485; N. Kondakof, Histoire et monuments des émaux byzantins, Francfort-sur-Mein, 1592, p. 196.
2. Voir une liste incomplète de ces slaurothèques dans E. Molinier, le Reliquairede la vraie Croix du trésor de Gran (Gazette archéologique, t. XII, 1887, p. 245-246).