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III. -RACHITISME TARDIF

Contrairement au rachitisme congénital, le rachitisme tardif est fréquent. L'appréciation de cette fréquence variera toutefois selon l'acception que l'on donnera au mot rachitisme tardif. Il importe de bien s'entendre tout d'abord sur cette acception.

Il faut distinguer le rachitisme tardif du rachitisme prolongé ; en général, les déformations rachitiques cessent de s'accuser vers 5 à 6 ans au plus tard, et souvent même s'atténuent et disparaissent. Exceptionnellement, chez des enfants malingres, en puissance de bacillose,

ou soumis à de mauvaises conditions de vie, le rachitisme, au lieu de s'atténuer, persiste et s'accentue même dans la seconde enfance, et môme l'adolescence. C'est ce qu'on appelle le rachitisme prolongé.

Parfois, après une période de régression vers 4, 5, 6 ans, un retour de déformations osseuses survient ultérieurement. Le nom de rachitisme à récidive tardive convient à ces cas.

Dans l'un et l'autre de ces cas, le caractère et la localisation des lésions rappellent ce qui se voit dans le rachitisme commun. L'âge seul diffère et explique une intensité moins grande des tuméfactions.

Il en est tout autrement dans les lésions osseuses diverses qu'Ollier a réunies sous le nom de rachitisme tardif. Il s'agit de déformations osseuses survenant dans la seconde enfance ou l'adolescence, et spécialement au moment de la poussée de croissance prépubérale.

Ces déformations sont rarement multiples, le plus souvent elles sont localisées à un segment osseux. La plupart des cas de scoliose dite essentielle des adolescents, de genu valgum des adolescents, de pied plat des adolescents seraient dus à un processus semblable à celui du rachitisme de l'enfance ; les altérations osseuses rappellent sous forme atténuée celles du rachitisme. Elles se produisent au moment où, après avoir franchi le stade languissant de la seconde enfance, la croissance reprend avec une activité nouvelle, et par conséquent le travail de prolifération osseuse. Chez les filles, c'est la colonne vertébrale qui est surtout frappée ; la scoliose des adolescents est aussi rare chez le garçon que fréquente chez la fille ; c'est que la croissance de celle-ci est beucoup plus rapide, et s'accompagne beaucoup plus souvent d'une modification générale de l'organisme dont la chlorose est une autre manifestation morbide. Enfin la statique osseuse du tronc est beaucoup moins solidement assurée chez la femme que chez l'homme, à cause des modifications du bassin qu'entraîne la viviparité.

"ig. 67. — Déformation thoracique tardive, type de cyphose (1).

1) Figure extraite de la Technique clinique médicale de E. Sergent.

Chez les garçons, au contraire, les membres, spécialement les membres inférieurs, sont plus touchés. M. Estor l'explique par ce fait que les garçons plus souvent que les fillettes sont soumis à des causes de fatigue et de surmenage physique.

Traitement. — Le rachitisme tardif exige en première ligne un traitement général dont le repos, le grand air, le massage, l'hydrothérapie, une alimentation variée, abondante, riche en graisses et en légumes secs sont les bases. Il faut y ajouter un traitement orthopédique local, dont la base est une gymnastique appropriée des segments corporels atteints. Ce n'est que dans les cas de déformation très accentuée que des appareils orthopédiques de soutien ou de redressement pourront être employés. Il faut qu'ils soient légers (toile, tissus élastiques, celluloïd), de façon à ne pas entraver l'activité musculaire. On pourra y joindre les médications qui donnent d'heureux résultats dans le rachitisme commun.

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