‹ Sang, organes hématopoïétïques, rate, osChapitre 82 sur 123 · DÉGÉNÉRESCENCE AMYLOÏDE DE LA RATE · texte numérisé non relu

DÉGÉNÉRESCENCE AMYLOÏDE DE LA RATE

La dégénérescence amyloïde frappe la rate avec une prédilection particulière : elle est atteinte plus souvent que les autres organes, le rein, l'intestin et le foie.. D'ailleurs il est fréquent que plusieurs de ces organes soient simultanément touchés.

Elle se montre comme une complication des suppurations et des infections chroniques, au nombre desquelles nous devons citer la syphilis : nous avons vu, qu'au niveau de la rate, lésions syphilitiques et dégénérescence amyloïde sont souvent associées (voir p. 3c 6).

Anatomiquement elle est caractérisée généralement par une hypertrophie de l'organe, qui est globuleux, avec une capsule épaissie. Mais il arrive aussi que son volume soit normal, et même diminué.

La lésion est circonscrite ou diffuse.

Circonscrite, elle est localisée aux corpuscules de Malpighi, qui forment des grains grisâtres, transparents, du volume d'une tête d'épingle, tranchant sur le fond rouge de la pulpe : comparables à des grains de tapioca ou de sagou cuits, ils sont l'origine du nom qui a été donné à cette forme de la maladie (rate sagou).

Dans le cas d'infiltration diffuse, la rate est hypertrophiée, ferme, comme congelée. Elle présente des îlots de substance pâle et cireuse (rate lardacée).

Le diagnostic histologique est facile, et met en évidence le corps albuminoïde (et non semblable à l'amidon, comme le pensait Virchow) qui infiltre les tissus : une solution iodée colore les îlots de dégénérescence amyloïde en brun acajou ; l'eau additionnée d'acide sulfurique les fait passer, après la réaction précédente, au vert et au bleu ; le violet de Paris, agissant directement, les colore en rose.

Cliniquement l'affection est caractérisée, et peut être diagnostiquée, par l'association, à la splénomégalie, de l'hypertrophie hépatique,

des manifestations intestinales (diarrhée) et rénales (polyurie et albuminurie massive), par la cachexie progressive, l'amaigrissement, les œdèmes.

La mort survient lentement, sans qu'aucun traitement puisse enrayer la marche progressive et fatale de la maladie.

Page 1