‹ Santolius VictorinusChapitre 17 sur 64 · DEUX HYMNES · texte numérisé non relu

DEUX HYMNES

Fuyez, malins esprits; que votre impure haleine Se détourne à la voix de la divinité; Délivrez de ses maux le cœur de Magdeleine Par vous trop long-temps agité.

Us étaient sept : Jésus parle; à sa voix suprême, Bien loin de leur victime ils ont fui pleins d'effroi. Et Magdeleine, ô Christ, est rendue à soi-même. Et ne prend que vous pour son roL

Comme au Christ attaché sur la croix déicide Elle offrait ardemment Thommage de ses pleurs! De ce maître innocent comme son ame avide Appelait sur soi les douleurs!

Ses pleurs avec le sang luttent de violence; Son cœur pour la victime est victime à son tour. Jésus reste muet ; mais ce divin silence Approuve bien mieux son amour.

320 J.*B. SâNTEUL.

Maria sacro saucia vulnere, Jam Don dolendum quid Dominam doles?

Semper renasœns hic amoris Unde tibi ^iolentus ardor ?

Quem qusris ipso funeris in sinu, Victo triomphât fiinere clarior. Vivit : retecto jam sepolchro Ecce jacent revoluta saxa.

Myrrham quid affers, vanaque tNiltama?

Haec lace f onctis débita montra :

Mox ille donandos Olympo Mon eget his redivivus artus.

ingens amantem te dolor indicat.

Amans vidsslm se Deos obtnlit :

Agnosce Tocem tu Magistri Nomine te proprio Tocantls.

Ta prima testis, primaque nontia, Velox in orbem protinus advola, Ghnstique natantes Miniftros Plena Deo propiore firma.

O Magdeleine, en proie à vos saintes blessures, Pourquoi pleurer un Dieu qui n'esl plus à pleurer? Pourquoi dans votre sein réTeiller les tortures Qui reviennent le déchirer ?

Ce Dieu, que vous cherchez au tombeau qui le couvre, Triomphe, et du trépas revient plus radieux.

Il vit, et retournés sur sa tombe qui s*ouvre, Les rochers gisent à vos yeux.

Pourquoi ces vains présents et de myrrhe et de baume Qu^on réserve aux humains.chez les morts descendus 7 Par un Dieu qui renaît au céleste royaume Ces dons ne sont point attendus.

Votre immense douleur montre votre tendresse; Dieu vous offre la sienne en s^offrant sur la croix ; Quand par votre nom même à vous-même il s^adresse, De ce Dieu connaissez la voix.

Vous son premier témoin, volez, et, la première, Annoncez le miracle à tout homme, en tout lieu; Au disciple incertain portez votre lumière Et votre confiance en Dieu.

3aiS JU-B. SANTBDU

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