VI SANG
cémies, l'hémophilie, les purpuras, etc., mais de présenter un tableau d'ensemble des notions essentielles que nous possédons aujourd'hui sur l'origine et le rôle du sang dans l'économie, à l'état normal et à l'état pathologique, et de montrer au lecteur les déductions pratiques qu'il en peut tirer, pour le diagnostic, le pronostic et le traitement d'un grand nombre de maladies.
Le sang constitue chez l'homme la partie circulante du milieu intérieur. Sa masse, considérable, puisqu'elle représente environ la quinzième partie du corps humain a encore son champ d'action singulièrement agrandi par le mouvement incessant qui l'anime (elle passe et repasse plus de 2 fois par minute dans les cavités cardiaques).
Le sang distribue aux éléments anatomiques l'oxygène recueilli au niveau des poumons et les matériaux nutritifs provenant de la digestion, se porte des capillaires viscéraux aux capillaires périphériques, régularise la température des différentes parties du corps, reçoit les sécrétions internes des glandes et des tissus, transporte d'un organe à l'autre les hormones qui règlent à distance les synergies glandulaires, ramène enfin au niveau des organes chargés de les éliminer les déchets de la vie cellulaire.
Cette masse sanguine est constituée par des éléments figurés en suspension dans un liquide presque incolore, le plasma ; de ces éléments, les uns sont des organites hémoglobinifères, les globules rouges ou hématies, les autres dépourvus d'hémoglobine sont les globules blancs ou leucocytes et les plaquettes sanguines.
Les globules rouges ne présentent aucun noyau. Ils se composent pour un 1 /10 d'une charpente protéique riche en sels de potasse, le stroma, et pour 9/10 d'un pigment, Yhémoglobine, spécialement adapté à la fonction des échanges respiratoires : au contact de l'oxygène cette hémoglobine s'oxyde et prend une couleur rouge vif ; au contact des tissus auxquels elle cède son oxygène, l'oxyhémoglobine se réduit et redevient bleu noirâtre. La valeur des hématies comme fixateurs et convoyeurs d'oxygène dépend essentiellement de leur teneur en hémoglobine ; l'on peut cliniquement apprécier cette valeur au moyen de deux méthodes : la numération des hématies et l'évaluation par la méthode colorimétrique de la quantité d'hémoglobine contenue dans un même volume de sang (Hayem).
A l'état normal, la constance de la tension osmotique du sang assure
INTRODUCTION Vil
la conservation des globules rouges ; mais si on les introduit dans un liquide de concentration inférieure à celle du plasma sanguin, les hématies laissent échapper leur hémoglobine, elles s'hémolysent. On peut, en se servant de solutions de concentration progressivement décroissante, rechercher à quel moment apparaît l'hémolyse, mesurer les variations de la résistance globulaire et apprécier ainsi l'hyperrésistance ou la fragilité des hématies.
Les globules blancs se divisent en deux classes profondément dissemblables selon qu'il existe ou non des granulations dans leur protoplasma.
Les polynucléaires, qui représentent les 2/3 des leucocytes du sang normal, sont des cellules dont le protoplasma est chargé de granulations et le noyau contourné, multilobé. Selon les afïinités colorantes de leurs granulations (Ehrlich), on distingue des polynucléaires neutrophiles, éosinophiles ou basophiles; ces cellules sont celles qui saisissent et détruisent le mieux les micro-organismes, d'où le nom de microphages que leur a donné Metchnikoff. Tous les leucocytes granuleux dérivent du tissu myéloïde, de la moelle rouge des os, ce sont des myélocytes (Dominici).
Les leucocytes non granuleux forment deux groupes un peu différents : les uns sont petits, avec un noyau sphérique qu'entoure une mince couche de protoplasma, ce sont les lymphocytes ; les autres plus volumineux ont un protoplasma plus abondant et un noyau parfois irrégulier, ce sont les grands mononucléaires. Ils sont capables de phagocyter, de digérer des corps étrangers volumineux et résistants : débris cellulaires, hématies , parasites ; ce sont les macrophages (Metchnikoff). Les lymphocytes et les mononucléaires non granuleux dérivent du tissu lymphoïde, des ganglions lymphatiques, de la rate et des follicules de l'intestin.
Tous les leucocytes, les polynucléaires surtout, sont particulièrement riches en diastases diverses, que l'on retrouve après la coagulation du sang dans le sérum, si bien que l'on a pu dire que le sérum était un « soluté » de globules blancs (Bezançon et Labbé). De plus ces leucocytes véhiculent le fer, le glycogène et les nucléines que l'on trouve dans le sang.
Les plaquettes sanguines enfin sont des organites absolument indépendants des autres éléments du sang et ayant une physiologie propre : elles jouent un rôle considérable dans la coagulation du sang (Le Sourd et Pagniez, Bordet et Delangle) et sont incontestablement les agents actifs et indispensables de la rétraction du caillot fibrineux (Hayem, Le Sourd et Pagniez).
Le plasma du sang que l'on peut séparer des éléments cellulaires, par