AU CHRIST SOUFFRANT
SIX araiiBs.
Nos chants vont dire la souffrance Attachée, ô Christ, à tes pas Depuis le jour de ta naissance Jusqu'à l'heure de ton trépas.
Gastœ jiarentis in sina (nclusos ardebas pati; ^ternus at discas mori« Mortale corpus induis.
Vix natus, imbellis puer Acuta sentis frïgorat En vile pro molli thoro Fœnum tibi sapponitur.
Amore te facîs reum, Fers sponte pœnas innocens, Nec eximis te legibus» Supremus ipse Legifer.
Qui primus excisa cruor £ parte stlllat corporis Membris micans ex omnibus Torrentis instar, proruet.
Qui mucro lactentes necat.
Idem tuum pectus fodit.
Et quo cadebant parvuli, Hoc tu cadebas Tulnere.
Exul Deus, promptft fugft Tuœ saluti consulis, Intras Pharos verax Deus Mixtus deis mendacibus.
Qui nos creaYit, laos Patri ;
Dès le sein d'ane cbaste mère Déjà tu brûlais de souffrir; Tu pris notre corps éphémère, Immortel qui voulais mourir.
Tu nais, et déjà la froidure Te mord, faible enfant, sur ton lit, JËt d^une paille vile et dure Ta coucbe sous toi s^amollit.
Par amour proscrit volontaire, Juste qu*on traite en malfaiteur.
Tu n*ais point voulu te soustraire Aux lois dont toi-même es Tauteur.
Circoncis, ton corps goutte à goutte Sous Tacier d'abord saignera; Ton sang plus tard ouvrant sa route.
De tous tes membres Jaillira.
Le jour qu'on immolait Penfance, C'est toi que le fer menaçait L'innocent tombait sans défense. Et le même coup te perçait
Lorsqu'en ta fuite mémorable.
Tu vis ton salut dans l'exil, Pharos vit le Dieu véritable
Se mêler aux fiiux dieux du Nil.
Gloire au Père, qui fit le monde;
Qai nos redenUt, Filio;
Qui nos foTes, laas, Spiritas,
Uni Deo sit gloria.
Divine crescebas puer, Crescendo discebas patf, Haec destinatœ tune erant Mortis tus praelttdia.
Satus Deo, volens tegi, Elegit obscurnm Patrem; Qui fecit steraas domos, Domo latet sub paupere.
Tremenda cujus prœpetes Mandata portant Spiritus, Gui pronus orbis subditur, Se sponte Fabro subjidt
Gœlnm manus quœ sustinent, Fabrile contrectant opus, Supremus astrorum faber Fit ipse Yilis artifex.
Qui nos creavit, laus Patri ; Qui nos redemit, Fillo; Qui nos foTes, laus, Spiritus; Uni Deo sit gloria.
Gloire au Fils^ qui l'a ractieté; Gloire à TEsprit^ qui le féconde; Gloire à Dieu dans son unité.
If.
Dans les épreuves les plus rudes Quançl tu croissais, enfant divin, Tes douleurs étaient les préludes Et les présages de ta fin.
Le Fils de Dieu, d*un père infime Couvre ici-bas sa majesté; Des cieux Tarchitecte sublime Sous un toit pauvre est abrité.
Dieu, Fauteur de la loi sévère
Que ses anges vont publier.
Ce Dieu que le monde révère
Prend pour maître un humble ouvrier.
La main sur qui le ciel se fonde Se donne un labeur humble et dur; Et le fabricateur du monde Ne devient qu'un manœuvre obscur.
Gloire au Père, qui fit le monde; Gloire au Fils, qui Ta racheté; Gloire à TEsprit qui le féconde; Gloire à Dieu dans son unité.
Ghristus tenebris obsitam Lustrando Jadsam docet, G€ii8 obstinati pectoris Ghristum docentem respuit.
Sese Demn signis probat, Siirgont sepulcbri8 oorpora, Erepta muto yox redit, daudo gradus» eœco dies.
Gens dara, flecd nesda»
Aures sacrfs sennonibos Obturât et solem fugit, Amore noctis perdlta.
Mox immerentem» ceu reom.
Probris gravmt, saxis petunt, lUiuD pudendo destinant Ingrata turita funerL
Qui nos creavit, kas Patri; Qui nos redemitt FOio; Qui nos foves, laus, Spiritus, Uni Deo sit glorla.
Payete, raptus ad necem
Le Christ, éclairant la Jadée, Lui porte ses sages discours; Mais, de son erreur possédée.
Elle fuit le divin secours.
Dieu se montre : un boiteux s^élance; Des morts se lèvent des tombeaux; Des muets rompent le silence; yaveugie reprend ses flambeaux.
Mais ces races trop endurcies Dédaignent un sage ccniseil, Et leurs paupières obscurcies Préfèrent la nuit an soleil.
Llnnocent est^ comme ui^ coupable, Chargé d*opprobre et lapidé; Par le peuple ingrat qui Taccable Il voit son trépas décidé.
Gloire au Père, qui fit le monde; Gloire au Fils, qui Ta racheté; Gloire à TEsprit, qui le féconde; Gloire à Dieu dans son unité.
terreur! conduit au supplice,
310 J..B. SANTEOL.
Homo velut, pavet Deus, Toto cruor de corpore Proruptus îa terram cadit.
Quid machinaris proditor?
Qui te bonus pavit suo GoDviva Christtts corpore, Mendace tradis oscalo.
Qui nostra mpit Tincuia, Duris ligatur vinculis; Divis adorandum capat Miles scelestus percutic.
Orbis supremus arbiter Dijudicandos sistitur^ Summus Sacerdos, impiâ Gadit sacerdotum manu.
Qui nos creavit, laus Patri ; Qui nos redemit, Filio; Qui nos foTes, laus, Spiritus^ Uni Deo sit gloria.
Ahl parce corpus innocens, Licter, flagellis scindere.
Quid Tolnus addis vulneri ; Jam penè totum vulnus est.
Gomme un mortel Dieu s^est troublé; Et dans Thorrible sacrifice.
Son sang sur la terre a coulé.
Que veut Judas? En vain ce traître S^est repu d^un corps adoré.
Son Dieu, son convive, son maître Par son baiser fourbe est livré.
Celui qui brisa notre cbatne Voit des chaînes flétrir ses mains.
Les saints Tadorent ; notre haine Le livre aux soldats inhumains.
Dieu, Tarbitre de tous les êtres, Est captif, attendant son sort; Il est le souverain des prêtres, Des prêtres lui donnent la mort.
Gloire au Père, qui fit le monde; Gloire au Fils, qui Ta racheté; Gloire à TEsprlt qui le féconde; Gloire à Dieu dans son unité.
O licteur dont la main trop sûre Coup sur coup frappe un innocent, Son corps n'est plus qu'une blessure; Retiens ton fouet avilissant.
31 a J.-B. SANTEUL.
Nadantur ossa carnibos, Sciasos per artos it cnior^ NoQ sangoîa uTœ sic fiait Qaam dura vis praeli domat.
Frons pro corona regia Horret sab aspris vepribus :
Haec illa, crudelis SiOD, Quae serta nectis Principi?
Arondo pro sceptro dator :
Dorusque pro throno lapis ; Qaem vestit œternum }abar, Ridenda vestit purpura.
Qu» non tolit lodibriat Reo Deus pottponitur; Qui sceptra tegutn dlTidit, Ut scenicus Rex iuditnr.
Qui nos creatit, laus Patri; Qui nos redemit, Filio; Qui nos foves, laus Spiritus, Uni Deo sit gloria.
Que forma cessit par Deo Non vnitus idem, non deeor, Atro fluentem sanguine, Et ora foedum vidimuà.
Ses chairs sous la malo qui les frappe Quittent ses os, et font pleuvoir Plus de sang que jamais la grappe Ne rend de vin sous le pressoir.
L'épine, moqueuse guirlande, Ose le couronner d'affiront :
O Sion, est-ce là Toffraiide Qu'attendait cet auguste front 2
Son sceptre est le roseau sans gloire; Sur la pierre il trône .crûment; Et d'une pourpre dérisoire On couvre son rayonnement.
Jouet d'un peiq>le déicide.
Dieu moins qu'un larron est prisé; Lui qui du sort des rois décide.
En roi de théâtre est posé.
Gloire au Père, qui ût le monde; Gloire au Fils, qui l'a racheté; Gloire à l'Esprit, qui le féconde; Gloire à Dieu dans son unité.
Sa démarche, sa noble face Reflétaient la divinité :
La céleste grandeur s'efface De son corps tout ensanglanté.
314 J.-B. SANTEDL.
- Qtue solis obacurant jubar.
Vélo teguntor lumina.
Spatis honestum putribus 08 tarba fœdat insolens.
Gnicis tremens sub pondère Gressos labautes vbi trahit, Quem stipat aula cœlitum, Datur cornes latronibus.
Qui vestit anra floribus, Nudus crud suspenditor»
Qui dat feris cubUia, Ubi quiescat, non habet
Glavis manus, clavis pedes Gonfossus haeret stipiti.
Sed quàm sui tenaciùs Amoris haeret vinculis!
Qus dedocendo crimina Monstrabat ad cœlum viam, Quae lingua melle fluxerat, Infecta felle tingitur. .
Ne qus vacaret corporis Intacta pars doloribus, Proterva verba militum Aures pudicas vulnerant
Qui rupe fontes elicit,
Ses yeux éclipsaient l'œil du monde, Us se couvrent d'un voile obscur; Des bourreaux le crachat immonde Va profaner ce front si pur.
Accablé de la croix qu'il porte, Il se traîne dans les douleurs :
Des anges lui devraient l'escorte, Pour escorte il a des voleurs.
Il donne aux champs leurs couvertures,
Nu, sur la croix il va monter;
Il abrite les créatures.
Et lui, n'a rien où s'arrêter.
Des clous affreux au bois funeste Fixent ses pieds, fixent ses mains; Un lien plus fort que le reste.
C'est son amour pour les humains.
Cet or^ne par qui la foule Fuit le crime et gagne le del, Sa bouche, d'où le miel découle.
Ses bourreaux l'abreuvent de fiel.
Pour que chez lui rien ne sommeille Par la douleur sollicité.
Des soldats jusqu'en son oreille Offensent la pudicité.
Lui qui change en source une roche,
316 J.-fi. SANTEUU
Ardais siti consmuitur.
Sed major nrebat sitis; Erat sitis, mundi salin.
Vei cajus attactus fugit Percnasa morborum oobors.
Ad mUlda ladibriom Hsc veatis in sortem datur*
Recède, Virgo, FUU Ttt f UBU8 exteodiB parens :
Adstando nesds qaim tuls Natam necas doloiibus I
Glamore magno dum Patrem Sibi reltou» in?ocat, Gttm morte luctantem Deum Non audit ille, m Pater.
Sit haec dolorom pars levis; Acerbiora pertuUt, Dum mente praesagft Tidet Inane mortils praemium.
Fac, Ghriste ne sint irrita Tormenla^ tjuae perpessus «s.
Ne morte contempta Dei Te sentiamns vindicenk
Qui nos creavit^ iaus Patri; Qui nos redemit, Filio;
A la soif il paye un tribut ;
Mais quellîe soif du corps approche
De sa soif pour notre salut !
Robe, dont le toucher propice Ëcarte les maux et la- mort, Tu te vois, comble de supplice !
Par des soldats tirée au sort.
O Vierge I ô déplorable Mère !
Ta présence accroît ses douleurs; Et tu rends sa mort plus amère Quand tu Tarroses de tes pleurs.
Délaissé, lamentable, il crie, Ce Dieu qui comlNit le trépas; Et son Père, qu'en vain il prie, Père à demi, ne reQtend pas.
Épreuve pour sa patience.
Un regret i^us grand le poursuit :
C'est de voir, dans sa prescience, Ceux pour qui sa mort est sans fruit.
Jésus, fais que pour Thomme impie Tes tourments ne se perdent pas, De peur que là-haut il n'expie L'bjuste ouMi de ton trépas.
Gloire au Père, qui fit le monde; Glohre au Fâs, qui Ta racheté;
318 J.-a SANTEUL.
Qui nos foTes^ laus» Spiritus, Uni Deo ait gloria.
SAMGT^ MARIiE MAGDALEN^
HTIOII DUO.
Procol maligni cedite Spiritus; Nunc imperanti cedite Nomini; Fessamque longis Magdalenen Parcite nunc agitare pœnis.
Christi jul)entis numine territi Fugére septem : mox sibi reddita, Te, Gliriste, consectatur unum, Et memori tibi mente servit
Quin et cmentâ de tnbe pendolo Gtiristo ]ital)at mille doloribus :
Quàm vellet insontis Magistri Sola graves toierare pœnas 1
Miscere*fletus sanguinis œmulos Non cessât, astans victima victimœ :
Ghristns silendo, nil rependit :
Quàm meliùs probat liinc amantem I
Gloire à TEsprit, qui le féconde; Gloire à Dieu dans son unité.