INTRODUCTION IX
et 0,05 p. 1.000 (Chauffard, Brodin et Grigaut). Enfin, à l'état normal, le sang a toujours une réaction nettement alcaline qu'il doit aux carbonates et phosphates alcalins qu'il renferme.
Dans les conditions physiologiques, l'équilibre des différents éléments se rétablit aussitôt lorsqu'une cause accidentelle l'a momentanément troublé.
Le jeûne, la sudation, la diurèse, la vaso-constriction causée par le froid ne produisent en concentrant le sang que des augmentations légères et passagères du nombre des globules rouges. De même la vaso-dilatation causée par la chaleur, l'absorption de boissons abondantes, par un mécanisme inverse, n'abaissent le nombre des globules rouges que pour un temps.
La digestion augmente pendant quelques heures le nombre des globules blancs (leucocytose digestive) , mais la perturbation est passagère et le nombre des leucocytes revient rapidement à la normale.
La tendance au rétablissement de l'équilibre des diverses parties du sang est telle que des perturbations brutales comme une saignée ou l'injection massive dans les veines de solutions hyper ou hypotoniques n'aboutissent qu'à des modifications transitoires de la composition du sang.
La constance de l'équilibre de la composition du sang paraît plus remarquable encore si l'on songe aux apports et aux éliminations qui viennent à chaque instant troubler cette harmonie.
Tandis que tous les tissus de l'organisme renferment à côté de leurs éléments en pleine activité fonctionnelle des cellules embryonnaires et de nombreuses formes intermédiaires entre les cellules jeunes et les cellules adultes, le sang ne renferme que des formes cellulaires adultes en activité (Bezançon et Labbé).
Les formes originelles de ces éléments figurés (hématies nucléées, myélocytes granuleux) n'existent pas dans le sang et restent cantonnées dans les organes hématopoïétiques, qui ne les laissent passer dans la circulation que lorsqu'elles sont arrivées à maturité et parfaitement aptes à remplir leur fonction.
De même les hématies et les leucocytes vieillis, usés, déchets de la vie cellulaire devenus inutiles, sont éliminés du sang circulant ; ils vont s'accumuler dans la rate ou dans le foie où ils sont détruits et digérés par les macrophages. Les formes jeunes comme les formes vieillies ne serviraient en effet qu'à surcharger inutilement la masse sanguine sans aucun profit au point de vue fonctionnel.
Cette masse sanguine doit donc se renouveler constamment ; elle le fait grâce aux apports de la lymphe et des organes hématopoïétiques.
Les vaisseaux lymphatiques, collectés par le canal thoracique et la grande veine lymphatique, déversent journellement dans la circulation veineuse une quantité de lymphe considérable, lymphe dont la composition est bien différente de celle du sang.
Le plasma lymphatique, en effet, issu par diffusion des capillaires sanguins, renferme moins de substances protéiques que le plasma sanguin et plus au contraire de produits d'excrétion ; les seuls éléments figurés qu'il apporte au sang sont ceux que lui cèdent au passage les ganglions lymphatiques et les follicules clos de l'intestin, lymphocytes et mononucléaires non granuleux ; enfin il contient d'innombrables globules gras, absorbés pendant la digestion et que les vaisseaux lymphatiques de l'intestin, les chylifères, déversent dans le canal thoracique.
Aux éléments lymphoïdes, que la lymphe a introduits dans le sang viennent s'ajouter des éléments de même nature que les veines spléniques lui apportent de la rate, puis les éléments myéloïdes (hématies, polynucléaires ncutrophiles et éosinophiles) déversés dans la circulation générale par les sinus veineux de la moelle des os, de telle sorte que la masse sanguine reçoit à chaque instant exactement le nombre de cellules nécessaire pour remplacer celles qui se détruisent.
Mais tandis que les éléments cellulaires, globules rouges et globules blancs, semblent s'user et se rénover relativement peu, si on en juge par l'activité si nettement ralentie des organes hématopoiétiques chez l'adulte, la masse plasmatique au contraire se modifie et se renouvelle sans cesse par l'afflux des matériaux divers, de l'eau, des sels que l'absorption digestive déverse dans le sang, par de continuels échanges avec les tissus, par le jeu régulier enfin des divers émonctoires, rein, intestin, peau et surface pulmonaire, éliminant l'eau et les produits d'excrétion.
Et cependant la proportion relative des éléments qui la composent reste la même à l'état physiologique.
Cette fixité tient à l'existence d'un véritable mécanisme régulateur de la composition du plasma, mécanisme complexe, mais qui est avant tout fonction de l'activité des échanges intervenant sans cesse entre le sang et le plasma interstitiel et par son intermédiaire entre le sang et les éléments cellulaires mêmes des tissus (Achard).
Ce plasma interstitiel s'interpose entre les éléments anatomiques qu'il baigne et le plasma enclos dans les vaisseaux sanguins : il reçoit temporairement du sang l'excès d'eau et de substances dissoutes que les émonctoires naturels ne peuvent immédiatement éliminer et en surcharge au besoin les tissus. Si au contraire l'absorption ne fournit