‹ Sang, organes hématopoïétïques, rate, osChapitre 7 sur 123 · INTRODUCTION XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XIII

et mégaloblastes) témoigne d'une rénovation sanguine native et désordonnée.

La perturbation de l'hémopoïèse peut être plus profonde encore, et tout indice de rénovation sanguine disparaîtra du sang ; c'est là, la caractéristique des anémies pernicieuses dites pour cette raison aplastiques.

L'augmentation du nombre des hématies, Yhyperglobulie, est beaucoup moins fréquente ; elle a le plus souvent le caractère d'un processus de défense, d'une véritable hypertrophie compensatrice de toute réduction de la fonction respiratoire du sang (hyperglobulie des altitudes, cyanoses congénitales, cardiopathies chroniques, etc.) et ne semble devoir être rattachée à une altération particulière des organes hématopoïétiques que dans Vérythrémie (syndrome de Vaquez-Osier).

L'étude de la résistance globulaire a permis à M. Chauffard, à M. Widal, et à leurs élèves, d'isoler des ictères hépatiques à résistance globulaire normale ou augmentée (Vaquez et Ribierre) les ictères hémolytiques congénitaux et acquis, consécutifs à une destruction exagérée des hématies, qui sont caractérisés par une formule sanguine toute spéciale : anémie d'intensité variable, procédant par crises de déglobulisation répétées, diminution de la résistance globulaire du sang total (Chauffard) que le procédé des hématies déplasmatisées (Widal et Abrami) rend plus évidente encore, diminution du diamètre moyen des hématies (Chauffard), présence d'hématies granuleuses dans le sang (Chauffard et N. Fiessinger), enfin auto-agglutination des hématies du malade par son propre sérum (Widal, Abrami et Rrûlé), ce dernier phénomène paraissant spécial aux ictères hémolytiques acquis.

Dans ces ictères le sérum se montre toujours dépourvu de propriétés globulicides (Widal et Philibert) ; il est par contre d'autres ictères d'origine sanguine, plus rares d'ailleurs, dans lesquels la résistance globulaire reste normale, tandis que des hémolysines apparaissent dans le sérum : ce sont les ictères hémolysiniques (Chauffard et Troisier). Si l'hémolyse est intense et brutale, l'hémoglobine passe en nature dans l'urine, il y a hémoglobinurie.

Il existe des rapports étroits entre les ictères hémolytiques et l'hémoglobinurie paroxystique : à l'état normal le plasma sanguin renferme à côté de substances hémolytiques (alexine et sensibilisatrice) une antihémolysine qui forme avec elles un complexe colloïdal. Dans Yhémoglobinurie paroxystique, ce complexe perd sa stabilité et devient dissociable par le froid (Widal, Abrami et Brissaud) : libérées par l'action du froid de leur antagoniste, l'alexine et la sensibilisatrice se fixent aussitôt sur les hématies du sang circulant et en provoquent l'hémo-

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