‹ Sang, organes hématopoïétïques, rate, osChapitre 92 sur 123 · ET DES VAISSEAUX · texte numérisé non relu

ET DES VAISSEAUX

Très vasculaire, la rate présente, plus que tout autre organe, des manifestations morbides sous l'influence des lésions du cœur et des vaisseaux.

Étiologie. — Deux mécanismes expliquent leur apparition.

Tantôt il s'agit de phénomènes de stase par circulation défectueuse. C'est ce qui arrive dans toutes les affections cardiaques non compensées et entraînant des phénomènes d'hyposystolie ou d'asystolie confirmée. Quand le foie est lui-même profondément touché, les conséquences qui en résultent pour la circulation porte, entraînent, bien entendu, du côté de la rate, des troubles beaucoup plus accentués. La pyléphlébite, provoquant également de l'hypertension portale, produit le même résultat.

Tantôt il s'agit d'oblitération des vaisseaux mêmes de la rate par thrombose ou par embolie. Les artères de cet organe étant distribuées en territoires indépendants les uns des autres, cette disposition favorise la production d'infarctus. ^

L'infarctus de la rate est le plus souvent d'origine embolique, et lié aux lésions du cœur gauche ou de l'aorte (fragment de valvule, ou débris fibrineux). Il peut être dû aussi à une thrombose de l'artère splénique par endartérite oblitérante.

AFFECTIONS SPLÉNO-HÉPATIQUES 371

Anatomie pathologique. — La rate cardiaque est presque toujours indurée, avec une capsule épaissie; son volume est normal ou augmenté. A la coupe on constate l'épaississement des travées fibreuses, l'induration des parois artérielles, la distension du système capillaire et veineux. Une transformation fibreuse plus complète peut entraîner le rétrécissement de la lumière des vaisseaux.

Les infarctus, associés ou non aux lésions précédentes, sont de nombre et de volume variables. Ils peuvent occuper presque toute la rate, ou bien être disséminés à l'intérieur. Leur forme est caractéristique : ils ont l'aspect cunéiforme, à base située au voisinage de la capsule, à sommet dirigé vers le hile. Les infarctus récents, de couleur rouge-noirâtre, sont aisés à reconnaître. Plus tard, liquéfiés et jaunâtres, puis remplacés par des cicatrices, fibreuses ou crétacées, ils peuvent offrir des ressemblances avec d'anciens abcès ou d'anciens kystes.

Symptomatologie. — La rate cardiaque asystolique participe à la symptomatologie générale de ce syndrome. Elle ne se manifeste généralement que par une splénomégalie modérée, mais qui devient plus considérable quand il y a association de cirrhose hépatique.

Les infarctus sont souvent de simples trouvailles d'autopsie.

Page 1