COTES CERVICALES
Généralité et division. — L'étude des côtes cervicales a été faite en France dans les études d'ensemble de Pierre Marie, Crouzon, et Chatelin. Lorsqu'on examine les faits, il n'est plus douteux qu'il s'agit dans ce cas de dorsalisation de la VIe cervicale, le plus souvent exceptionnellement des VIe, Ve et VIIe, et l'étude d'ensemble des hétéromorphismes régionaux permet de situer les côtes cervicales à leur véritable place en tératologie.
Les côtes cervicales ne sont point exceptionnelles : elles sont souvent trouvées par hasard, lors de l'exploration des ganglions du cou on sent une résistance osseuse anormale qui y fait songer ; elles ne donnent lieu alors à aucun symptôme, l'anomalie est silencieuse et elle l'est fréquemment puisqu'elle ne se révèle par des phénomènes pathologiques que dans 5 ou 10 p. 100 des cas. Les côtes cervicales peuvent exceptionnellement se rencontrer chez plusieurs membres de la même famille.
La côte cervicale supplémentaire siège en général au niveau de la VIIe vertèbre cervicale ; elle peut être unique ou exister des deux côtés.
On peut en distinguer trois types anatomiques : 1° le type court ne dépassant pas l'apophyse transverse ; 2° le type moyen dépassant
l'apophyse transverse, mesurant 2 à 4 centimètres à extrémité libre ou fusionnée à la première côte thoracique ; 3° un type long à corps osseux ou ostéo-cartilagineux se soudant soit à la première côte, soit au sternum.
Étude clinique. Le syndrome des côtes cervicales. — Les phé-
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Fig. 50. — Côte cervicale, type long (schématique).
nomènes pathologiques causés par la présence des côtes cervicales sont dus aux rapports anatomiques contractés parla nouvelle côte avec l'artère sus-claviculaire, le plexus brachial et le dôme pleural.
Ils apparaissent en général entre quinze et quarante ans, rarement dans l'enfance, à la suite d'un traumatisme, d'une infection ou même spontanément, sans cause déterminée. Les troubles subjectifs consistent le plus souvent en troubles nerveux, sensitifs et moteurs. Ce sont des douleurs lancinantes plus ou moins violentes, siégeant au membre
DORSALISATION DES VERTEBRES CERVICALES
supérieur, à type radiculalgique ou névralgique prédominant dans la sphère du cubital, parfois irradiant dans la région cervicale. Ces troubles sont isolés ou s'accompagnent de troubles vaso-moteurs ou moteurs: il peut y avoir simple gêne des mouvements du membre supérieur, et dans les cas plus accentués une véritable parésic. Il peut y avoir des