ACTE PREMIER
PYTHÉAS, à part.
Bon! l'affaire s’engage! Écoutons, restons coi! SAPHO, à Phaon,
Quelle est cette femme hardic?
GLYCÈRE
Cette femme !.. Ce n’est qu’une femnie sans nom Que les Grecs n’ont pas applaudie, Qu’on prend et que l’on congédie, Sans même en dire la raison ;
Mais si peu qu’elle soit, elle est fière, Phaon!
Et ne supporte pas que son amant lui donne
Une rivale, fût-ce Aphrodite en personne.
PHAON, à Glycêre.
Vous écoutez beaucoup l'orgueil de vos appas.
GLYCÉRE, à Phaon.
Oui, je l’écoute; et pourquoi pas? | Penses-tu que je sois confuse
De lutter avec une muse ?
Je crois que, s’il s’agit d’amour,
La beauté des filles d’Asie
Est la première poésie.
Et ce fut ton avis un jour !.…
ENSEMBLE
PHAON
Quand de choisir elle me presse, Faut-il que, par un jeu moqueur, …… Lesort, balançant ma tendresse Ici fasse hésiter mon cœur!
PYTHÉAS
On se dispute sa tendresse, :
Est-il heureux, ce beau vainqueur Et moi je frise la vicillesse, Sans avoir pu placer mon cœur !
11 avait donc une maîtresse,
Et je dois disputer son cœur !
Qu'importe? j'aurai sa tendresse Avec la palme du vainqueur.
GLYCÈRE
Il n’ose nommer sa maitresse ; Mais par le souvenir vainqueur De ses feux el de notre ivresse, Je saurai retenir son cœur !