INTRODUCTION XI
pas au sang assez d'eau et de molécules, le plasma interstitiel lui code les éléments nécessaires au prompt rétablissement de son équilibre physico-chimique et les emprunte, s'il le faut, aux tissus eux-mêmes.
L'intervention du chlorure de sodium, répandu dans tout l'organisme, facilite singulièrement ces échanges. Grâce à sa diffusibilité, à sa solubilité, à la petitesse et au nombre de ses molécules, il se déplace avec une extrême facilité pour se porter partout où se produit soit une rupture de l'équilibre chimique, soit une altération de la concentration moléculaire, entraînant avec lui une quantité correspondante d'eau, et assure ainsi tout à la fois l'équilibre de composition chimique et l'équilibre d'hydratation du sang et des tissus (Widal).
En dehors de ces propriétés fondamentales, spéciales au tissu sanguin lui-même, le sang possède encore de nombreuses propriétés d'emprunt qu'il doit aux produits déversés dans sa masse soit d'une façon constante, physiologique, soit d'une façon passagère, pathologique.
Le sang transporte en effet nécessairement tous les produits intermédiaires des échanges nutritifs, dont l'élaboration commencée dans un organe ne s'achève que dans un autre ; tous les produits des glandes à sécrétions internes, l'adrénaline par exemple, et bien d'autres sans doute dont l'action apparaît chaque jour plus clairement mais que dans l'état actuel de nos connaissances nous ne pouvons déceler à leur passage dans le sang.
D'autres propriétés fort importantes, d'origine leucocytaire, deviennent surtout apparentes dans le sérum, après la coagulation du sang.
Certains sérums sanguins possèdent, naturellement à un degré plus ou moins marqué, la propriété de détruire les microbes (pouvoir bactéricide) et même les cellules appartenant à un organisme étranger, de dissoudre en particulier les globules rouges (pouvoir cytolytique ou hémolytique) après les avoir réunis en amas, les avoir agglutinés. Il existe même des sérums humains qui normalement agglutinent et hémolysent les globules rouges d'autres hommes ; la recherche de ces isoagglulinines et de ces isohémolysines naturelles a une grande importance dans la pratique de la transfusion du sang ; pour éviter tout accident, on doit toujours, avant de choisir le donneur, vérifier l'action de son sérum sur les hématies du récepteur et inversement l'action du sérum du récepteur sur les hématies du donneur.
Toutes ces propriétés, faibles et inconstantes à l'état physiologique, s'exagèrent à l'état pathologique aussi bien que dans les conditions expérimentales ; l'organisme envahi par des germes microbiens, par des cellules, réagit contre ces antigènes et produit des anticorps : agglutinines, précipitines, sensibilisatrices, spécifiquement dirigés contre