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S. Cyrille d'Alexandrie voulut faire honorer comme martyr, Sous le nom de Thaumasius. Il éprouva de la résistance chez
son peuple, qui n'était pas unanimement disposé à se prosterner devant le tombeau d'un fanatique compromis dans des
. bagarres et condamné de ce chef 1,
. esse poscendum, in quibus dolorem interitus superaverit gloria.
On cite parfois, à propos de faits de canonisation, un pas-
sage de Sozoméne sur les chrétiens tués durant les troubles
suscités par les paiens. L'empereur Théodose les proclama bienheureux: co)g uèr àvawsÜévrag joiorravods 2uaxágitev óc uap- Topíac yeoÓv uevaoyóvrac xai óméo roO Óóypuaroc npoxiwóvveó-
-cavrac. Mais l’empereur, dans une pensée élevée, refusa de sévir contre les coupables ?. L'historien est ici tributaire de
Rufin qui s'exprime ainsi : {lle qui ingenita mentis clementia errantes mallet emendare quam perdere, rescribit illorum quidem vindictam, quos ante aras sanguis fusus marlyres fecit, non
meritorum?. On le voit, l'avis de l'empereur est que ces chrétiens sont tombés glorieusement et méritent le titre de martyrs. Il ne décrète pas que les honneurs du culte leur seront rendus. : X. : |
La déclaration de Théodose rappelle l'épisode du moine Télémaque ou Almachius, mettant fin, à Rome, par sa mort, aux combats de gladiateurs. C'est la version de Théodoret, qui ajoute : l'empereur Honorius, en méme temps qu'il supprimait ces barbares spectacles, placa l'intrépide moine au nombre des glorieux martyrs: ro$ro ua0óv ó Oavuaotôc Baot- Aeog rov uv voic vix1)pógovc avrnoí(Üunroe uáprvot, Tv Ó? tv pv éxelvny &xavos Oewotar *. Il ne s'agit pas ici, sans doute, d'une simple appréciation. Il est trés vrai que l'exploit d'Alma-
chius a inspiré des hagiographes et que son nom a trouvé
place dans les martyrologes - Mais il est bien peu vraisemblable que l'empereur seul, sans l'intervention de l’évêque de
Rome, ait décerné au héros les honneurs du culte.
E Voir nos Martyrs d' Égypte, p. 36.
2 SozoMENE, Hist. eccl., VII, 15, 17.
$ Hist. eccl., XI, 22. MouMsEN, p- 1026.
-* Hist. eccl., V, 26.
5 Voir S. Almachius ou Télémaque, dans Anal. Boll., t. XXXIII,
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180 ; LE CONTRÔLE DE j GL
Dans les Gaules, la première intervention épiscopale connue -
en matiére de culte des saints est l'acte énergique de S. Martin rapporté par Sulpice Sévére. Non loin de sa ville episcopale était un endroit que l'on croyait sanctifié par le sang des martyrs. Ses prédécesseurs y avaient autorisé l'érection d'un
autel. Mais le saint soupconnait quelque irrégularité, et s'en-
quit auprés des anciens du nom du martyr et de l'époque de sa
passion. N'ayant obtenu aucune réponse satisfaisante, il se mit.
en priéres, et apprit par révélation que, bien loin d'étre un martyr, le mort était un brigand exécute pour ses crimes et
qu'une fatale erreur avait fait prendre pour un saint. Il
n'hésita pas, renversa l'autel et abolit du coup le culte superstitieux qui se pratiquait là. Ce grand exemple d'un prélat qui ne croit pas attenter à l'honneur de son ordre en reconnais-
sant que ses prédécesseurs ont pu se tromper, a été trop rare-
ment suivi.
Le tableau du culte des saints à l'époque mérovingienne, tel que nous le trace Gregoire de Tours, est loin de donner l'impression d'un contrôle rigoureux des évêques sur l'établissement des nouveaux cultes. La plupart du temps il n'est fait mention que de la dévotion des fidéles. Les faveurs obtenues par l'intercession d'un serviteur de Dieu sont ordinai-
. rement indiquées comme la raison déterminante, et le degré de
sainteté est estimé d'aprés le nombre des miracles. La plupart
des notices se terminent par des récits de grâces obtenues ou
par une mention dans le genre de celle-ci: qui se virtutibus manifestis saepius declaravit !.
Les origines du culte d'une sainte Crescence, dont le souvenir
s’est perdu depuis longtemps ?, sont racontées par Grégoire
de Tours avec une précision qui ne laisse rien à désirer. « Dans
le bourg de Paris se trouvait un tombeau, non loin du lieu où est l'église mére, comme on l'appelle. Rien ne labritait
et il portait ces mots inscrits sur la pierre : ; «iu.
HIC REQVIESCIT CRESCENTIA SACRATA DEO PVELLA :
Mais personne, pas méme les vieillards, ne pouvait se rappe-
1 Vitae Patrum, VII, 6.
? Act. SS., Aug. t. IIL, p. 729.
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Gebis z
ler quels avaient été ses mérites et ce qu'elle avait accompli en ce monde !. » L'épitaphe, on le voit, est celle d'une simple religieuse et jamais aucun honneur n'avait été rendu à ce tombeau.
«Enfin un clerc lut cette épitaphe, et la foi les animant, -
les gens soupconnérent que cette vierge pourrait bien avoir quelque rapport avec la majesté divine. Comme on était dans lhésitation, quelqu'un, que tourmentait l'ardeur de la fièvre tierce accompagnée d'un grand tremblement, avala un peu de poudre grattée sur le tombeau, et bientót, le tremblement s’apaisant, il alla mieux. La nouvelle s'étant répandue, beaucoup de gens qui souffraient du méme mal en profitèrent. Plus tard, le monétaire de la ville étant tombé gravement malade, la jeune fille lui apparut en songe et lui dit : « Va au plus vite.recouvrir le tombeau de la vierge Crescentia. Cela te
sera un secours pour n'étre pas tourmenté plus longtemps par ta maladie. » Celui-ci plein de confiance va chercher de la chaux, -
construit un oratoire sur le tombeau et est aussitót délivré de son mal. Mais afin que la puissance de cette vierge füt . exaltée davantage, quelqu'un de la ville eut mal aux dents ;
sa joue etait enflée au point de lui permettre à peine de.
prendre un peu de nourriture. Plein de foi il se rend au tom-
beau, et s'étant taillé une sorte de cure-dents, il le placa dessus, .
et dès qu'il l'eut approché de sa dent, la douleur disparut. Aprés cette expérience, ceux qui souffrent du mal de dents demandent le secours de cette vierge et sont guéris *. » C'est - donc l'initiative privée qui seule a agi et a fait bátir une chapelle sur une tombe jusque-là inconnue, devenue peu à peu ]e centre d'un pèlerinage. Cr
Abraham, venu d'Orient, était allé s’établir en Auvergne, et avait répandu ses bienfaits sur la contrée 3. Ici nous voyons l’évêque intervenir et consacrer son culte par une solennelle épitaphe, dont les premiers mots sont significatifs :
1 In gloria confessorum, 103. Nous citons, en la retoucha nt, la traduction de Bordier.
2 In gloria confessorum, ibid.
3 (GngÉGOIRE DE Tours, Vilae patrum, III: Hist. Francorum, I, ‘21. | |
L'APPROBATION DU CULTE x 181